Situation sécuritaire au nord du Mali : Le Général Gamou seul contre tous !

Depuis 20 ans, un homme se bat inlassablement contre toutes les rébellions au Mali. Il a été de tous les combats aux côtés des forces armées maliennes, et parmi les premiers à attaquer et les derniers à se retirer, souvent seul à subir la traque des assaillants. Cet homme n’est autre que le Général El Hadj Gamou, qui pourtant a besoin du soutien national qui tarde à venir. Pour libérer définitivement notre pays de cette merde créée de toute pièce par des puissances connues de tous, et qui se cristallise à Kidal, un véritable hameau rentré de force dans l’histoire. Alors qui est Gamou et que nous valent les combats en cours ? Nous avons interrogé les archives.

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La Légion verte

El Hadj Ag Gamou est né dans une famille de bergers en 1964 à Tidermène, dans le cercle de Ménaka. C’est un Touareg Imghad, une tribu vassale selon l’organisation traditionnelle de la société touarègue. En 1980, à l’âge de 16 ans, il rejoint l’armée libyenne au sein de la Légion verte, il y rencontre notamment Iyad Ag Ghali. Après une année d’entraînement en Libye, puis six mois en Syrie auprès des forces spéciales, il est engagé dans la guerre du Liban aux côtés des Palestiniens (une cause noble). Après plusieurs années de guerres, il regagne un temps la Libye, puis il prend part au Conflit tchado-libyen.

Rébellion de 1990-1996

Gamou regagne le Mali en 1988. Lors de la rébellion touarègue de 1990-1996, il rejoint les rebelles et combat au sein de l’Armée révolutionnaire de libération de l’Azawad (ARLA).

En 1994, il se brouille avec Iyad Ag Ghali, chef du MPA. La première femme d’Ag Gamou s’était par la suite remariée avec Ag Ghali, mais la cause de cette dispute trouverait plutôt son origine dans des rivalités et des ambitions personnelles. En février, Gamou kidnappe Intallah Ag Attaher, l’Amenokal des Ifoghas, la tribu d’Ag Ghali. Une réplique cinglante à l’acte d’Iyad Ag Ghali, peut-on dire : ” tu as pris ma femme, j’ai pris ton père spirituel “. L’Amenokal est ensuite relâché mais cette action n’est pas pardonnée par les Ifoghas.

L’armée malienne

Satisfait des accords de paix de 1996, Ag Gamou rejoint la même année les forces armées maliennes. Formé à l’école militaire de Koulikoro, il est affecté à sa sortie, à la région de Ségou en tant qu’officier d’état-major. C’est dire que depuis 20 ans, Gamou est avec l’armée malienne, et actuellement un Général en guerre pour son Mali bien aimé dont les Généraux ventrus sont presque tous terrés dans leurs somptueuses villas à Bamako.

En 1999, lors de la guerre civile sierra-léonaise il prend part en tant que casque bleu à la Mission des Nations Unies en Sierra Leone. De retour au Mali en 2000, il est décoré de la médaille de la valeur militaire et est promu au grade de lieutenant-colonel.

En 2001, il est affecté à Gao, puis il prend le commandement de Kidal en 2005. Lui interdire cette ville malgré la signature de l’accord, allez savoir ce que cela représente aux yeux de ce brave fils du Mali, tout le contraire de nos soldats fuyards qui sont passés les uns par l’Algérie et les autres par la Mauritanie pour venir déposer le pouvoir légal et légitime d’ATT et tout faire pour introniser le parvenu Amadou Haya Sanaogo.

Rébellion de 2007-2009

De 2007 à 2009, dans la région de Kidal, Gamou affronte la rébellion touarègue de l’ATNM menée par Ibrahim Ag Bahanga. Il mène l’opération Djiguitugu et détruit les bases des rebelles. Merci Gamou, la patrie reconnaissante n’oublie pas ses vrais fils.

Homme de confiance du président Amadou Toumani Touré, il est nommé en 2010 chef d’état-major particulier adjoint.

La rébellion de 2012

En 2011, lors de la guerre civile libyenne, 2 000 à 4 000 soldats touaregs ayant quitté l’armée de Khaddafi regagnent le Mali. Le président Amadou Toumani Touré charge alors le colonel Ag Gamou de rallier ces hommes à l’armée malienne afin d’éviter qu’ils ne rejoignent les groupes rebelles. La mission réussit partiellement, de nombreux “ Libyens ” rallient l’Etat malien, mais d’autres contribuent à la formation du MNLA.

El Hadj Ag Gamou est colonel-major au nord du Mali lorsque débute la Rébellion de 2012, il commande alors la garnison de Kidal. Le 18 janvier, Aguel’hoc est attaquée, elle tombe aux mains de rebelles le 24 et sa garnison est massacrée. Le lendemain, les renforts venus de Kidal et commandés par Gamou reprennent la ville, que les rebelles abandonnent sans combattre. Encore merci Gamou. Grand merci.

Début février, Gamou tente de briser le siège de Tessalit et, le 11 février, venu de Kidal, il affronte les rebelles lors du combat de Tinsalane. Les deux camps revendiquent la victoire. Mais un mois plus tard, Tessalit tombe aux mains des insurgés.

Fin mars 2012, il commande les forces maliennes à Kidal, fortes de 500 à 600 hommes, lorsque la ville est attaquée le 26 par Ansar Dine et le MNLA. Le 29, Ag Gamou abandonne la ville et se replie avec ses forces vers le sud. Le 31, alors que le même jour, Gao était envahie par les rebelles, les forces de Gamou sont encerclée par les combattants du MNLA. Gamou fait alors savoir qu’il accepte la proposition du MNLA de rejoindre ses rangs. Il s’agit cependant d’une ruse, Gamou refuse que les 204 soldats de sa troupe originaires du sud du Mali soient livrés comme prisonniers de guerre. Puis il se porte avec ses hommes vers le Niger. Arrivé à 100 kilomètres de la frontière, il appelle le consul du Mali au Niger par téléphone satellitaire pour lui demander de préparer l’arrivée de ses hommes originaires du sud afin qu’ils puissent être rapatriés vers Bamako, via le Burkina Faso. Par la suite, Gamou se replie lui-même au Niger avec sa famille et sa milice touarègue, il fait alors savoir au gouvernement malien que son allégeance au MNLA déclarée sur RFI était une manœuvre ayant pour but de s’enfuir et qu’il est prêt à reprendre le combat. Hommage à toi Gamou.

Le 2 décembre 2012, à Niamey, Ag Gamou est la cible d’une tentative d’assassinat par un jeune djihadiste. L’homme tire trois ou quatre balles, deux blessent à la cuisse le garde du corps du colonel, l’autre ricoche sur son téléphone portable. L’assaillant, qui se réclame d’AQMI, est cependant maîtrisé par Gamou, son garde du corps et son chauffeur. Bravo le héros.

Contre-offensive de 2013

Gamou reste 10 mois au Niger, mais en janvier 2013 l’armée française lance l’Opération Serval au Mali. Il prend alors part à la reconquête du nord du Mali à la tête de sa milice forte de 700 hommes, dont 500 Touaregs Imghad, progressivement intégrée à l’armée régulière. Le 15 janvier 2013, il prend Ménaka sans combattre avec une colonne de 77 pick-up et huit blindés BRDM-2. Si ce n’est pas avec des soutiens occultes, les rebelles ne peuvent résister à Gamou, notre fierté.

Vers fin janvier ou début février, il arrive à Gao, prise quelques jours plus tôt par les Français. Le 12 février, les forces maliennes du colonel Ag Gamou et les troupes françaises reprennent le contrôle de la ville de Ménaka sans livrer de combats avec le MNLA qui abandonne la ville après y être entré le 5 février. Quatre rebelles sont cependant arrêtés le 9 février. Le MNLA accuse la France d’avoir tendu un guet-apens à Abdoul Karim Ag Matafa, ministre de la Santé du conseil transitoire de l’État de l’Azawad, et trois autres combattants rebelles et menace d’user de représailles avant de se rétracter quelques heures plus tard.

Le 21 février, Gamou est engagé directement avec sa milice conte les djihadistes du MUJAO lors de la quatrième bataille de Gao. Sacré Gamou !

Fin février, il détache 19 hommes de sa milice qui servent de guides aux soldats français dans l’Adrar des Ifoghas, lors de la bataille de Tigharghâr. Comme quoi, il a matérialisé la présence malienne parmi les forces françaises et tchadiennes lors de l’opération Serval.

En mars, il est un temps rappelé à Bamako.

Le 5 juin, avec le colonel-major Didier Dacko il s’empare d’Anéfif, défendue par le MNLA. Ah, l’incontournable guerrier.

Le 2 septembre 2013, El Hadj Ag Gamou est élevé à la dignité d’Officier de l’Ordre national du Mali. Le 18 septembre, il est promu au grade de général de brigade.

Dans la nuit du 18 au 19 novembre dans le village d’Intakabar, à Djebok, deux membres de sa famille sont assassinés ; un vieillard de 70 ans et une petite fille de 3 ans. Une femme d’environ 70 ans et une petite fille d’une dizaine d’années sont également blessées. Alors présent à Bamako, Ag Gamou affirme que les meurtriers sont des Peuls du MUJAO.

Les 17 et 21 mai 2014, il participe aux combats avec les forces maliennes lors des deuxième et troisième bataille de Kidal. Finalement, les groupes armés rebelles reprennent le contrôle de la ville de Kidal. Le 21, Gamou perd son principal lieutenant, le colonel Fayçal Ag Kiba qui est tué lors des combats. C’était suite à la visite du Premier ministre Moussa Mara où l’odeur de l’appui français plane sur les combats au profit des rebelles du MNLA, en mission de séparation dans notre pays.

En août 2014, Gamou fonde une nouvelle milice loyaliste pour s’opposer aux rebelles, le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA).

Après des affrontements sanglants, le GATIA et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) concluent la paix le 16octobre2015 lors des “pactes d’honneur “. Les 1er et 2 février 2016, environ un millier d’hommes du GATIA menés par Ag Gamou entrent à Kidal avec le consentement de la CMA. Gamou s’établit lui-même à Takalote, à 30 kilomètres au sud-est de Kidal.

Mais les rebelles du MNLA ne respectent jamais leur parole et ne connaissent que le langage des armes. C’est ce qui explique les récents affrontements entre ces frères ennemis Imghad de GATIA et Ifoghas de la CMA. Les premiers font preuve de patriotisme jusqu’au bout, les seconds persistent dans leur posture féodale, antirépublicaine et antidémocratique au vu et au su de tous. A qui profite le soutien aux féodaux contre le GATIA abandonné à son sort ?

Les Maliens doivent lever le ton pour défendre la Nation contre le tribalisme installé à Kidal au profit des Ifoghas. Notre Constitution ne l’accepte pas, les velléités racistes sont combattues sous tous les cieux, le Mali ne saurait entretenir une telle tare. Kidal est une ville proprement malienne et chaque Malien, chaque Africain, chaque citoyen du monde a le droit d’y circuler librement.

Source : Zénith Balé

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