Diplomatie : Le Mali en froid avec ses voisins

Le Mali et ses pays voisins ne parlent plus le même langage sur le plan diplomatique. La Cedeao dont sont membres la plupart des Etats frontaliers du Mali veut des élections en février prochain. Mais la transition n’entend pas les choses de cette oreille. Surtout pas le chef de l’Exécutif, Choguel Kokalla Maïga. C’est sous l’instigation de ce dernier que les autorités maliennes ont entamé une série d’actions que certains considèrent comme de la provocation à l’endroit de la communauté internationale, la France en tête.

 

 Le dernier développement de cette stratégie de provocation a été l’expulsion d’un diplomate burkinabé qui officiait au nom de la communauté sous-régionale qu’est la Cedeao. Pour faux et usage de faux, falsification des faits, demande de sanction contre le Mali en collaboration avec d’autres partis politiques, les autorités de la transition ont déclaré Hamidoun Boly, représentant de la Cedeao au Mali persona non grata. A la date du lundi 26 octobre, il avait 72h pour faire ses valises.

Selon des sources crédibles, le diplomate de la Cedeao s’était associé à des partis politiques pour demander des sanctions contre le Mali. On évoque la découverte de correspondances écrites par Boly au nom des partis et des organisations de la société civile maliennes. La décision de son expulsion intervient après plusieurs mois de tensions entre la communauté et les autorités maliennes. Quelques semaines plus tôt, la Cour de justice de la Cedeao a suspendu toutes les procédures concernant le Mali et la Guinée, deux pays membres dirigés par des militaires.

Pour faux et usage de faux, falsification des faits, demande de sanction contre le Mali en collaboration avec d’autres partis politiques, le greffier de la Cour de justice de la Cedeao (16 pays), Tony Anene-Maidoh, a expliqué cette décision par l’article 78 du règlement intérieur de la Cour qui dispose que “la procédure peut être suspendue dans tous les cas, par le président sauf pour les renvois préjudiciels ».

Aucun acte de procédure ne sera enregistré par le greffe dans toutes les affaires provenant de ces deux pays”, précise le greffier en chef. A la suite du putsch du 18 août 2020, la Cedeao avait pris des sanctions essentiellement économiques et suspendu le Mali de l’organisation. Ces sanctions avaient été levées à la suite de l’engagement des militaires dirigés par le colonel Assimi Goïta sur la voie d’une transition de 18 mois maximum. Mais depuis, le colonel Goïta a mené en mai un nouveau coup de force en déposant le président de transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre Moctar Ouane.

La communauté internationale exprime des inquiétudes croissantes sur le respect des échéances. Lors d’un sommet le 16 septembre, à Accra, l’organisation régionale a exigé des militaires maliens le respect strict du calendrier de la transition vers le rétablissement d’un pouvoir civil. Se disant “très préoccupée par la lenteur dans la préparation des élections” prévues fin février, elle a affirmé que leur tenue dans les délais était non négociable.

Nampaga KONE

Source : La Preuve

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