Mali : Au Mali, chrétiens et musulmans unis après l’attaque de Sobane

Jeudi 13 juin, le président malien Ibrahim Boubacar Keita et l’archevêque de Bamako le cardinal Jean Zerbo se sont recueillis devant les tombes de 35 personnes massacrées dans le village majoritairement catholique de Sobane le 9 juin.

Dimanche 16 juin, le Haut conseil islamique du Mali (Hcim) a exprimé sa compassion.

Dans la nuit du 9 juin, des individus armés non identifiés ont attaqué le village de Sobane, majoritairement peuplé de catholiques, situé dans le centre du Mali. 35 personnes dont 24 enfants ont été tués.

Jeudi 13 juin, l’archevêque de Bamako s’est rendu au chevet de cette communauté meurtrie en compagnie du président malien Ibrahim Boubacar Keita pour se recueillir devant les tombes des victimes. « En nous retrouvant ici avec le président de la République et toute la délégation qui l’accompagne, avec ceux qui sont touchés directement par ce conflit, nous voulons simplement encore te demander pardon Seigneur », a prié le cardinal Jean Zerbo, archevêque de Bamako, qui s’est recueilli devant les tombes des victimes pendant plus d’un quart d’heure.

« Pardonne à ceux qui s’adonnent à ce comportement, nous te prions Seigneur, touche leur cœur », a-t-il conclu.

La compassion du Haut conseil islamique du Mali (Hcim)

Après cette attaque qui a horrifié les Maliens, les appels à la paix ne cessent de se multiplier.

Dimanche 16 juin, le Haut conseil islamique du Mali (Hcim) a exprimé sa compassion. « Ce sont des atrocités que nous ne connaissons pas au Mali,a affirmé le secrétaire général du Hcim, Mamadou Diamoutani. C’est pourquoi nous disons que ce n’est pas une question de chrétiens et de musulmans. C’est une question de Maliens. Nous sommes solidaires ».

Parallèlement, le même jour, à l’appel de partis politiques, une foule nombreuse s’est rendue au Monument de la Paix de Bamako, allumant des bougies avant de se recueillir en mémoire des disparus. Dans la même optique, Harouna Sangaré, maire de la localité de Ouonkoro dans la région de Mopti a écrit une lettre ouverte au chef de l’État malien. Dans cette missive, il demande que les milices « soient désarmées, de gré ou de force » « dans les plus brefs délais ».

Affrontements entre Dogons et peuls

L’attaque de Sobane n’a pas été revendiquée mais cette zone est minée par des affrontements entre communautés peul et dogon. Le 23 mars, dans un autre village du centre du Mali, Ogossagou, majoritairement peul, des inconnus habillés en tenue traditionnelle de chasseurs de la communauté dogon, armés de fusils et juchés sur des motos, avaient tué 160 morts.

Le président malien, pour sa part, estime qu’il ne s’agit pas d’un conflit ethnique. « Les dogons et les peuls sont deux communautés qui ont toujours vécu en parfaite symbiose, a-t-il affirmé. Tous ceux qui élaborent aujourd’hui des thèses douteuses devraient revoir leur copie. En tout cas, ne pas jeter de l’huile sur le feu : il n’y a aucun conflit inter-ethnique ». Selon lui, il s’agit d’une « excroissance » du terrorisme qui mine le nord du Mali.

Lucie Sarr

Source : Africa.la-croix.com

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