Nouveau gouvernement SBM II: la revanche du genre

Si dans l’exécutif précédent, on comptait seulement 9 femmes sur les 36 ministres sortants, le Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA, SBM, a fait fort cette fois, en faisant une large place au genre et à des postes importants, jugés de souveraineté. Ainsi, au terme du Décret N° 2018 -0712 PRM du 09 septembre 2018 portant nomination des 32 membres du Gouvernement, on compte 11 ministères occupés par des femmes.
34 % contre 25 %

Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Au 25 % de présence féminine, dans l’ancienne équipe, où les 9 femmes ministres étaient pratiquement noyées dans la masse de leurs 27 collègues hommes, le nouveau gouvernement élargit plutôt sa base en termes de genre. Ainsi, déjà pour dans les 32 portefeuilles qu’il compte, 11 femmes tiennent la dragée haute à leurs 21 collègues. Le constat est que de prime abord, le nouveau quinquennat IBK commence par l’application stricte, voire au-delà, de la loi N° 2015-052 en date 18 décembre 2015 qui stipule, en son article 1 : « A l’occasion des nominations dans les institutions de la République ou dans les différentes catégories des services publics au Mali par décret, arrêté ou décision, la proportion de personnes de l’un ou de l’autre sexe ne doit pas être inférieure à 30 % ».
En dépit de la réduction du nombre de portefeuilles ministériels, dans le nouveau cru SBM II, le constat est que non seulement cette obligation légale est largement dépassée avec 34 % de femmes, qu’un engagement fort du Président réélu IBK a été ainsi tenu. Et pour cause, le Président de la République avait insisté pour une présence de plus en plus accrue de femmes aux niveaux les plus élevés surtout en termes de responsabilités.
D’importantes charges ministérielles
D’autre part, à cette nette progression par rapport à SBM I, le respect de l’engagement du Chef de l’État porte également sur les charges départementales confiées aux femmes. La plus remarquable est le département des Affaires étrangères confiées à Kamissa Camara. Depuis l’indépendance du Mali, ce département (plutôt ‘’mâle’’) a toujours été entre les mains des hommes, à l’exception notable de Mme SY Kadiatou SOW, l’égérie de la démocratie et figure de proue de l’Association ADEMA.
Mme SY Kadiatou SOW, ‘’Salama’’, fait sans nul doute partie de ces femmes célèbres qui ont marqué de leur empreinte la vie sociopolitique du Mali pendant ces dernières décennies, membre actif et militante de première heure du mouvement démocratique.
L’ancienne gouverneure du District, plusieurs fois ministre, appartient également au club privilégié des signataires de la fameuse Lettre du 07 août 1990, qui exigeait du Général ex-président Moussa TRAORE de concéder l’ouverte politique au Mali. Salama, présente à toutes les manifestations pour le changement, a été l’une des rares femmes ayant accepté de s’afficher clairement contre la dictature.
En occupant ce portefeuille des Affaires étrangères, Mme Kamissa CAMARA devient donc la seconde malienne à devenir Cheffe de la Diplomatie.
Après la diplomatie, le second portefeuille d’envergure ‘’mâle’’, est certainement le département des Mines et du Pétrole, avec Mme LELENTA Hawa BAH. Compte tenu des enjeux stratégiques, tant en termes économiques que relatifs aux relations avec certains pays voisins, la nouvelle orientation qu’entend imprimer le nouveau régime dans ce domaine préfigure son aspect prioritaire dans les nouvelles politiques envisagées.
De même, le nouveau département de la Réforme de l’Administration et de la Transparence de la Vie publique, avec Mme Safia BOLY, détermine la nécessité de combler un vide relatif. Et pour cause, autant la réforme avortée de la Constitution de 1992 que les avanies suscitées, au cours du récent processus électoral, ont sérieusement mis en lumière les insuffisances des grands textes régissant la gouvernance. Toute chose qui dénote autant une marque de confiance que la volonté d’impacter les futures résolutions en la matière.
Est-ce l’aube d’un tournant ? On ne saurait le dire, car, de toute évidence, cette équipe SBM II sera probablement aux affaires jusqu’à l’issue des prochaines législatives qui dégageront la nouvelle configuration politique. Après, wait and see !

Safiatou DOUMBIA (Stagiaire)

Info-matin

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