COVID-19, vaccinations, inégalités : L’intérieur du pays oublié

Depuis 4 mois, la campagne de vaccination anti-Covid-19 a débuté au Mali. Si à Bamako la campagne bat son plein, San, à 444 km de Bamako, semble oubliée.

 

 

San, la 18è région administrative du Mali est à 444 km de Bamako, la capitale. La Cité compte 54 000 âmes. La campagne de vaccination, ici, a commencé 3 mois après Bamako. « Nous avons commencé avec le personnel du Centre de Santé de référence. Nous avons reçu seulement 500 doses », affirme notre interlocuteur.

Le Centre de Santé de référence -CSRef- de San, ce samedi. La cour est vide. Le personnel sanitaire n’est pas sur place. Seule une aide-infirmière tient à elle seule le centre. Elle s’agace des questions, et préfère botter en touche en nous recommandant de voir le médecin-chef. Celui-ci, au téléphone, reconnaît la timidité des vaccinations.

Il est vrai qu’au Mali, le vaccin AstraZeneca a eu beaucoup de mauvaises publicités. Mais, à San, de l’avis de tous nos interlocuteurs sur place, la difficulté majeure a été la quantité reçue. « Nous avons eu peur de faire de la publicité autour du vaccin. Nous n’avons que 500 doses pour une population estimée à 54 000 personnes. Selon les statistiques nationales, si nous ne retenons que les plus de 60 ans, 10 % de la population, le compte n’y est même pas ! ». En effet, 500 doses, cela signifie, 250 patients.

« Personnellement, je me suis fait vacciner et ma femme également. Nous attendons le rappel pour être complètement préservés de ce virus qui a chamboulé l’humanité toute entière », déclare notre agent de santé qui déplore que « Bamako, non seulement prend à lui seul tout pendant trois mois, mais, en plus, oublie l’arrière-pays ».

Véronique Kodio, ménagère, tout en déplorant « le retard accusé par nos autorités sanitaires pour élargir la campagne de vaccination contre le coronavirus » se dit heureuse de sa disponibilité enfin à San.

« Je ne sais pas pourquoi les gens sont contents après tout ce que j’ai entendu autour de ce vaccin, pour rien au monde, je ne me ferai vacciner. Honnêtement, je ne crois même pas en l’existence de la pandémie à coronavirus », confie Maïmouna Diabaté, commerçante. Pour elle, si c’était bien, « San n’allait même pas recevoir une dose ».

Félicité Diarra, maire de la ville de San, incite la population à se faire vacciner pour se préserver contre la Covid-19 et également protéger son entourage.

« La Covid-19 est une maladie très dangereuse, c’est important que les gens se fassent vacciner pour lutter contre le virus », a-t-elle dit.

 

Aminata Agaly Yattara

(De retour de San)

 Cet article a été publié avec le soutien de JDH Journalisme pour les Droits Humains et Affaires mondiales Canada

Source : Mali Tribune

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