Oumar Ibrahim Touré : « Nous sommes favorables à une prolongation de la Transition »

Oumar Ibrahim Touré est le Président de la nouvelle alliance politique, « Alliance Citoyenne pour la République et la Démocratie –ACRD » lancée le 5  octobre dernier. Dans cet entretien, il nous en parle et évoque également  sa vision sur la Transition.

 

Quels sont les principaux objectifs de l’ACRD ?

D’abord, les raisons qui nous ont conduits à créer l’ACRD sont simples. Nous connaissons tous la situation difficile que traverse notre pays, particulièrement la gravité de la crise qui, à notre avis, doit amener les maliennes et maliens à se retrouver au chevet de notre pays le Mali. Nous avons également fait un constat que depuis l’installation de l’équipe gouvernementale de la Transition, il y a une volonté ferme d’aller au renouveau de notre pays. Aujourd’hui, il y a une nécessité de faire une union sacrée autour du Mali. Pour nous, il s’agit de rassembler les forces politiques et sociales autour de notre pays aujourd’hui

Concernant les objectifs, nous en avons plusieurs dont le principal demeure la contribution à la réussite de la Transition, la stabilité et le Renouveau du Mali. Mais également pour nous, il s’agit de participer avec les autres forces  vives de la nation à la refondation de notre chère patrie, de bâtir ensemble un programme commun de gouvernance politique , socio-économique, culturel, environnemental pour exclusivement le bonheur des Maliennes et des maliennes mais participer aussi , dans le contexte actuel, à doter notre pays de textes législatifs,  réglementaires garantissant désormais des élections libres crédibles et transparentes mais aussi unir nos forces pour élaborer une stratégie commune de conquête et de gestion du pouvoir. Cela est extrêmement important, et recourir au dialogue  et proscrire la violence pour le règlement de tout conflit.

L’alliance est-elle à des fins électoralistes ?

C’est une alliance politique et quand on parle d’alliance politique , nous pensons qu’il y a tout dedans. Nous allons certainement au-delà de l’alliance politique. Pour les élections nous allons nous préparer mais ce sont des questions dont nous parlerons après.

L’ACRD présentera-t-elle un candidat ou soutiendra-t-elle un pour la prochaine présidentielle ?

Pour le moment l’ACRD vient d’être lancé. Cette question n’est pas à l’ordre du jour. Nous déciderons  le moment venu. Pour l’heure nous nous en tenons seulement à notre objectif qui est de contribuer à la réussite de la Transition et c’est cela pour nous le plus important

Dernièrement vous vous êtes rapprochés de la vision des autorités de la Transition, alors que quelques semaines plus tôt, notamment en juin dernier, votre parti, l’APR était parmi ceux qui exigent le « respect des engagements pris devant la communauté internationale ».  Qu’est-ce qui a changé ?

Je vois de quoi vous parlez. Vous parlez des partis politiques et regroupements de partis politiques du cadre d’échange pour une Transition réussie au Mali. Nous avons assisté à une seule réunion du cadre. C’était en juillet à l’hotel de l’amitié. Nous avons été convoqués parce qu’on nous a dit que la classe politique se réunissait. Nous avons répondu à l’appel pour savoir  de quoi il s’agit. Le fonctionnement de notre parti exige que dans de cas comme ça, nous revenions vers le Bureau exécutif national qui doit décider s’il faut réellement continuer ou pas. Nous avions donc convoqué une réunion extraordinaire pour parler des différentes  questions qui ont été évoqué et là nous avions procédé à une analyse  de tout ce qui a été dit. Sauf erreur ou mauvaises interprétations de notre part, nous avons relevé plusieurs divergences sur un certain nombre de point clés.  Pour nous contribuer à la réussite de la Transition, c’est l’accompagner en faisant des propositions pertinentes susceptibles de répondre aux questions qui assènent notre pays. Il s’agit également d’apporter notre contribution aux chantiers majeurs de la Transition.

A partir du moment où nous avons fait ce constat en réunion du bureau exécutif national, nous ne pouvons plus répondre de façon positive à la sollicitation de nos camarades. Nous pensons qu’il n’est pas dans notre intérêt à l’APR de se retrouver dans des initiatives qui profitent à des visées tactiques d’autres. C’est pour cela que nous avons réfléchi à une stratégie autonome, avec d’autres partis politiques dans laquelle la voie de l’APR pèse. C’est tout à fait normal, nous sommes sur le terrain politique, nous avons des intérêts de nos militants à défendre et nous sommes obligés d’aller dans cette direction.

L ‘ACRD va participer aux Assises Nationales de la Refondation. Êtes-vous favorable à une prolongation du délai de la Transition ?

Nous sommes véritablement favorables à une prolongation de la Transition et ce n’est pas une position qui nous est dicté. C’est notre analyse et nous pensons que le Mali a besoin de cela aujourd’hui. Soyons réalistes. Il nous reste combien de mois pour arriver au mois de février ? Sauf si notre intention c’est encore de casser notre pays ou d’aboutir à une autre crise qui pourrait conduire à la disparition de notre pays. Pour nous  le plus urgent c’est que les uns et les autres acceptent de participer aux ANR, qu’on discute, qu’on voit les réformes essentielles à mener, qu’on voit le temps que la mise en place de l’organe unique de gestion des élections pourrait nous prendre et qu’on décide de la durée de la Transition. 3 mois ou 6 mois maximum, mais franchement je crois que nous devons nous parler pour adopter une position commune. Je ne vois pas d’autres solutions.

Propos recueillis par Mohamed Kénouvi

Source : Journal du Mali

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