Réactions des marcheurs du 05 juin: ‘’J’avais vomi ce pays, aujourd’hui, je redeviens malien à 100 %’’

REACTIONS DES MARCHEURS DU 05 JUIN
‘’J’avais vomi ce pays, aujourd’hui, je redeviens malien à 100 %’’
Suite à l’appel de trois associations, CMAS-FSD-EMK, des milliers de maliens se sont retrouvés le vendredi 05 juin sur le boulevard de l’indépendance pour manifester leur mécontentement face à la gestion actuelle du pays par le pouvoir en place. Ils la jugent désastreuse. Cependant, l’ensemble des manifestants ne se sont pas rendus sur le lieu de la manifestation pour le même objectif. Si les organisateurs et la plupart des marcheurs ont demandé la démission du Président IBK, d’autres veulent qu’il reste mais qu’il trouve rapidement une solution aux problèmes du pays. Une équipe de votre journal, le Zénith Balé, était sur le lieu et elle a recueillie les propos de certains manifestants pour vous.
Lisez les pour bien comprendre.

Mme SY Ouleymatou SY, 50 ans, aide-ménagère dans une famille étrangère :
Malgré que je souffre d’une maladie actuellement, je suis venue ici pour montrer mon désarroi face à la souffrance des maliens due à la gestion du pays par le Président IBK. Avant, nous nous plaignions que nos enfants ne recevaient pas un bon enseignement. Actuellement, c’est le tour de nos petits-enfants. Pis, eux ne vont plus à l’école. Aujourd’hui, l’école est quasiment détruite, la pauvreté nous tue, le chômage s’accentue, chaque jour nos enfants et petits-enfants sont tués sur le front, par contre les enfants des riches ne vont pas sur le terrain, nous sommes fatigués et nous ne savons plus quoi faire. C’est pourquoi je suis venue à la manifestation pour demander à IBK de démissionner. Il n’a plus de solution. Qu’une autre personne vienne pour bien diriger le pays.

Laye DIABY, 36 ans environ, revendeur de l’or :
Je suis venu pour dénoncer la mauvaise gestion du pays et aussi pour répondre à l’appel de notre guide religieux, Mahamoud DICKO. La situation du pays demeure catastrophique. Trop c’est trop, IBK doit démissionner. C’est mon souhait.
Mary DIARRA, 70 ans environ, enseignant partant volontaire à la retraite :
Je suis là parce que je suis né malien et je veux mourir malien. Je suis venu défendre la cause d’un Mali juste. Le père fondateur Modibo KEÏTA a dit : « Je préfère la mort que la honte ». En son temps, le pays était géré d’une manière exemplaire. De sa chute à aujourd’hui, ce ne sont que des fainéants qui se sont succédé au pouvoir au Mali. Ils ont tenté de détruire notre pays. Donc, nous les dignes fils de ce pays, nous demeurerons constants. A Bas la corruption, à bas le népotisme. La chute de Modibo KEÏTA avait fait de moi un non malien. J’avais vomi le mali, mais aujourd’hui, je redeviens malien à 100%.

Almoubachar HAÏDARA, 41 ans, membre de la commission exécutif de la CSTM :
Le gouvernement du Mali ne respecte pas ses engagements. Nous, en tant que syndicats, la plupart de nos doléances n’ont jamais été satisfait par ce gouvernement. Donc, un pouvoir qui ne respecte pas les lois, il faut utiliser les mêmes lois pour le faire partir, voilà notre objectif. En tant que syndicaliste, nous ne pouvons demander le départ du Président. Mais, nous exigeons que nos droits soient respectés. Que nos revendications légitimes soient satisfaites. C’est pourquoi, nous participons à la marche. Enfin, nous lui demandé de trouver rapidement la solution aux problèmes du pays.
Abdoulaye MAÏGA 44 ans, entrepreneur résident à Mopti :
J’ai quitté Mopti spécialement pour venir participer à cette manifestation. Nous nous demandons si nous sommes toujours maliens. A Mopti, nous ne dormons plus à cause de l’insécurité. Nos activités sont détruites. Nous n’avons plus de revenus. Nous ne pouvons pas nous déplacer à l’intérieur de la région de Mopti sans être soit tué, soit dépossédé de nos biens. Nous nous sommes effondrés. Nous demandons à IBK d’avoir pitié des maliens et de démissionner. Les maliens ont trop souffert. Ils sont fatigués. Le pays est totalement détruit. Tous les maliens aimaient IBK au début. A la longue, nous nous sommes rendu compte qu’il ne peut pas apporter de changement dans ce pays.
Mme HAÏDARA Mariam HAÏDARA, 35 ans, présidente des femmes de CMAS commune I :
Nous sommes motivées aujourd’hui pour avoir un changement positif sur tous les plans : sanitaire, éducatif… Aujourd’hui, rien ne fonctionne normalement au Mali.
Boubacar Dembélé, 28 ans, chauffeur à Sébénicoro :
Je suis là pour uniquement demander à IBK de démissionner. Je ne l’aime pas. Il nous fatigue. Qu’il dégage. Il n’a apporté que de malheurs aux maliens. Qu’il démissionne. C’est tout.
A la fin de la manifestation, les organisateurs de la marche ont lu leur déclaration indiquant au président IBK de démissionner avant 18 heures du même jour. Ce qui ne sera pas fait. Vers 19 heures une centaine de manifestants se sont dirigés vers le domicile du président à SEBENICORO. Sur le chemin, ils se sont heurtés aux forces de l’ordre qui les ont dispersés à coup de gaz lacrymogène. Les affrontements ont duré 3 heures.
A travers un communiqué sur les réseaux sociaux, les organisateurs de la marche ont affirmé que ce n’est que le début de la lutte. Le divorce est consommé entre les deux camps.
Sory Ibrahim TRAORÉ

Le Zenith Bale
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