Mali: Les manifestants du 05 méritent d’être écoutés

Des dizaines de milliers de manifestants ont répondu le vendredi dernier, à l’appel du Rassemblement des Forces Patriotiques du Mali. Des hommes et des femmes aux obédiences religieuses différentes. Certains n’ont aucune coloration politique. Mais ils avaient  en commun des revendications pour le salut de leur patrie.

 

Aucune arrogance ne doit pousser  le pouvoir exécutif, à être indifférent, face aux revendications de ces manifestants qui ont exprimé la souveraineté du peuple dans les rues de Bamako.

L’État doit éviter l’erreur qui consiste à diaboliser les mouvements sociaux qui ont des opinions contraires.

Une telle posture tentant de faire fi de cette grogne sociale va sans nul doute radicaliser ce mouvement. Et nous conduire vers une destination inconnue. Ça ! Le Mali n’en a pas besoin.

Pour tout observateur avisé, « la démission du Président de la République » clamée par les marcheurs n’est nullement une bonne issue pour une sortie de crise, moins le coup de force.

Puisqu’en cas d’une éventuelle démission du Président IBK, c’est le président de l’assemblée nationale qui assurera l’intérim. Ce dernier souffre déjà d’un grand déficit de légitimité et de compétence au sein de l’opinion nationale.

Le second scénario doit être évité à tout prix si nous avons réellement tiré de bonnes leçons des événements de 2012. Les deux parties doivent le comprendre et l’éviter.

Au-delà de l’appel à « la démission du Président », les contestataires ont fait d’autres revendications qui ne sont pas de la mer à boire.  Des revendications qui vont de la priorisation des secteurs de l’éducation et de la santé à la reconstruction de l’armée en passant par la préservation de l’intégrité territoriale du pays et des réformes politiques et institutionnelles sur les élections….. En toute honnêteté, ces problèmes soulevés sont réels et le ras-le-bol exprimé à leurs propos est assis sur de bases solides.

Comme une confirmation, dans un communiqué publié suite à cette marche, le gouvernement lui-même a jugé ces revendications « légitimes ». Alors des discussions sincères doivent être illico entamées à fin de trouver avec les initiateurs du mouvement des solutions de sortie de crise.

Le chef suprême doit  alors sortir du confort de son silence et prendre langue avec les leaders du mouvement.

Une gestion par procuration du Président risque de ne pas passer, car contrairement au précédent appel à la démission, c’est lui qui est, cette fois-ci, le principal visé.

Harouna KONE

Malivox

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