Lutte contre l’insécurité routière à Sikasso: les acteurs s’exercent sur la géolocalisation

Le ministère des Transports, à travers l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), a procédé, le lundi 1er avril 2019, au lancement du système de surveillance par géolocalisation des accidents de la route et des traumatismes dans la ville de Sikasso. Le projet a pour but de chercher les causes et les raisons des fréquences des accidents à des endroits précis, en vue d’y trouver des solutions.

Placé sous le patronage du ministre des Transports, Soumana Mory COULIBALY, l’évènement s’est déroulé en présence du Directeur général de l’ANASER, Mamadou Sikidi KONATE ; des autorités politiques et administratives de Sikasso ; ainsi que les Policiers et Gendarmes.

Selon le ministre des Transports, l’accroissement spectaculaire de la motorisation au cours de cette dernière décennie, conjugué à la forte croissance démographique et à une urbanisation galopante de nos villes, ont contribué à la multiplication des risques liés à l’usage de la route.

A ces éléments, soutient-il, s’ajoute la forte présence des engins à deux roues, faciles d’accès et fortement utilisés par les jeunes. «Ce qui fait que les victimes se retrouvent dans la catégorie des jeunes actifs (18-30 ans), mais aussi dans la catégorie des populations les plus vulnérables que sont les piétons, les personnes âgées, les enfants et les personnes à mobilité réduite », a-t-il déploré, avant de rappeler : « les statistiques nationales d’accidents de la route au titre de l’année 2017 font ressortir 10 631 accidents pour 801 tués et 9979 blessés ».

Pour inverser la tendance, a-t-il noté, un cadre global d’actions s’impose conformément à la vision du Président IBK et la Décennie d’actions 2011-2020 des Nations Unies pour la sécurité routière, qui est de réduire le nombre annuel d’accidents corporels sous la barre de 7 500 victimes à l’horizon 2020.

C’est dans ce cadre qu’après avoir mené une étude pour l’amélioration de la sécurité routière dans le District de Bamako sur financement de la Banque africaine de développement, en mai 2017, l’Institut de recherche pour le développement (IRD) se propose d’élaborer un système de surveillance des accidents par géolocalisation qui permettra de comptabiliser et de décrire la mortalité et la morbidité des accidents de la route dans la ville de Sikasso.

Le choix de Sikasso s’explique par sa fréquence d’accidents, car selon les statistiques de 2017, après le District de Bamako qui se place en tête avec 8 361 accidents pour 347 tués et 6 350 blessés, la région de Sikasso occupe la 2e place avec 801 accidents pour 151 tués et 1 260 blessés.

La formation, assurée par Bonnet EMMANUEL, chercheur à l’IRD concerne près de 25 agents de la Police, de la Gendarmerie, de la Protection civile, des services de santé et de l’ANASER de la ville de Sikasso. Ils seront initiés à une application développée sur smartphone, afin de leur permettre la saisie des informations relatives aux accidents de la route (fiche BAAC). Ces données seront transférées à une Plateforme qui permettra à tout utilisateur intéressé d’avoir la cartographie des accidents, avec les lieux, adresses et autres caractéristiques.

Par Sékou CAMARA

Info-matin

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