Recherche scientifique : Une découverte intéressante sur le son de riz

Bamako, 05 novembre (AMAP) Le chercheur malien, Pr Ousmane Koita, et son équipe ont prouvé que le son du riz agit sur la flore intestinale, favorise la croissance, prévient la malnutrition et les enfants qui en bénéficient ont, également, un gain de poids significatif, selon les résultats du protocole de recherche scientifique, intitulé : « La supplémentation  en son de riz des aliments pour les nourrissons module la croissance, le microbiome et le métabolome : essai clinique au Nicaragua et au Mali ».

Cette publication scientifique faite par le Laboratoire de biologie moléculaire appliquée (LBMA), dirigé par le Pr Ousmane Koita, se classe parmi les plus intéressantes de l’année 2019 à l’échelle mondiale. Le Pr Koita a dirigé l’équipe qui a diagnostiqué le premier cas d’Ebola lors de l’épidémie au Mali en 2014.

 

L’étude a été menée, simultanément, au Mali et au Nicaragua, sous la direction de trois principaux investigateurs. Il s’agit du Pr  Ousmane Koita de l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako, ses collègues Elizabeth Ryan, du Département des sciences  de la santé environnementale et radiologique du Colorado (Colora State University, aux Etats Unis), et  Samuel Vilchez, du Centre des maladies infectieuses, département de microbiologie et de parasitologie de la Faculté des sciences médicales du Nicaragua. Les résultats de leurs travaux ont été publiés, le 26 septembre dernier, dans la revue scientifique «  Factor « Scientific Reports du groupe  de publication Nature research ».

 

L’hypothèse a été émise par des chercheurs au Colorado que le son de riz a un impact sur la flore intestinale (ensemble des micro-organismes qui se trouvent dans le tube digestif). Le LBMA et la Faculté des sciences médicales du Nicaragua ont réalisé un essai clinique sur la question. Au Mali, le laboratoire situé sur les hauteurs de la Colline de Badalabougou a pris deux cohortes d’enfants (deux groupes de 25 chacun) dans la Commune de Dioro (Cercle de Markala), soit un échantillonnage randomisé de 50 enfants. Ces enfants de 6 ans, tous sains, étaient suivis pendant 6 mois avec une dose « d’escalation »  de 1 à 5 g de son de riz par jour.

 

Le Pr Koïta explique le reste du processus : « Chez le premier groupe, il a été inclus du son de riz dans le régime alimentaire.  Chez l’autre cohorte, on a administré la vitamine A. Et des couches pour bébés ont été aussi remises aux mamans des enfants pour être récupérées après chaque épisode de diarrhée ». Chaque mois, les selles des enfants des deux cohortes étaient prélevées par l’équipe du Pr Ousmane Koita pour l’étude de microbiome.

 

RECHERCHES CROISEES – Il est ressorti de cet essai clinique et des interprétations faites par les scientifiques du LBMA que, globalement, il y a une réduction significative de 41,77% des épisodes de diarrhée chez les enfants ayant eu la supplémentation en son de riz. Les scientifiques s’accordent à reconnaître que les 1000 premiers jours de la vie de l’enfant sont essentiels. Le Pr Koita explique  qu’il a été constaté un gain de poids significatif chez la première cohorte d’enfants, chez qui on a inclus le son de riz dans l’alimentation.

 

Les résultats du même essai clinique réalisé au Nicaragua, attestent aussi un gain en taille chez les enfants qui reçoivent le son de riz dans les aliments. Les recherches du LBMA ont trouvé chez les enfants 17 familles de bactéries. Cela en soi, est une bonne chose. La présence de ces familles de bactéries prouve, en partie, la qualité du système immunitaire des enfants. Leur organisme peut se défendre contre les bactéries pathogènes. Il faudra renouveler cette étude sur une échelle plus grande avant de passer à l’application véritable.

 

Le Pr Koita rappelle que le Mali est le deuxième producteur de riz en Afrique. Il peut mieux exploiter le son de riz. Ce sous-produit de décorticage est très consommé au Mali. Les vertus du son de riz sont avérées. Il agit sur la flore intestinale, favorise la croissance, et prévient la malnutrition. Le scientifique du LBMA, suggère de travailler pour mettre le son de riz à la disposition des différents Centres de santé de référence (CSRéf), et d’appliquer les résultats de l’étude sur le terrain, dans une grande partie du Mali.

 

Le LBMA continue d’administrer la preuve par la qualité de ses travaux de recherche. Le Pr Koita et son équipe ont, déjà, diffusé plusieurs études dans des revues scientifiques renommées, comme le « Renforcement des capacités pour la protection d’organismes génétiquement modifiés (OGM) en Afrique de l’Ouest : identification d’une variété de maïs OGM circulant au Mali », et « Etude de l’efficacité de l’AQ-13, un antipaludéen d’investigation et de l’artémether plus luméfantrine pour le traitement du plasmodium falciparum malaria simple randomisé, phase 2 : essai clinique de non infériorité », un article récemment publié dans la célèbre revue scientifique : The Lancet.

 

BD/MD (AMAP)

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