Tchad: d’où vient l’arsenal des rebelles du Fact?

L’armée affirme avoir mis « hors d’état de nuire » la rébellion du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact) après de violents combats dans la zone de Nokou, au nord de Mao, dans la province du Kanem. Dans un communiqué, le groupe rebelle dénonce l’ingérence de Barkhane dans ce qu’il appelle des affaires « tchado-tchadiennes ». Il y a une semaine, les rebelles du Fact ont affirmé avoir abattu un hélicoptère MI de combat de l’armée tchadienne venu bombarder leurs positions. Des affirmations démenties par l’armée tchadienne, qui parle d’une panne. Mais qui relancent le débat sur l’arsenal des rebelles.

Avec notre correspondante à NdjamenaAurélie Bazzara-Kibangula

Sur les images captées par les autorités, des canons anti-aériens et antichars DCA 23 millimètres de longue portée, des mortiers de 120 millimètres… Les calibres les plus puissants sur le marché. Mais aussi des mitrailleuses 14,7 millimètres et des centaines de caisses de munitions. Le tout transporté par des pick-up et des gros porteurs flambant neufs.

Voilà ce qu’aurait découvert en partie l’armée tchadienne après les combats qui l’ont opposée aux rebelles du Fact dans le Nord Kanem. Un butin de guerre fièrement exposé. Mais en coulisses, des sources sécuritaires affirment que l’armée a été surprise par la qualité et la quantité de cet équipement d’origine russe, égyptienne ou encore émirienne…

Le Fact aurait acquis cet arsenal dans le Sud libyen après des accords passés avec le maréchal Haftar. Une source sécuritaire tchadienne affirme que la société privée russe Wagner les aurait entraînés au maniement de ces armes sophistiquées.

« Des mensonges », rétorque le porte-parole du Fact, niant tout lien avec Wagner. Il affirme qu’Haftar leur a bel et bien donné des armes, mais que ce sont les combats contre les jihadistes du groupe État islamique et les cotisations de Tchadiens qui ont permis aux rebelles du Fact de s’équiper.

Source: RFI

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