IBK est mort « avec le Mali dans le cœur » – Ibrahim Touré

L’ex président malien Ibrahim Boubacar Keïta renversé par un putsch militaire en août 2020, est décédé dimanche à son domicile à Bamako. Ibrahim Touré, secrétaire politique du RPM (Le Rassemblement pour le Mali ) et dernier chef de cabinet du défunt président, estime que le président Keita est mort avec le Mali dans le cœur.

Comment sa famille et son parti politique (RPM ) vivent -ils cette disparition ?

C’est une disparition très douloureuse. Jusque-là nous sommes encore sous le coup de l’émotion. Le gâchis est énorme, voilà un homme qui avait de belles intentions pour notre pays et pour le peuple malien mais il restait un homme, avec ses forces et ses faiblesses. Il a fait ce qu’il pouvait et ce que Dieu lui a permis de faire pour le Mali. Comme l’œuvre humaine n’est jamais parfaite, certains pourront trouver des griefs. IBK était un monsieur à grand cœur. C’est une perte énorme pour sa famille politique et biologique et les maliens qui ont su lire ses intentions pour le pays.

Quand vous parlez de gâchis, faites-vous allusion à la fin brutale de son pouvoir en août 2020 ?

La perte d’un proche est toujours un gâchis pour les survivants. Il était pour moi, un cousin à plaisanterie. La relation entre lui et moi a toujours été très forte de même que celles entre lui et pratiquement tous ceux qui l’ont côtoyé.

Toute interruption de la vie constitutionnelle est un gâchis pour un pays. Les coups d’État n’ont jamais fait avancer un pays. C’est pourquoi on demande tout le temps, le retour à la vie constitutionnelle. Un État républicain démocratique doit avoir en son sein, les mécanismes pour les changements. L’interruption brutale par coup d’État ne fait pas partie de ce processus. Mais quand cela arrive, on prend avec philosophie et on se dit que l’avenir d’un pays ne doit pas être lié à un homme et à une courte période.

Avec du recul aujourd’hui, quelles ont pu être les faiblesses du défunt président IBK ?

Est-ce que vous pouvez vraiment m’épargner de telles questions dans des moments si douloureux ?

A quand remonte la dernière fois que vous avez rencontré le président IBK ? Et quel était son état d’esprit ?

La dernière fois que je l’ai vu, il était diminué au plan sanitaire, il rentrait des soins. Mais l’espoir était permis. Ce dont je suis sûr, c’est qu’il est mort avec le Mali dans le cœur. Le Mali a toujours été sa priorité.

Le président IBK va-t-il bénéficier des obsèques officielles ? Pour l’instant, la junte au pouvoir n’a pas encore précisé ses intentions sur le sujet.

Cette question doit être posée à la junte elle-même. Je sais que IBK a gravi les échelons au Mali et il n’a pas de sanction judiciaire qui plane sur lui. Et si on est reconnaissant vis-à-vis des différentes médailles de la république, moi je pense que pour services rendus au pays, il mérite des obsèques nationales. Mais les tenants du pouvoir aujourd’hui ont également leurs éléments d’appréciation.

Pensez-vous que la CEDEAO doit assouplir ses mesures pour permettre le bon déroulement des obsèques d’IBK ?

Les sanctions n’empêchent pas le Mali de vivre comme il vit d’habitude. Donc si les autorités décident de lui faire des obsèques dignes de ce nom, l’absence de l’extérieur ne peut pas enlever le caractère officiel et national des obsèques.

Si les frontières aériennes et terrestres restent fermées, comment les autres chefs d’État de la sous-région qui le souhaitent, pourraient-ils assister aux obsèques d’IBK ?

Je souhaiterais ne pas faire de commentaire autour de cette question. C’est une gestion qui revient aux autorités de la transition et aux Chefs d’États des pays voisins.

Comment vivait -il la nouvelle situation politique depuis sa chute ? Certains disent qu’il est mort plus de remords que de maladie.

Ce sont des commentaires auxquels je ne me prêterai pas. Je sais que seul Dieu confie l’âme à un corps, et il retire cette âme comme il veut, quand il veut et où il le veut. Je sais aussi que IBK ne se sentait pas bien.

Mais comment vivait -il la situation politique au Mali ?

Mais il ne pouvait que vivre ça mal !

S’il y avait une seule chose que vous voudriez que les maliens retiennent de IBK, ce serait quoi ?

Un citoyen malien qui a dédié sa vie au Mali, qui est mort avec le Mali dans le cœur, que Dieu accueille notre président dans son paradis !

AFP

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