Pourquoi peu de femmes s’orientent vers les métiers informatique ? Une ingénieure livre son analyse

L’informatique a-t-elle un sexe ? Au propre, la réponse à la question est non puisqu’il ne s’agit pas d’un être vivant, mais au figuré l’appel à une réponse affirmative est plus qu’évident. C’est un fait, ce domaine d’activité est fortement dominé par les hommes. Pourtant, son histoire regorge de faits d’armes derrière lesquels on retrouve des femmes. Les cas Ada Lovelace – fille du mathématicien Charles Babbage à qui l’on attribue l’écriture du premier programme informatique pour une machine – et Grace Hopper – conceptrice du premier compilateur en 1951 et du langage COBOL en 1959 – l’illustrent à souhait.

Pourquoi la tech est-elle dominée par les hommes ? Qu’est-ce qui explique la faible représentation des femmes dans cet univers ? Dans un billet de blog paru il y a peu, une ex-Googler livre son opinion sur la question.

Julia Enthoven désormais à la tête de Kapwing – un site web d’édition de vidéos – est d’avis que les stéréotypes peignent l’informatique comme un domaine d’activité qui sied aux personnes sans vie sociale saine, c’est-à-dire des individus qui n’accordent aucune considération aux autres. D’après l’ex-employé de la firme de Mountain View (ils sont apparemment très intéressés par la question du sexisme dans la tech chez le géant technologique), la société voit l’informaticien comme le geek, c’est-à-dire, le gars qui passe le clair de son temps dans un coin obscur à rechercher des solutions à des problèmes « informatiques » plutôt qu’humains.

Dans un billet de blog paru en 2013, le quotidien le monde écrit à propos du sexisme dans la tech qu’ « être geek c’est un truc de mec. » Dans son développement, Julia Enthoven va dans le même sens en précisant que tout se passe au moment où l’on fait les choix de carrière initiaux. « Entre 16 et 24 ans, les filles ont une vie sociale plus prononcée que celle des hommes du même âge. Les jeunes femmes parlent plus souvent à leurs amis, s’intéressent plus à leur réputation et accordent plus de valeur émotionnelle aux relations sérieuses », écrit-elle. Du billet de l’ex-ingénieure de Google, il ressort que la femme est prosociale, toute chose qui explique d’ailleurs sa forte représentation dans les métiers liés (médecine, enseignement, droit, etc.).

Julia Enthoven va au-delà de l’imagerie populaire sur le geek – qui polarise déjà assez le choix des jeunes femmes – pour préciser que d’un point de vue social, le milieu de la tech n’est pas accueillant, ne facilite pas l’intégration de la gente féminine. L’ingénieure rapporte avoir eu des difficultés à intégrer un groupe de travail sur un projet de système d’exploitation à l’université de Standford. « L’exclusion n’est pas intentionnelle, ne cache pas une mauvaise intention, mais la situation est aggravée par le fait que les femmes sont socialement plus averties que les hommes [de la tranche 16 – 24 ans] », lance-t-elle.

La sortie de Julia Enthoven n’est pas sans faire penser à celle de James Damore. En août 2017, le désormais ex-Googler a publié une note interne pour expliquer les inégalités salariales entre hommes et femmes dans le milieu de la technologie. L’ingénieur de Google n’y était pas allé de main morte et avait affirmé que les aptitudes naturelles des hommes les conduisent à devenir facilement des programmateurs en informatique, alors que les femmes sont, plus enclines « aux sentiments et l’esthétique plutôt que vers les idées. »

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