Avenir en danger

Au cours des dernières semaines de très nombreuses écoles maliennes ont été contraintes de fermer. Mais contrairement à d’autres pays dans le monde, elles ne ferment pas pour des raisons sanitaires liées au virus du COVID. Le mal est bien plus profond : il s’agit du terrorisme qui compromet directement l’avenir de notre pays en privant la jeunesse du droit essentiel à l’éducation.

 

 

Amplifiant de manière dramatique un phénomène déjà ancien, de très nombreux établissements scolaires ont vu récemment débarquer des hommes armés en motos, hurlant pour faire cesser toute activité, chassant les élèves, brutalisant et dépouillant les enseignants présents, brulant parfois même les bâtiments.

Ainsi, selon l’UNICEF, plus de 1300 écoles ont été fermées au Mali à cause de la menace djihadiste. Et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Au cours des dernières semaines plusieurs établissements scolaires des régions de Mopti et de Gossi ont été fermées. Mais ces fermetures forcées tendent également à se produire à proximité de la capitale. La semaine dernière, les écoles des communes de Ségou, Sikasso et Koulikoro ont été incendiées et les professeurs ont été menacés de morts par les djihadistes. Pour la seule région de Sikasso, plus de 8500 enfants sont privés d’école.

Au regard de ces chiffres effarants, une chose est certaine : les terroristes souhaitent à tout prix empêcher que la jeunesse s’instruise et participe efficacement au développement du pays. Car ce sont les jeunes sans éducation et donc sans perspective qui basculent dans le terrorisme, dans l’idée de s’enrichir et d’acquérir un statut social. Au contraire de l’éducation qui donne les clefs de compréhension et permet de réfuter les discours simplistes et radicaux. Si le constat est connu, les actions pour remédier à ce fléau doivent être amplifiées.

En effet, une jeunesse éduquée et instruite représente clairement une menace pour ces extrémistes qui recrutent sur le terreau de la misère.

En plus d’espérer la défaite rapide des djihadistes, il faut donc saluer le courage des professeurs qui, malgré les menaces proférées à leur encontre, continuent, parfois au détriment de leur propre vie, à instruire notre jeunesse malienne pour construire, en dépit des difficultés, un avenir meilleur.

Aïcha Sangaré

SourceMalijet

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