Mesures de restrictions de regroupements : Au contraire de l’Eglise, les Imams gardent toujours le silence !

En arrêtant ses cinq mesures préventives contre la propagation du coronavirus au Mali, le Conseil de défense extraordinaire du mardi 17 mars dernier, présidé par le président de la République, s’était gardé de toucher les religions par les restrictions de regroupement imposées.

 

Concernant le cas des regroupements à caractère religieux, les autorités s’étaient bornées à prendre une mesure aussitôt décriée, selon laquelle pour «les rassemblements à caractère religieux, le gouvernement engagera incessamment des consultations avec les responsables du Haut Conseil Islamique, de la Ligue des Imams, des Eglises Catholiques et Protestantes ainsi qu’avec d’autres autorités religieuses et cultuelles du Mali afin de convenir des mesures appropriées pour assurer la santé des fidèles».

Une pierre certainement dans le jardin des leaders religieux, singulièrement musulmans, très pointilleux sur les affaires de culte, surtout depuis qu’ils ont compris toute l’étendue de leur emprise sur les décisions de pouvoir au Mali.

Pour sa part, l’Eglise catholique du Mali avait publié un communiqué en date déjà du 20 mars suivant, soit trois jours après, pour annuler à compter du samedi 21 mars, toute messe ou tous ses rassemblements jusqu’à nouvel ordre. L’Eglise catholique invitait également les Maliens au respect scrupuleux des règles d’hygiène et autres mesures préventives contre la pandémie.

Mais côté minarets, rien jusqu’au moment où nous mettions sous presse. Tout au plus, la CMAS du prêcheur Mahmoud Dicko s’était bornée à annoncer que, conformément aux mesures restrictives arrêtées par le gouvernement, le leader wahhabite restreignait ses activités. Mais sans assumer la responsabilité de suspendre les prières collectives, comme les oulémas l’avaient fait en Arabie Saoudite, y compris concernant la pratique collective du culte au sein des deux Saintes Mosquées.

Pourtant, plus qu’Eglise, catholique ou protestante, les mosquées sont les lieux les plus propices à une propagation exponentielle de cette pandémie mondiale contre laquelle aucun pays n’est épargné. Au-delà de la très grande affluence des vendredis, où les mosquées débordent sur les artères principales, la pratique des cinq prières quotidiennes draine une foule importante au sein des mosquées dépassant largement le nombre requis de 50 personnes.

Y suspendre, pour un temps, les regroupements, n’entache en rien la piété des fidèles lors même que les Saintes Ecritures disposent de l’obligation faite au fidèle de protéger sa vie. Un silence assourdissant de Mahmoud Dicko et de son rival et successeur de président du Haut conseil islamique qui expose inutilement au péril de leur vie les fidèles musulmans.

Mohamed Ag Aliou
Source : Nouvelle Libération

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