À la Une: au Mali, l’affaire Kaou N’Djim continue de faire du bruit

Le quatrième vice-président du CNT, l’organe législatif de la transition, a été jugé vendredi 29 octobre 2021 pour « troubles à l’ordre public », après avoir critiqué la gestion du premier ministre Choguel Maïga. Le parquet a requis trois mois de prison.

 

Issa Kaou N’Djim est emprisonné et il le restera jusqu’au délibéré prévu le 3 décembre. « Cela promet des étincelles entre la justice et le CNT » prévient Aujourd’hui au Faso.

En effet, une commission relative à cette affaire a été mise en place lundi 1er novembre. Sa mission : « examiner la levée ou non de l’immunité du député et voir comment le forcer à démissionner pour qu’il soit dans le box des accusés », nous dit Aujourd’hui. Selon un des quinze membres de la commission, cette question n’est pas d’actualité, et cette tâche incombe au CNT sur demande de la justice. Pour Aujourd’hui, « voila en filigrane les pouvoirs exécutif et judiciaire qui s’affrontent à fleurets mouchetés à travers un cas qui pourrait d’ailleurs faire jurisprudence ».

Au Burkina, le président sonne la mobilisation contre le terrorisme

À l’occasion des 61 ans des Forces armées nationales, une cérémonie de prise d’armes a été organisée lundi à Ouagadougou. Le chef de l’État Roch Marc Christian Kaboré a estimé que c’est aux Burkinabè de mener la lutte pour la défense du territoire, alors que lundi encore, une dizaine de civils ont été tués dans la région du Sahel. Le site d’informations Wakat Séra rapporte les propos du président burkinabé « personne ne viendra nous secourir, c’est important que l’on comprenne, lorsque l’on parle de la nécessité de se mobiliser, de regarder dans la même direction. Cela doit être un travail collectif. Nous nous en sortirons ensemble ou pas du tout ». Roch Marc Christian Kaboré qui a dit vouloir « vaincre l’hydre terroriste », écrit Wakat Séra, et il a assuré que la lutte contre le terrorisme « serait longue et difficile ».

De son côté, le ministre de la Défense, le général Aimé Barthélémy Simporé a demandé « aux Forces armées de se mobiliser pour lancer l’offensive décisive en vue de reprendre le contrôle total de tout le territoire national ».

En Guinée, un grand ménage au sein de l’armée

Le colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition, a procédé à la mise en retraite de près de mille militaires, relate le site guinéen Aminata.

Cette retraite « ne doit en aucun cas être considérée comme une punition, c’est un droit », a souligné le colonel Doumbouya. Cette annonce fait toutefois suite à la mise à la retraite forcée de 44 généraux et amiraux.

La journée d’hier a aussi été marquée par les premiers conseils de cabinet de certains ministres. Le ministre secrétaire général de la présidence, Amara Camara, a notamment assuré qu’aucun camp ne sera écarté lorsque la junte achèvera sa mission. Mission qui est la refondation de l’État et l’installation des institutions républicaines. Ledjely, nous rapporte les propos du ministre. « Ce qui est clair, c’est que la Guinée se construira avec tous ses fils. Et quand cela sera compris, on évitera de dire ancien, nouveau ou prochain camp ». Amara Camara a aussi assuré que « l’intégrité physique et morale de l’ancien président Alpha Condé serait préservée ».

L’hebdomadaire Jeune Afrique propose justement une analyse de ce qui a mené à la chute d’Alpha Condé. « Ce n’est pas la rue, l’opposition, la pauvreté, la gabegie, ni même le colonel Doumbouya… C’est lui-même, sa personnalité omniprésente, omnisciente et envahissante » qui peut expliquer cette chute. Selon Jeune Afrique, « la décennie Alpha Condé a plutôt été une réussite, en termes de PIB par habitant, d’accès à l’électricité, de taux de croissance et de réduction des inégalités salariales. »« Beaucoup plus que son troisième mandat controversé, ce qui a “tué” Alpha Condé, c’est son style unique de gouvernance, qui le conduisait à décider de tout, à tout contrôler par lui-même en contournant systématiquement les chaînes hiérarchiques, au prix d’un nombre incalculable de frustrations, de rancœurs et d’humiliations.” Pour Jeune Afrique, tout cela « a occulté tout le reste, et en particulier la remise de la Guinée sur les rails du développement économique ».

Source : RFI

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