Recensement général de la population: le dénombrement annoncé pour fin 2021

Ce mercredi 30 juin 2021, l’Institut national de la statistique (INSTAT) a invité la presse pour faire l’état des lieux du cinquième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH5) ainsi que le recensement général des unités économiques (RGUE).

 

La phase de dénombrement de la population, initialement prévue du 15 novembre au 14 décembre 2020, avait été reportée au mois de mars 2021 à cause de la pandémie de Covid-19 et de facteurs sécuritaires internes. Avant cette étape, la phase cartographique, qui permet de subdiviser le pays en « sections d’énumération », composées en moyenne de 700 personnes par aire, en fonction du nombre d’agents recenseurs, avait été lancée.

Malgré la Covid-19, elle s’est poursuivie, mais compte tenu de la situation sécuritaire du pays, les travaux qui ont commencé par les régions du sud, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Bamako, y avaient pris fin en mars 2020. Dans les régions du nord et du centre, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Menaka et Taoudéni, l’arrêt avait été observé le 30 juin 2020.

Les résultats des travaux de cartographie présentés ce mercredi à Bamako à la presse, représentent la phase préparatoire du dénombrement général qui est prévu pour s’étendre du 13 novembre au 12 décembre 2021. Déjà au mois d’août 2021 la sensibilisation et les descentes de terrain vont commencer à préparer la phase physique de collecte de données.

Le Mali à travers ce cinquième recensement général de la population  innove avec la collecte numérisée des informations à travers l’utilisation des images satellitaires et des tablettes. Cette nouveauté s’inscrit dans le cadre de la recommandation de la Commission de Statistique des Nations Unies, cycle des recensements 2020. Ce nouveau dispositif permet au Mali de s’aligner aux normes internationales de collecte des données et d’améliorer la qualité de travail des agents de terrain sur la collecte de données démographiques.

Les données de ce recensement recueillies dans différents secteurs d’activités vont contribuer à une meilleure estimation des besoins du pays. A la fin de ce projet, qui va s’étendre jusqu’en 2022, l’objectif visé est d’actualiser les données de la population afin de connaître l’état et sa structure. A l’issue de cet exercice, les données sur l’effectif de la population par âge et par sexe seront actualisées. Il s’agira aussi de prendre en compte les caractéristiques sociales, économiques, culturelles. Sur le plan géographique et cartographique, les agents de recensement vont travailler sur la répartition spatiale de la population en fonction de leur habitation et les différentes unités administratives. Des indicateurs pour le plaidoyer en faveur de certains groupes vulnérables vont être pris en compte. Les données sur la fécondité, la nuptialité, la mortalité, la migration, l’économie vont permettre de camper un nouveau décor sur les forces et les faiblesses des engagements de différents programmes de société.

Le recensement général de la population et de l’habitat est d’une importance capitale pour les enjeux de développement d’un pays. Dans son champ d’action, il permet à l’Etat de mieux orienter ses objectifs budgétaires en fonction des besoins estimés des populations. Il permet aussi d’ajuster les infrastructures selon les attentes sociales des populations. C’est un outil stratégique pour les opérateurs économiques en termes de positionnement dans le pays.

A ce jour, la contribution du gouvernement au 5ème Recensement de la population et de l’habitat  se chiffre à environ 40% à côté de celle des partenaires techniques qui accompagnent le Mali, selon le directeur général de l’Institut national de la statistique, Arouna Sougane.

Le Mali travaille en étroite collaboration avec les pays qui ont une expérience dans le recensement numérique de la population à l’instar du Sénégal et du Cameroun ainsi que ces partenaires techniques qui apportent leur soutien sur le plane financier et technologique et infrastructurels.

L’autre objectif de cette rencontre de l’INSTAT avec la presse, est de créer un partenariat et de mettre à la disposition des Hommes de médias, les données statistiques pour faciliter le traitement de l’information. Le Directeur national de l’institut national de la statistique, précise d’ailleurs qu’ « une bonne diffusion des données statistiques influence positivement les décisions de développement des gouvernants ».

Pour le Président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, la collaboration des médias avec l’Institut national des statistiques est un partenariat fructueux pour le développement à travers la mise en valeur des données dans le traitement de l’information.

Le 4ème Recensement de la Population et de l’Habitat

Du 1er au 14 avril 2009, le dernier dénombrement de la population du Mali l’estimait à plus de 15 millions d’habitants. En ce qui concerne les projections démographiques, elles s’articulent autour des variantes haute, moyenne et faible. En 2020, par exemple, le Mali devait compter, selon la variante moyenne, 20,537 millions d’habitants, selon la variante haute 20,913 millions de résidents et 20,161 millions de personnes selon la variante faible.

Le taux de croissance démographique a quant à lui été estimé à 3,6% : un chiffre toujours relativement élevé, compte tenu du niveau de développement de l’économie, selon Arouna Sougane, Directeur général de l’Institut national de la statistique du Mali. La croissance rapide de la population malienne expliquant celle des besoins en services de base.

Idelette BISSUU

Source : Journal du Mali

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