Journée internationale de la femme : LES FEMMES ECRIVAINS APPROFONDISSENT LA REFLEXION

C’est à travers une série de conférences débats, de lectures, de récitals et de spectacles que les Femmes écrivains ont célébré la Journée internationale de la femme. C’était vendredi et samedi à la salle Aulamaga de la Faculté des lettres, des langues et des sciences humaines sur la colline de Badalabougou.

FETE MARS JOURNEE INTERNATIONALE FEMME CEREMONIE

Sous le parrainage de l’historienne Mme Ly Madina Tall, de nombreuses femmes écrivains du Mali, du Burkina, de Côte d’Ivoire, du Niger et du Sénégal ont pris part à ces « journées de réflexion sur les œuvres des femmes écrivains de l’Afrique de l’Ouest ».

Après la table ronde tenue vendredi sur le thème de la « Contribution des femmes écrivains dans la consolidation de la paix en Afrique de l’ouest », une conférence sur une culture de la lecture en famille au Mali était donnée par Samba Niaré, enseignant, auteur et éditeur. Deux communications ont été faites. Elles portent respectivement sur « le Comité international de femmes écrivains et les violences faites aux femmes » exposé par la Guinéenne Koumanthio Zeinab Diallo et « Le rôle des femmes au Mali : hier et aujourd’hui » exposé par le Pr Drissa Diakité.

Dans un style participatif, Samba Niaré discutera avec les élèves et étudiants venus nombreux, des difficultés que l’on rencontre quand on ne lit pas. Il a mis au banc des accusés les parents, et d’une manière générale notre société, qui n’encouragent pas à la lecture. Pour lui, il faut aider le livre à pénétrer tous les lieux dits fermés. Les camps militaires et les hôpitaux, par exemple, ne possèdent pas de bibliothèque alors qu’il s’agit de structures dont les pensionnaires ont un réel besoin non seulement de passe-temps mais aussi de culture générale, a-t-il souligné.

Mme Koumanthio Zeinab Diallo a présenté le « PEN », (Poètes, essayistes et nouvellistes), un réseau d’écrivains fondé en 1921 à Londres. Il revendique aujourd’hui plus de 20 000 membres dans plus de 100 pays. Pour eux, le droit au livre est un droit vital. Le « PEN » tire sa force de tous ses membres, sans tenir compte ni des moyens, ni du lieu géographique, de la religion encore moins de la langue d’écriture. Le réseau est constitué en quatre grands comités : le comité pour la paix ; le comité contre l’emprisonnement des écrivains ; le comité pour les droits d’amnistie et le comité des femmes écrivains. Ce dernier vise à la promotion des questions familiales, l’accès des femmes à l’écriture. Il contribue à la lutte contre toutes les violences basées sur le genre.

Analysant le « Rôle de la femme malienne d’hier et d’aujourd’hui », le Pr Drissa Diakité, ethnologue et conseiller technique au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, évoquera un sujet complexe et délicat car il ne concerne  pas un seul groupe. Le pays est non seulement composite, mais multiethnique, d’une grande diversité, avec une société hiérarchisée.

Le conférencier rappellera le temps de gloire pour les femmes que furent les empires du Mali et du Songhoï où la succession était matriarcale. Traditionnellement, il est reconnu que dans la plupart des sociétés occultes comme le Komo, le Kôrè chez les bambara, le Poro chez les Senoufo, ont été découverts par les femmes. Elles sont les première magiciennes, guérisseuses, et sorcières. Ainsi, le rôle de Sogolon dans la fondation de l’Empire du Mali est connu. Sur le plan politique également, elles ont joué un rôle très important selon différents voyageurs arabes. Pour le conférencier, les femmes étaient sur un véritable piédestal. Au sein des sociétés maliennes, en plus de leur rôle de reproduction, et d’éducation des enfants, elles avaient un rôle économique de grande valeur.

Parmi les défis des temps nouveaux, figure l’introduction de l’islam qui a profondément marqué nos sociétés. C’est ainsi que celles-ci sont presque toutes devenues patriarcales avec l’islam. A partir du 19è siècle, l’influence du colonisateur s’exerce avec une idéologie chrétienne et une certaine acculturation. Néanmoins à partir de 1946, le droit de vote est acquis par les femmes, suivi de mesures comme l’allocation familiale, le consentement des filles pour leur mariage, le refus du lévirat, du sororat et surtout la possibilité d’établir un contrat de mariage à partir d’un arrêté du 15 décembre 1952. Drissa Diakité a évoqué de grandes syndicalistes comme Aoua Kéïta, Astou Coulibaly, Sira Diop et Rokiatou Sow. Toutes ont contribué à l’émancipation de la femme malienne. Ainsi sous la 2è République, on enregistre la nomination de la première femme ministre, Mme Sissoko Inna Ba.

Au delà des violences connues faites aux femmes, celles-ci doivent réfléchir aux comportements nouveaux que sont les tontines, les cérémonies sociales qui deviennent de nos jours de lourds fardeaux pour toute la société.

Y. DOUMBIA

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