Réduire la température mondiale à 1,5°C : Quel rôle peut jouer le Mali dans l’atteinte de cet objectif ?

Pour l’atteinte de l’objectif mondial de réduction du taux de réchauffement de la planète,  la contribution de tous les pays est nécessaire. À travers des mesures pratiques,  le Mali peut y contribuer valablement.  

Tout le monde crie à l’insécurité alors qu’il existe un mal plus grave et susceptible d’aggraver cet état d’insécurité. C’est le réchauffement climatique. Cette problématique constitue une des situations les plus craintives dans le monde. Tous les politiques travaillent de nos jours à la réduction de ce phénomène. À l’occasion de la COP 21, le 12 décembre 2015, l’Accord de Paris a été adopté. Lequel prévoyait le maintien de la température à un niveau inférieur à 2° Celsius. Le rapport du Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en octobre 2018 est venu alerter sur les dangers que court l’humanité avec ce taux et a prévu plutôt une réduction à  1,5°C. Pour l’atteinte de cet objectif,  l’engagement de tous les pays est demandé.

Des programmes sur l’environnement dans nos écoles
Bien vrai que les pays africains contribuent moins à la pollution, mais vu qu’ils constituent les plus grandes victimes de ce phénomène,  ils ont  intérêt à ce que des solutions idoines soient trouvées à ce phénomène d’ici à 2050 ou 2100.

Au Mali,  nous pensons qu’il convient dans ce cadre de miser sur l’éducation.  À ce titre, nous suggérons l’insertion dans les programmes scolaires du fondamental jusqu’à l’Université des modules sur les causes, les conséquences, ainsi que les solutions au réchauffement climatique.  C’est dans un tel cadre qu’Angus Mackay, responsable du programme sur les changements climatiques à l’UNITAR, l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche, affirme : « Nous sommes arrivés à la conclusion que l’éducation est probablement le moyen le plus fondamental et le plus rentable de faire face au changement climatique. Parce qu’il s’agit d’innovation et d’inspiration, c’est probablement le moyen le plus simple de faire évoluer les choses.»

Privilégier les énergies renouvelables
À côté du secteur éducatif,  en matière de consommation d’électricité, il importe de s’orienter vers les énergies renouvelables. L’utilisation de ces sources d’énergie est non seulement favorable à l’environnement, mais nous évitera également de revivre le calvaire de la saison chaude de 2019 qui a d’ailleurs coïncidé avec le mois de carême.

Revoir les politiques d’achats des véhicules
Outre tous ceux-ci, notre pays doit cesser d’être un réservoir des vieux véhicules provenant de l’Europe. Les fumées dégagées par ces engins polluent énormément l’atmosphère et contribuent au réchauffement de la planète.

Sensibiliser autour de la déforestation 
Une lutte implacable contre la déforestation doit être également menée en appliquant à la lettre les sanctions prévues et en développant une culture de plantation d’arbres qui ne se limitera pas uniquement au cadre des grandes journées de célébration de l’environnement comme nous avons l’habitude de le constater chez nous, mais qui s’étendra sur toute l’année. En effet, depuis la venue du nouveau ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Housséini Amion Guindo, des efforts sont consentis dans ce domaine, notamment à travers l’initiative de la société civile dénommée Brigade Verte censée veiller sur l’environnement. Une initiative bénéficiant de l’accompagnement dudit département et qui devrait s’étendre sur le reste du pays, d’après le ministre en charge de l’Environnement.

Reformer le domaine agricole
L’utilisation des produits chimiques dans l’agriculture doit être mesurée et les céréales doivent être adaptées à l’irrégularité des saisons et aux canicules. Pour ce faire, il urge de réformer la politique de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) sur l’utilisation des produits chimiques qui, selon un ancien de ladite compagnie, sont très néfastes pour l’environnement et la biodiversité.

Assainissement 
En matière d’assainissement, nous suggérons la mise en application des lois en la matière, notamment le décret interdisant la production, l’importation et la commercialisation des sachets plastiques non biodégradables en République du Mali. Un décret adopté depuis 2014. L’arrêté interministériel sur l’interdiction des dragues dans le lit du fleuve Niger doit également être appliqué à la lettre pour la préservation de la biodiversité tout court et par ricochet sous-marine.

Le respect des engagements
Les financements promis par les pays développés pour couvrir les dépenses d’adaptation doivent arriver  comme prévu. La question environnementale doit être placée sur le même pied que la sécurité. À ce titre, la police environnementale ne doit pas être une simple idée, mais devenir une réalité concrète permettant d’inquiéter tous ceux qui se montrent réfracteurs aux normes établies en matière de lutte pour la préservation de l’environnement.

Sans être exhaustives,  ces mesures peuvent permettre au Mali,  qui n’est pas un pays industrialisé, de contribuer à l’objectif mondial de réduction du réchauffement climatique à 1,5°Celsius.

Le réchauffement climatique et l’insécurité
Le réchauffement climatique est un danger que la plupart des citoyens ignorent.  Or, il peut occasionner d’autres maux plus graves comme nous a laissé entendre Antonio Guterres à l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité : « Nous avons besoin d’écosystèmes sains pour atteindre les Objectifs de développement durable et faire face au changement climatique : ils peuvent compenser à hauteur de 37 % la hausse de la température mondiale ».

Fousseni TOGOLA

Le Pays

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