Mali : Vague de réactions après la manifestation des policiers vendredi

Les réactions se sont multipliées ces dernières 24h à la suite du mouvement de certains éléments de la police pour exiger la libération, vendredi 03 septembre, du commandant de la Force spéciale antiterroriste (Forsat) commissaire divisionnaire Oumar Samaké, brièvement incarcéré par un juge d’instruction dans le cadre des tueries des 10, 11 et 12 juillet 2020 lors des manifestations de désobéissance civile du M5-RFP.

Le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) ont condamné et qualifié les faits d’évasion. Ils l’ont fait savoir dans un communiqué conjoint en date de ce samedi 4 septembre.

Le SAM et le SYLIMA, tout en condamnant fermement ces agissements illégaux et intolérables, rappellent à tous que le Mali est un État de droit où tous demeurent sujets de droit quels que soient leurs titres, grades ou qualités. Ils indiquent que la Justice qui est pleinement indépendante et impartiale dans notre pays, n’est à la solde de personne si ce n’est le vaillant Peuple, au nom duquel elle rend ses décisions, note le communiqué conjoint.

« Le Pouvoir Judiciaire qui est prêt, engagé et déterminé à combattre le crime sous ses multiples formes, ne cédera ni au chantage ni à l’intimidation encore moins à une quelconque forme de manipulation. Il exige que ses décisions soient exécutées par le gouvernement et que force demeure à la loi et à elle seule », poursuit le document qui précise que faute d’actions vigoureuses et vérifiables dans les meilleurs délais contre les auteurs et complices de cette rébellion, les Syndicats de magistrats en tireront les conséquences par des actions syndicales dissuasives pour vaincre toute forme d’atteinte à l’autorité et à l’indépendance du pouvoir judiciaire.

L’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), de son côté, à travers un communiqué a également condamné avec véhémence « cette situation déplorable constituant une atteinte grave à la démocratie et à l’état de droit au Mali », avant d’interpeller les plus hautes autorités à s’assumer. Elle exhorte les plus hautes autorités à prendre des mesures à la hauteur de la situation en restaurant la décision de la justice et en prenant des sanctions exemplaires contre les personnes impliquées.

Une autre réaction est venue de la Synergie des sections syndicales des surveillants de prison du Mali, qui indique dans un communiqué avoir pris acte des « événements désastreux sans objectivité qui se sont passés devant la Maison Centrale d’arrêt de Bamako en ce vendredi 03 septembre 2021».

« Nous félicitons et remercions l’ensemble des surveillants de prison en service de ladite maison d’arrêt de leur sens élevé de responsabilité et de maturité à ne pas réagir à de tels actes », énonce la Synergie. Et le regroupement d’annoncer qu’une réunion d’urgence sera convoquée pour prendre toutes les dispositions afin qu’un tel acte ne se produise plus devant un tel service sensible et stratégique à la sécurité publique nationale.

De son côté, le Comité stratégique du mouvement du 5 Juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5 RFP) fait savoir dans une déclaration qu’il suit avec gravité les évènements qui ont conduit à l’arrestation de l’ancien commandant de la FORSAT suivie de son extraction sous menace policière de la Maison d’arrêt de Bamako. Le M5-RFP se réjouit de l’effectivité des poursuites judiciaires engagées et assure à toute la chaîne judiciaire et aux autorités de la Transition de son total et franc soutien dans leur noble combat pour une Justice égale pour tous au Mali.

Le Mouvement du 05 juin s’inquiète vivement de la remise en cause récurrente de la discipline au sein de nos Forces de défense et de sécurité et invite les autorités de la Transition à y mettre promptement définitivement fin par toutes les mesures appropriées. Le Comité stratégique préconise l’organisation très prochaine d’un grand rassemblement de soutien à la Justice au Monument de l’Indépendance à Bamako.

Des personnalités politiques ont également réagi par rapport à la situation. À l’image de l’ancien Premier ministre, Moussa Mara. Il s’est dit scandalisé par ce qui s’est passé vendredi 03 septembre avec des Forces de l’ordre, qui doivent faire respecter la loi agissant illégalement pour obtenir la libération d’une personne incarcérée suite à une décision de justice.

« J’attire l’attention des autorités, des forces vives de la Nation et de l’ensemble du peuple que cet acte constitue un précédent dangereux contre l’État de droit et menace sérieusement la cohésion de notre pays », réagi l’ancien Premier ministre. Avant de demander aux dirigeants de la Transition de faire respecter la loi et de consacrer le principe du « nul n’est au-dessus de la loi ».

S. SIDIBÉ
T. CAMARA

Essor

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