#MaliSansVBG : harcèlement, sans loi ni effort de prévention

Le harcèlement sexuel demeure une préoccupation. Pour le blogueur Tony Star, une loi spécifique doit être prise à l’encontre de ce phénomène.

 

Lors de mes recherches sur ce sujet, j’ai découvert qu’un nombre important de femmes souffrent du harcèlement au Mali. Sur une dizaine de demoiselles interrogées, 90% en sont victimes.

Une amie, gestionnaire de ressources humaines, m’a révélé ce qu’elle subit de la part du directeur de l’entreprise où elle travaille : « Au début, il m’appelait de temps en temps le soir quand je rentrais à la maison. Souvent tardivement, me disant qu’il voulait juste se rassurer si j’étais bien rentrée. Après avoir longtemps rodé, il a fini par m’avouer qu’il voulait de moi.

Mais la réciproque n’était pas vraie. « Quand il a su que je ne m’intéressais pas à sa proposition, il m’a interdit certaines choses, ajoute l’amie. Mon poste était donc menacé. Il ne pouvait plus me voir sourire avec un autre collègue sans montrer son mécontentement. Au final, il a fallu que je lui dise que j’étais fiancée pour qu’il me laisse tranquille. Mais, jusqu’à présent, il continue de m’envoyer des messages. »

Les sentiments ne se forcent pas

Le gentleman ne manque pas de stratégie. « Tu ressembles à mon ex » est le prétexte qu’a trouvé David pour commencer à harceler Mariam, une jeune basketteuse de Missabougou, durant une dizaine de mois. Parfois, elle se sentait obligée de changer de chemin pour se rendre au Stade-26 Mars pour ses  entraînements. « J’ai été plusieurs fois victime de harcèlement mais le cas de ce garçon m’a beaucoup déstabilisée, me confie Mariam. Il me suivait quand je revenais de l’entraînement. C’était ennuyant pour moi, je n’avais que 16 ans. Ensuite, il a commencé à me suivre quand je partais à l’école durant le reste de l’année scolaire. J’ai été obligée de partir en vacances pour la première fois. Je pense que les garçons doivent comprendre que les sentiments ne se forcent pas. »

Dans nos quartiers, beaucoup de jeunes pensent que tout est une question de ténacité : plus tu as le courage, plus tu ne lâches pas dans la drague, et plus tu as la chance de finir par conquérir. Oumar fait partie des jeunes qui pensent ainsi. Pour lui, quand une fille refuse d’être en couple avec toi, il faut insister car elle peut changer d’avis avec le temps.

Aucun effort de prévention

En plus des types de harcèlement que nous avons cités, certains se passent dans les écoles et sur les réseaux sociaux. En milieu scolaire, il convient de rappeler que ce n’est pas parce qu’un jeune homme partage la même classe avec une demoiselle, corrige ses devoirs qu’il a le droit de toucher son corps : mettre sa main sur sa taille, ses seins, ses fesses, lui faire des câlins sans son consentement. Ce sont des attouchements intentionnels qui s’assimilent à du harcèlement. Ces types de harcèlements se produisent couramment en milieu scolaire.

Selon le rapport 2013 sur les droits de l’homme de Human Rights Watch, « la loi malienne n’interdit pas le harcèlement sexuel », ce qui prouve qu’il n’y a aucun effort de prévention de la part des autorités. Il est important qu’une loi spécifique soit prise comme dans certains pays pour combler ce vide juridique.

Source : benbere

 

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