Sans Tabou: prix du pain, la trahison des consommateurs

Depuis ce lundi 1er novembre 2021, le malien lambda assiste à une augmentation vertigineuse du prix du pain au vu et au su des autorités et des Associations de défense des droits des consommateurs. Malgré les menaces du ministère de l’Industrie et du commerce contre ceux qu’il qualifie « d’individus malintentionnés », le prix du pain qui était fixé à 250 F CFA, pour le gros pain et 125 F CFA pour le petit pain a augmenté respectivement de 50 et 25 FCFA. La question que tout le monde se pose est de savoir à quoi servent finalement ces associations de défense des droits des consommateurs au Mali ?

 

Si l’Union des boulangers du Mali et le gouvernement se rejettent la responsabilité de cette augmentation, le consommateur lambda, lui, n’a plus que ses yeux pour constater les dégâts. Lui qui, visiblement, a baissé l’échine depuis quelques moments face à la vie chère qui fait désormais partie du quotidien des Maliens.
L’Union des boulangers du Mali a annoncé une hausse des prix du pain sur le marché. Une hausse déjà entrée en vigueur, malgré les menaces du ministère du Commerce.
Le syndicat des boulangers justifie cette hausse de 50 FCFA par l’augmentation du prix de la farine sur le marché. Ses responsables précisent que le sac de 50 kg de farine est passé de 19 000 à 21 000 FCFA. Une réunion extraordinaire a eu lieu ce lundi 1er novembre 2021 entre les acteurs de la filière farine-pain. C’était autour du ministre de l’Industrie et du commerce. Ce dernier déclare que jusqu’à nouvel ordre, les prix seront maintenus à 250 FCFA pour le gros pain et 125 FCFA pour le petit pain.
Une descente sur le marché nous a permis de constater que la sortie du ministre est restée sans effet ; du moins, pour l’instant.
En effet, dans plusieurs lieux de vente, le pain est cédé à 300 FCFA comme annoncé par le communiqué des boulangers qui frappent un grand coup. Par conséquent, le pain a déserté les guichets de boulangeries, boutiques et points de vente.
Le pire est que depuis la fixation de ces nouveaux prix du pain, le constat reste amer du côté des organisations de défense des droits des consommateurs où c’est silence radio complet.
Car, jusqu’à ce jour, ni l’ASCOMA, ni le REDECOMA, encore moins l’ALCOM, n’ont levé le petit doigt pour protester ou obliger les autorités à contribuer à faire baisser les prix.
Pourtant ces associations sont dotées de subventions et leurs représentants siègent dans le conseil d’administration de beaucoup de structures pour seulement défendre le droit des consommateurs.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’heure est grave, car nous avons pu constater également que presque tous les prix des denrées alimentaires ont connu une flambée.
Ainsi, le sac de riz (Gambiaka) est cédé à près de 25 000 FCFA, et le prix de 50 kg de riz importé est fixé à 27 500 FCFA, soit une augmentation de 100 FCFA au kilogramme.
Le bidon d’huile de 5 litres, précédemment vendu à 4.500 FCFA, est désormais vendu à 5 500 FCFA, tandis que le kilogramme de la viande avec os est cédé à 2 500 voire 3 000 FCFA, et la viande sans os de 3 500 à 4 000 F CFA. Le sac de charbon a également connu une hausse, passant de 4 000 FCFA à Bamako à 5 500 voire 6.000 FCFA.
À la limite, on a l’impression qu’au Mali, le Malien préfère faire le combat d’autrui que son propre combat. Sinon, on se rappelle que sous d’autres cieux, le prix du pain a été à l’origine de soulèvements populaires avec la suite qu’on connaît. Ce qui est aussi déplorable, c’est qu’on a tendance, en tant que consommateur, à laisser aujourd’hui le combat aux seules associations alors que chacun a un rôle à jouer.
Or, il est évident que si c’était un droit politique qui était violé, ce seraient des manifestations à longueur de journée dans les rues de Bamako.
Ne dit-on pas que ventre vide point d’oreille ?

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : Info-Matin

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