Crise du football : RETOUR A LA CASE DEPART

La crise qui divise du football n’est pas encore terminée. C’est le moins que l’on puisse dire après la lettre adressée à la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) par la secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura.

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Dans cette correspondance datée du 4 mai et dont copie a été remise hier à la presse, la FIFA martèle qu’elle ne se sent en aucune manière liée par le Protocole d’accord qui a été signé le 27 avril par le Comité directeur de la FEMAFOOT et le Collectif des ligues et clubs majoritaires (CLCM) et qu’elle ne viendra pas le 12 juin pour la mise en place du Comité de normalisation. Dans son courrier, la secrétaire générale de la FIFA écrit : «Nous accusons réception de votre courrier dans lequel vous nous informez du protocole d’accord signé le 27 avril 2017 entre comité exécutif de la FEMAFOOT, un collectif de clubs et de ligues. Selon ce protocole, il aurait été convenu de fixer la date de l’assemblée générale au 12 juin 2017 et de mettre en place un comité de normalisation sous la supervision de la FIFA. A ce sujet, nous devons cependant vous informer de ce qui suit : la FIFA n’étant pas partie prenante du protocole d’accord, ne se sent en aucune manière liée aux résolutions prises» par les parties signataires du document. Et Mme Fatma Samoura de préciser les raisons pour lesquelles la FIFA ne se sent pas concernée par le protocole d’accord du 27 avril qui a été signé sous la supervision du Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga. Primo, explique-t-elle, «une assemblée générale ne peut se tenir et aboutir à des décisions valides que si elle est convoquée et réunie conformément aux statuts applicables de la FEMAFOOT, ce qui ne semble pas être le cas» et secundo, «conformément à l’article 8 al 2 des statuts de la FIFA, remplacer un comité exécutif élu par une commission de normalisation est une mesure exceptionnelle qui relève du pouvoir exécutif de la FIFA. La secrétaire générale de la FIFA, poursuit : «Une telle décision (la mise en place d’une commission de normalisation, ndlr) ne peut être prise sans que la FIFA ait au préalable constaté que les conditions de son application sont réunies». «Or, conclut Fatma Samoura, il apparaît que dans le cas présent, les circonstances particulières ne sont pas telles qu’elles justifient le remplacement du comité exécutif actuel par un comité de normalisation, à 6 mois de la fin de son mandat». On ne sait pas si c’est un simple hasard du calendrier, mais la publication de la lettre de la FIFA a coïncidé avec la conférence de presse du Collectif des ligues et clubs majoritaires (CLCM) qui s’est déroulée hier à la Maison de la presse. Un seul sujet était à l’ordre de cette rencontre : le protocole d’accord du 27 avril. Presque tous les responsables du CLCM étaient présents à la rencontre. Entre autres, on peut citer le président du collectif, Mamadou Dipa Fané, Boubacar Monzon Traoré, Modibo Coulibaly, Abba Mahamane, Salaha Baby, Cheick Kanté. Dans un long exposé liminaire, Mamadou Dipa Fané reviendra sur les raisons qui ont poussé le CLCM à signer le protocole d’accord et accepter de suspendre les procédures judiciaires au niveau du Tribunal arbitral du sport (TAS), avant d’accuser le comité exécutif de la FEMAFOOT de violer les termes de l’accord. «Nous avons accepté de signer le document pour trois raisons principales : le respect pour les plus hautes autorités du pays, notamment le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta et le Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga, notre patriotisme et notre amour pour le football. On pensait que l’implication de ces hautes personnalités allait permettre de trouver une solution définitive, mais c’était compter sans la mauvaise foi du comité directeur de la FEMAFOOT. Le Collectif des ligues et clubs majoritaires regrette la non application de l’accord par le comité directeur de la FEMAFOOT et prévient les autorités sur les conséquences qui peuvent en découler», martèlera Mamadou Dipa Fané. Le conférencier insistera sur deux points qui peuvent bloquer la bonne marche de l’accord : la nomination du secrétaire général de la FEMAFOOT et de son adjoint par le comité directeur, sans consultation préalable du comité de suivi de l’accord et les tergiversations du comité directeur sur la tenue de l’assemblée générale du 12 juin qui doit marquer la fin du mandat de l’équipe de Boubacar Baba Diarra. «Tout laisse croire que le comité directeur de la FEMAFOOT ne veut pas convoquer l’assemblée générale le 12, comme l’indique clairement le protocole d’accord. Il faut que les deux parties respectent le document dans son intégralité. C’est la seule solution pour mettre fin à cette crise qui dure depuis trois ans», dira Mamadou Dipa Fané, avant d’interpeller le comité de suivi. «Le Collectif des ligues et clubs majoritaires restera toujours derrière le comité de suivi, mais à condition que le protocole d’accord soit respecté par tout le monde. Nous faisons confiance aux autorités et espérons qu’elles joueront pleinement leur rôle», renchérira le président du CLCM. Mais que fera le collectif en cas de blocage ? «Tout indique que cette crise n’est pas encore terminée, mais le collectif n’entreprendra aucune action avant le 12 juin. Si l’assemblée générale ne se tient pas à cette date et si le blocage continue, le collectif retournera devant le TAS», répondra Modibo Coulibaly, en expliquant que la plainte contre le comité directeur de la FEMAFOOT n’a pas été retirée mais suspendue.

Souleymane B. TOUNKARA

 

Source: essor

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