Marche de soutien aux FAMAS : LA guerre des slogans

La Conférence des Faitières de la Société Civile a organisé un meeting suivi d’une marche de soutien aux FAMAS, vendredi dernier, au Boulevard de l’Indépendance. Une querelle a  opposé ceux qui voulaient qu’on ne  parle que du soutien à l’armée et ceux qui brandissent les pancartes contre la France.

 

D’autres n’ont pas apprécié l’effigie du président IBK sur des banderoles des amis d’IBK. Toutefois, les manifestants ont pu déclarer leur soutien à l’armée, mais, on n’a pas pu empêcher les slogans opposés à la présence des forces étrangères. Les veuves de militaires s’étaient notamment distinguées dans le discours de haine envers la France. Donc une sorte de cacophonie a été observée. Ensuite, des manifestants se sont dirigés vers l’ambassade de France. Ils ont été vite dissuadés par les forces de l’ordre. Ce qui a poussé les organisateurs à programmer une autre marche, vendredi prochain. Pour une meilleure organisation. Lors des interviews, ce sont, surtout, les adversaires de la France qui se sont fait remarquer. Notamment, ce manifestant qui s’est drapé du drapeau du Mali et qui  déclare à notre micro : « La France est venue pour diviser le Mali en deux pour ses intérêts. Nous, Maliens, sommes tous sortis pour montrer que la France n’est pas venue pour nous aider. La France n’est pas notre ennemi,  mais c’est la mauvaise politique française qui doit changer. Il faut que tous les Maliens sachent que les rebelles de  Kidal et les jihadistes se sont donné la main pour combattre le Mali. Le président nigérien l’a dit, le président tchadien l’a dit, un ambassadeur français l’a dit et les connaisseurs l’ont dit. Ce n’est pas une affaire de terroristes, mais une connivence entre rebelles de Kidal et jihadistes, aidés par France. Que les gens le veuillent ou non on va le dire ! »

 

B.D.

REACTION DES PARTICIPANTS A LA MARCHE DE SOUTIEN A L’ARMEE

Au cours du meeting, suivi d’une marche de soutien à l’armée, vendredi dernier, au Boulevard de l’Indépendance, nous avons interrogé plusieurs participants. Lisez leurs réactions !

Ibrahim Dembélé, « Alliance Souveraine des Sankaris »

Vu la situation du pays, avec des morts interminables, le moment est venu pour l’ensemble des patriotes du Mali de soutenir les FAMAS afin que la paix règne au Mali. Je demande à la MINUSMA et à Barkhane de clarifier leur position au Mali. On ne peut pas comprendre qu’avec toutes ces forces étrangères, les jihadistes et narco trafiquants continuent de tuer les FAMAS. On les voyait tuer les FAMAS  la nuit,  vers 4 heures du matin et cette fois, c’est en pleine journée, à 11 heures 58, on ne peut pas comprendre ça. Que des convois lourdement armés traversent des régions pour attaquer  l’armée malienne.

Traoré Issa, Vice-président de la plateforme « DEFENDONS LE MALI »

Notre plateforme regroupe plusieurs mouvements et associations qui ont soutenu le candidat  IBK. Nous nous sommes regroupés pour sortir le pays de cette situation. Nous avons constaté que depuis plusieurs semaines, nos militaires font l’objet d’attaques barbares de la part des obscurantistes. Donc, nous avons organisé ce meeting pour soutenir notre armée pour qu’elle sache que le peuple malien est derrière elle. Nous la soutiendrons jusqu’à la victoire.

Oumar Mahamane Touré, Association « AL FAIDA de Tombouctou »

Je suis là pour soutenir notre armée, soutenir le Mali. Je demande à ce que tous les Maliens soient unis pour lutter contre les ennemis.  Avec la présence de toutes ces armées du monde, on continue de tuer de plus en plus. Aujourd’hui c’est 10, demain 20, après, c’est 100, des villages… on en a assez. Trop c’est trop ! Donc, soit, ils sont là et qu’on sache pourquoi ils sont là, ou ils nous laissent tranquilles et nous même, on va se défendre.

Mansour Cissé, président de la « Conférence des Faitières de la Société Civile »

L’objectif de ce meeting est de montrer qu’on soutient notre armée. A la suite de beaucoup d’évènements, nous nous sommes dit que nous ne pouvons rester en marge de ça. L’armée peut compter sur la mobilisation de la société civile.

Mme Diarra Djénéba, veuve de militaire, à Kati

Les Français ont des armements et s’ils veulent que la guerre cesse, elle va cesser. Ce n’est pas une guerre de jihadistes ou de terroristes, la France nous trompe. Pour quelqu’un qui connait l’histoire du Mali, il sait que la France  est en train de se venger de l’acte posé par Modibo Kéita qui les avait chassés. Nous sommes avec notre armée. Mon mari est mort mon fils aussi est mort. Nous mourrons pour notre armée. Nous sommes avec IBK. Il faut qu’on se lève, qu’on se donne la main pour que la France puisse partir.

Hamma Drabo, président des Gros Bras

Nous sommes venus pour le Mali. Ce n’est pas la première fois que nous soutenons l’armée malienne. Que les Maliens se donnent la main. Ce n’est pas une affaire de personne ou une affaire politique, c’est l’affaire du Mali. Si chacun défend son intérêt personnel et non l’intérêt général, le Mali n’avancera pas. Qu’on s’unisse pour le Mali !

Souleymane B. Samaké, Président de l’ONG « DJITOUMOU KOUNKAN »

Je demande au président IBK d’organiser une marche sur Kidal. On envoie le génie militaire, pendant un mois, ils vont faire le déminage. Ensuite, avec l’armée malienne, plus  la jeunesse, on va aller à Kidal. On place les véhicules de la MINUSMA devant. Si 12.000 militaires entrent à Kidal, la guerre va finir. Ils ont fait ça en 1963, Dibi Sillas l’a enrayé et quand Moussa Traoré, est venu,  lui aussi, l’a rayé, donc,  c’est cyclique. Il y a eu trop de morts. Trop c’est trop !

Ismael Togola, manifestant

Ce sont les responsables maliens quoi ont appelé la France et les Maliens son restés 6 ans à les regarder. Dieu n’aime pas ça. Les Maliens prient, mais ils ne sont pas avec Dieu, ils sont avec la France. C’est pourquoi le monde est déçu de nous. Si nous ne nous levons pas, nous serons humiliés. Je demande aux autorités de tout faire pour abandonner la France et la MINUSMA.

Mme Kéita Djénéba  Kéita, Association « Veuves de militaires de Kati »

Nous voulons le départ de la France, car, la France avait quitté le Mali avec de la haine. C’est par vengeance qu’ils nous combattent. Pourtant en 1945, le Mali a combattu pour les libérer

Maïmouna  Diarra, Vice-présidente d’une association de femmes à Samé

Nous faisons partie de l’association dirigée par Marawa Tounkara de Samé. Nous avons entendu parler du meeting  et nous sommes venus au nom de notre association,  pour faire acte de patriotisme et pour soutenir l’armée malienne.

 

Propos recueillis par Baba Dembélé

Canard dechaine

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