Ramadan 2019: Dans la polémique et la division ?

Les musulmans de Bamako, ont été tirés de leur torpeur, hier, à quatre heures du matin passées, par l’annonce du début du Ramadan, ce dimanche 5 avril. Les muezzins ou les membres des différents comités de gestion des mosquées ont rapporté que le croissant lunaire a été aperçu dans la zone de Ségou.

Encore ensommeillés, quelques idèles ont dû se résoudre à former le vœu, à avaler rapidement quelque chose (au risque de s’étouffer) et entamer ainsi l’épreuve rédemptrice du Ramadan.

Réunis pour les prières de l’aube, la large majorité des fidèles apprirent ainsi, à la mosquée, que la première journée de jeûne avait commencé. A la plus ancienne  mosquée du secteur I de Lafiabougou, la nouvelle a surpris quelques guides, provoqué une forte polémique autour de validité ou non de ce jeûne, conférant, une dizaine de minutes, des allures de marché à ce vénérable lieu.

Les Maliens se sont certes accoutumés à ces débuts incertains de Ramadan, et, de ce fait, ont appris, depuis quelques années, à se plier aux aléas de l’observation du croissant lunaire, rendue improbable par la forte densité des nuages.

Les annonces, faites autour de minuit, ne gênaient pas outre mesure les fidèles musulmans, qui disposaient d’assez de temps pour l’indispensable préparation psychologique et, surtout, pour rassembler les ingrédients du repas de l’aube.

Le Ramadan 2019, lancé à partir de 4 H 30 du matin, en raison de l’improvisation qui y est attachée, ne sera suivi, dans sa première journée, que par une infime minorité. Il pourrait ainsi créer des discussions houleuses, à fort accent récriminateur, entre musulmans de différentes obédiences. Mais, surtout, notre pays pourrait ainsi glisser vers cette fâcheuse tendance à adopter deux dates de célébration des fêtes musulmanes. Et cette division ne devrait pas épargner les familles…

Cette première journée jeûne par une minorité n’est pas la seule particularité du Mali. En effet, notre pays a réussi-à notre connaissance-la prouesse d’être le seul à entamer le Ramadan, ce dimanche 5 mai.

L’Arabie Saoudite, pays de référence, avait décrété, depuis quelque temps, lundi 6 mai, début du Ramadan. Tous les pays voisins du nôtre, de la sous région avaient retenu cette même date.

Cette décision a l’avantage de faire l’économie de discussions à la fois stériles et porteuses de périls pour la cohésion sociale, que notrepays tente péniblement de rebâtir.

Ce besoin de se singulariser, futile et inopérant, ne conférera pas au Mali un statut privilégié au sein de la Ouma islamique. N’est-il pas alors plus sage pour les Maliens de revenir à des références largement partagées et retrouver ainsi les valeurs d’un Islam davantage fédérateur et rédempteur.

Mamadou Kouyaté

Source: l’Indépendant

Suivez-nous sur Facebook sur