Gestion intégrée des ressources en eau : Un outil efficace de lutte contre la pollution de l’eau

Le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable à travers l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN) et l’Organisme des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) ont organisé du 15 au 16 juillet 2021 à Fana dans la Région de Dioïla, un atelier sous régional d’échanges et de partage d’expériences en matière de gestion intégrée des ressources en eau (GIRE). Le thème de la rencontre portait sur la lutte contre la pollution des cours d’eau comme facteur de promotion de la GIRE.

Les travaux ont enregistré présence d’une trentaine de participants de divers corps professionnels et de la société civile intervenant dans la gestion des ressources en eau.
Chaque année, près de 4 milliards de personnes dans le monde sont affectées par une pénurie d’eau au moins, pendant un mois, selon les estimations de l’Unesco.

À cause des effets néfastes du changement climatique, si rien n’est fait d’ici la décennie 2030, il manquera à la population mondiale, 40% des ressources en eau nécessaires pour sa survie, alerte l’organisme onusien. Par contre, on assiste à un rejet de 80% des eaux usées dans l’environnement, donc dans nos cours d’eau sans aucun traitement préalable comme il se doit. La pollution de l’eau est due à la mauvaise gestion des eaux usées, à des investissements insuffisants et à une distribution inéquitable de l’eau, relèvent les experts de l’ONU.

La GIRE est en effet, un processus favorisant le développement et la gestion coordonnée de l’eau, des terres et des ressources connexes. Le but est de maximiser de manière équitable, le bien être économique et social, sans compromettre la pérennité des écosystèmes vitaux. Le concept repose sur trois principes fondamentaux. Il s’agit de l’équité sociale, l’efficacité économique et la pérennité écologique.

À l’entame des travaux, le directeur général de l’ABFN, Abdourahmane Oumarou Touré, a évoqué les enjeux économiques, écologiques et culturels de ressources vitales qui nous commandent d’agir en faveur de la sauvegarde et de la préservation des cours d’eau, principales sources d’approvisionnement des grandes villes du pays et de la plupart des villages et hameaux.

Cependant, une GIRE sans ressources en eau de qualité, sans le respect des droits des autres usagers est, non seulement vouée à l’échec, mais aussi, pourrait potentiellement être source de conflit, prévient le responsable de l’ABFN.

Il se réjouit à cet effet de l’élaboration de normes sur la qualité des eaux de surface, à l’initiative du département en charge de l’environnement, dans le cadre de la phase test du projet de collecte et de partage continus de données sur la qualité de l’eau du fleuve Niger.

Une gestion efficace de la qualité de l’eau et de la lutte contre la pollution exige un environnement favorable. Il se traduit sous forme de cadres politique, juridique et institutionnel.
À en croire Mme Fatoumata Dicko, représentante de l’Unesco à l’atelier, une législation appropriée relative à l’eau et à l’environnement et les réglementations qui l’accompagnent, sont des instruments juridiques essentiels pour régir la distribution de l’eau, l’évaluation environnementale, la lutte contre la pollution et les principales activités de gestion des ressources en eau.

Ainsi, comment améliorer la connaissance et la compréhension de la qualité des ressources en eau et proposer des solutions, c’est à cet exercice que les participants se sont livrés pendant les deux jours d’atelier. Sur la base des recommandations des travaux, une plateforme de collaboration a été mise en place. Elle permettra de jeter les bases de l’application des règles en matière de pollution de l’eau.

En procédant à la clôture des travaux, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné a salué l’initiative des organisateurs qui, estime-t-il, est une grande opportunité pour faire le diagnostic profond des problèmes autour de nos cours d’eau en général et du fleuve Niger en particulier.

Le ministre a souhaité qu’au sortir de cet atelier, le Mali soit doté d’un document solide de plaidoyer sur la sauvegarde du fleuve Niger qui sera présenté à la prochaine Conférence des parties sur le changement climatique de l’ONU qui se tiendra en décembre prochain à Glasgow en Ecosse.

Cheick Amadou DIA

Source : L’ESSOR

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