Une révision même consensuelle serait illégitime

J’ai pris connaissance avec beaucoup d’attention, la déclaration du Premier ministre Choguel à l’occasion du premier conseil de cabinet de son gouvernement.

Merci d’avoir dit haut et fort qu’un ministre n’est qu’un serviteur et véritablement le signifie.
Merci aussi d’avoir dit que le peuple attend une politique de rupture à travers une gouvernance vertueuse.
Merci d’avoir également parlé de révision consensuelle de la Constitution.
Cependant, j’aurais voulu à ce propos qu’il soit dit clairement qu’en l’état actuel du pays, la révision Constitutionnelle même de façon consensuelle serait illégale et donc impossible. Aucun consensus ne saurait le justifier. Car, on n’adapte pas une Constitution à un accord qui lui au contraire le devrait. Ainsi, pourrons-nous poursuivre l’application de ce fétiche d’accord en ses dispositions qui ne jurent pas avec notre Constitution ? Certes, toute Constitution est susceptible de révision. Donc la nôtre ne saurait demeurer éternellement en l’état. Toutefois, la Constitution en vigueur a bien défini les conditions dans lesquelles, sa révision peut intervenir. Dès lors, amis sincères ou d’opportunité, mais, tous ardents soutiens de la CMA et, inconditionnellement favorables à la révision unilatérale de notre Constitution au seul intérêt de la CMA, aidez-nous donc à réunir les conditions de cette révision. Le pays, ainsi débarrassé de tous ses occupants et criminels, nationaux comme étrangers, pourrait l’envisager en toute responsabilité. Parce que je fais bien la différence entre mes vrais compatriotes du Nord rentrés un moment en dissidence contre l’État du Mali, et les oppresseurs et criminels entrepreneurs en religion qui angoissent le pays et le peuple malien. Toutefois je tiens à rappeler au PM Choguel qu’il n’est point question de la moindre révision sans le désarmement total de toutes les forces de la rébellion de 2012.
Je prends en outre acte de sa volonté de réduire la voilure du train de vie du premier ministère après celle affirmée du Président Assimi. J’en saisis toute la symbolique en ce temps de vaches maigres qui fait faussement croire à l’opinion publique que l’État du Mali roule trop carrosse. Lui peut se le permettre parce que la station primatoriale est dotée d’un fonds de souveraineté. Mais point les ministres qui me semblent, à moins de n’être pas suffisamment informés sur leurs avantages liés à la fonction, abonnés à la portion congrue.
Je disais, il y a quelques jours seulement , que le salaire (900.000 f/cfa) des ministres du Mali n’a pas évolué depuis 2002 où cela fût opéré par le Président Alpha Oumar konaré, la veille ou l’avant-veille de son départ définitif de la présidence de la République du Mali.
Sachons donc raison garder à leur propos, car derrière la fonction, se trouvent aussi des chefs de famille et donc des responsabilités souvent insoupçonnées à assumer. Même si servir l’État du Mali quoique l’opinion publique puisse en penser relève et relèvera toujours du sacerdoce. Attention donc, monsieur le Premier ministre, à ne pas les pousser dans leurs derniers retranchements.
Non tè ba dégoun né bè kin ni kè deh .
On évitera ainsi des déconvenues et bien de mauvaises surprises à la fin de cette transition que vous voulez vertueuse et de rupture.
Bon courage et pleine réussite.

BKC

Source: Info-Matin

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