Pour Emmanuel Macron, la réforme des retraites ne pourra pas « être reprise en l’état »

Ce projet de loi est suspendu depuis mars 2020. Pour le président de la République, la « priorité absolue » est « la question du travail et de la reprise d’activité » en pleine crise sanitaire.

 

La réforme des retraites attendra encore. Le président de la République, Emmanuel Macron, a estimé, jeudi 3 juin, que la très controversée réforme ne pouvait pas « être reprise en l’état », après sa suspension en mars 2020, au début de la pandémie de Covid-19.

« Elle était très ambitieuse, extrêmement complexe et porteuse d’inquiétudes, il faut le reconnaître, être lucide sur la manière dont le pays l’a vécue », a-t-il expliqué devant la presse à Martel, dans le Lot. La pandémie a changé la donne. « La faire maintenant, ce serait ne pas prendre en compte le fait qu’il y a déjà beaucoup de peurs », a-t-il assuré, ajoutant qu’il était « trop tôt ».

Pour le président, la « priorité absolue » est d’abord « la question du travail et de la reprise d’activité ». Ensuite, a-t-il poursuivi, il faudra voir « comment la solidité de nos dépenses publiques est assurée dans la période. C’est trop tôt pour répondre ». Dans tous les cas, « ce ne sera pas la même » réforme. Le chef de l’Etat a expliqué que le sujet serait abordé « dans le débat avec les Françaises et les Français, les représentants syndicaux et patronaux, les partis politiques et les experts ».

Une majorité divisée

La majorité est divisée sur le bien-fondé de relancer, à l’approche de l’élection présidentielle de 2022, le débat sur ce projet de réforme ultrasensible. Inscrite dans le programme électoral d’Emmanuel Macron en 2017, elle avait suscité de vastes manifestations et mouvements de grève à la fin de l’année 2019 et au début de l’année 2020. La réforme avait été suspendue avec l’entrée de la France dans une première période de confinement en raison de la pandémie de Covid-19.

Dès l’été 2020, au moment de la nomination de Jean Castex à la tête du gouvernement en remplacement d’Edouard Philippe, Emmanuel Macron s’était dit « ouvert à ce que [la réforme] soit transformée », sans pour autant envisager son abandon. Sous la pression des organisations syndicales de salariés et de la pandémie, un premier report avait été décidé.

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a récemment estimé que la France en avait besoin « pour que [le] système de retraites par répartition soit financièrement viable ».

SourceLe Monde avec AFP

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