Prise d’otages : La fin de 15 mois de cauchemar pour Edith Blais et Luca Tacchetto

Après avoir passé plus d’un an entre les mains de leurs ravisseurs, la Canadienne et l’Italien sont désormais libres. Ils ont été libérés vendredi dernier, avant d’être reçus, 24h plus tard à Koulouba, par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta

L’utilisation du terme d’origine anglaise «Happy end !» qui signifie la fin heureuse d’une histoire sied bien à l’inédite situation de la Canadienne Edith Blais âgée de 35 ans et de son ami italien Luca Tacchetto (31 ans) qui viennent de recouvrer la liberté après 15 mois de détention. En effet, enlevés au Burkina Faso, fin 2018 par de présumés terroristes, les deux ex-otages ont été retrouvés vers Kidal, avant d’être transportés samedi à Bamako. Selon nos sources, après être parvenus à se «libérer» de leurs ravisseurs, les deux ex-otages ont été retrouvés par les casques bleus de l’ONU dans la 8è région administrative du Mali.
Arrivés à Bamako samedi en début d’après-midi, Edith et Luca ont été reçus peu de temps après à Koulouba par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Auparavant, à leur descente d’avion à l’Aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou, les deux ex-otages, visiblement bien portants et détendus, avaient été accueillis par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé et le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies au Mali, Mahamat Saleh Annadif.
Au sortir d’un premier entretien tenu à huis clos avec le ministre Tiébilé Dramé et les responsables onusiens, ceux qui étaient, jusqu’à vendredi dernier, entre les mains de leurs ravisseurs n’ont pas voulu s’exprimer devant la presse. Qu’à cela ne tienne, le chef de la Minusma dira que c’est un honneur, un plaisir de voir ces jeunes vivants et en pleine forme. «Cela veut dire qu’il y a une dynamique positive qui est là depuis le Dialogue national inclusif (DNI) et les tenues successives du CSA (Comité de suivi de l’Accord). Donc, il faut amplifier cette dynamique positive pour que la paix, la stabilité reviennent au Mali», a réagi Mahamat Saleh Annadif.
Interrogé sur les conditions de libération du couple canado-italien, le diplomate onusien s’est gardé d’entrer dans les détails, se contentant juste de rappeler que les Nations unies ont une doctrine qui consiste à ne pas négocier avec des terroristes, encore moins verser des compensations. «Nous avons le plaisir aujourd’hui d’accueillir ces jeunes, le Mali n’a rien donné, les Nations unies n’ont rien donné», a-t-il clarifié. C’est heureux que cette libération de prisonniers civils enlevés au Burkina Faso, mais détenus au Mali, intervienne dans les circonstances actuelles, a noté le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. «Nous travaillons progressivement à tourner cette page de l’histoire de notre pays afin que l’État prenne possession totalement du territoire malien. Ce processus est en cours», a énoncé Tiébilé Dramé.
Aux termes de l’audience qu’il a accordée à Edith Blais et Luca Tacchetto, le président de la République a déclaré que voir ces jeunes gens magnifiques, en bonne forme, qui viennent du Nord, après avoir vécu le calvaire que l’on peut imaginer, est une grâce de Dieu. Et Ibrahim Boubacar Keïta de rendre un hommage mérité à la Minusma et aux services alliés pour avoir accueilli, transporté les otages, dont il a salué le courage physique et moral. Aussi, le chef de l’État a saisi l’occasion pour magnifier les relations que le Mali entretient avec l’Italie d’une part et le Canada, d’autre part. À ce propos, il révélera avoir évoqué le sujet (détention de Luca et d’Edith, ndlr) avec le président italien, Mattarella et le Premier ministre canadien, Justin Trudeau.
«Il me reste à souhaiter à Edith et à Luca le meilleur pour qu’ils puissent oublier ce cauchemar qu’ils ont vécu pendant 15 mois, ils méritent cela», a indiqué le président Keïta, avant d’assurer que le Mali restera toujours pour eux un pays ami prêt à les accueillir avec un grand bonheur.
Comme on aime le dire, tout est bien qui finit bien.

Massa SIDIBÉ

Source : Journal l’Essor-Mali

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