Les poids morts du gouvernement : Le ministre Abino Témé essoufflé

Ils sont ministres de la République mais sans en posséder aucun attribut. Ils sont sans existence propre, sans autorité. Ils sont noyés sous le poids des dossiers de leurs départements et sont condamnés à ne faire que de la figuration. Passés maîtres dans la fanfaronnade, ils tentent de se donner un peu de contenance en se montrant plus royalistes que le roi lui-même et n’hésitent pas à verser dans l’abus. Dépassés par les réalités des Maliens mais dotés d’une imagination débordante, ils ont trouvé des accessoires pour voir la vie en rose : les lunettes fumées. Presque tous en portent. Incapables de regarder l’insupportable misère qui les entoure et pas courageux de fixer les Maliens dans le blanc des yeux. Nous nous intéressons aujourd’hui à l’un d’entre eux, Pr Abino Témé, ministre de l’Education nationale.

 Un mois après la rentrée officielle des classes, le ministre de l’Education nationale souffle le chaud et le froid au point de pousser des cheveux sur son crane bien rasé.

Après les scandales des fuites de sujets aux examens de fin d’année, Abino Témé peine à orienter les élèves admis au Diplôme d’études fondamentales.

Visiblement, l’orientation des écoliers n’est pas le seul problème de notre ministre. Son département est embourbé dans des scandales aussi lugubres les uns que les autres. De la gestion des cantines scolaires au chantage des promoteurs d’écoles privées en passant par le non-paiement des subventions dues à ces écoles, Abino Témé est essoufflé. A quelques mois de la retraite, il est dépassé par les événements. L’avenir des enfants est pris en otage. Avec ses haillons, Abino Témé se croit dans un amphithéâtre. Inaudible et insensible aux préoccupations des partenaires sociaux, il a de la peine à mesurer la grandeur et l’étendue de son département. « Les gens saignants » sont sur les nerfs et sont décidés à le faire partir.

Depuis sa nomination à ce poste, le ministre Témé n’a pris que des décisions hasardeuses et révoltantes, selon les acteurs de l’éducation. Ces derniers estiment qu’Abino Témé est certes un bon enseignant, mais dans la posture de ministre, il a beaucoup à apprendre. Aujourd’hui, force est de constater que le département se porte très mal qu’il ne l’a jamais été de toute son existence. Les nominations hasardeuses et le clanisme sont érigés en mode de gestion. Le secteur est en état de déliquescence très avancé, et Abino Témé semble ne pas s’en rendre compte. Les étudiants des différentes universités ne savent plus à quel saint se vouer. Pour ne rien à arranger, même l’orientation des élèves admis au DEF n’a pu se faire. Faute de vision et d’anticipation. Or, ce travail devrait être fait depuis des mois. L’envergure de ce département dépasse notre ministre. Maintenant qu’il a en charge, outre l’éducation de base, le supérieur, il faut craindre que le système éducatif ne soit pas perverti par des mauvaises décisions. Toujours est-il qu’Abino Témé a du mal à trouver ses marques dans ce département où tout urge. Son appartenance au parti présidentiel ne suffirait pas à le garder dans ce fauteuil dans la mesure où il est dépassé par les événements. En attendant le prochain remaniement qui ne saurait tarder, Abino Témé peut profiter de la luxueuse berline noire et de la grosse cylindrée. Mais aussi et surtout des privilèges et les commodités qu’offre le statut de ministre.

Dieu veille !

Mariétou DOUCOURE

 Azalaï-Express

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