Les personnes handicapées manifestent devant la primature

La date du 3 décembre a été instituée en 1992 par les Nations Unies comme étant la journée internationale des personnes handicapées. Pour cette année 2020, les réflexions portent sur la thématique internationale « Développons notre résilience collective pour trouver et mettre en œuvre des solutions durables, afin de ne laisser personne de côté pendant et après la covid-19 ». A Bamako, les personnes handicapées ont choisi cette date pour interpeller les plus hautes autorités de la transition afin qu’elles portent un regard sur leurs conditions de vie. Elles ont fait savoir leur mécontentement à travers un rassemblement devant la primature, hier jeudi 3 décembre 2020. N’ayant pas réussi à rencontrer le patron de la primature, les personnes handicapées affirment revenir à la charge, le 10 décembre prochain, si leurs doléances ne sont pas prises en compte. Ces doléances sont entre autres la reprise de l’intégration à titre exceptionnelle ; la reprise du quota des gens qui ont fait le concours en 2019 et qui sont dans le lot du quota de 5 ; la signature du décret d’application de la loi relative aux droits des personnes handicapées et l’exécution de ces dossiers qui sont au niveau de la fonction publique ainsi qu’une protection civique particulière pour les personnes en situation de handicap.

En lieu et place d’une conférence débat ou d’un point de presse, les personnes handicapées ont choisi de tenir une action forte tendant à résoudre leurs préoccupations. Elles étaient des centaines de personnes vivant avec diverses formes de handicaps à se rencontrer, hier jeudi devant la primature. Ils ont manifesté pacifiquement et en toute liberté. Au terme des manifestations, Sidi Mohamed Coulibaly du bureau de l’union nationale des aveugles du Mali s’est confié à la presse. « Notre objectif aujourd’hui est  de rencontrer le Premier ministre pour lui dire que nous sommes des Maliens comme les autres.  Malheureusement le premier ministre s’est dit chargé et a demandé le report de la rencontre à un autre jour », a-t-il précisé.

Il a fait savoir que les personnes handicapées ont des problèmes au Mali, notamment l’accès à l’emploi, au transport, à la santé, à l’éducation, à la communication etc. « Nous avons choisi cette journée du 3 décembre pour venir exprimer nos besoins au premier ministre . Les personnes handicapées, après des difficultés au cours et à la fin des études,  sont victimes des discriminations de toutes sortes au Mali et ont du mal à avoir de l’emploi », s’est-il indigné.

A ses dires, les autorités avaient institué une mesure politique d’intégration à titre exceptionnelle des personnes handicapées dans la fonction publique. « Cela a permis à beaucoup de nos camarades d’avoir de l’espoir, de pouvoir se marier et de supporter leur famille. Cette intégration exceptionnelle a été bloquée sans raisons véritables. Elle a été remplacée par le système de quota », a-t-il dit.

Face à leurs conditions de vie difficiles, Sidi Mohamed Coulibaly s’est penché sur les doléances qui leur tiennent à cœur. « Nous réclamons la reprise de l’intégration à titre exceptionnelle, la reprise du quota, la signature du décret d’application de la loi relative aux droits des personnes handicapées et l’exécution de ces dossiers qui sont au niveau de la fonction publique. Nous réclamons une protection civique particulière pour les personnes en situation de handicap », a-t-il ajouté.

Au nom de ses camarades handicapés, Sidy Mohamed s’est dit optimiste quant à l’évolution de leurs préoccupations. « Nous avons espoir en la République du Mali et nous demandons au premier ministre et au Président de la transition de faire signer ce décret d’application pour que les conditions de vie des personnes handicapées puissent connaître une amélioration », a-t-il affirmé, avant d’attirer l’attention des autorités. «  Si nous n’obtenons pas de suite à nos doléances, nous sommes prêts à sortir le 10 décembre, date de la journée des droits de l’Homme pour encore réclamer nos droits. Nous appelons toutes les personnes handicapées au Mali et ailleurs », a-t-il lancé.

Prenant part à ce mouvement, Boubou Lah, animateur d’une radio de la place, dit soutenir cette action. Selon lui, le bonheur du pays dépend du bonheur des personnes en situation de handicap. « Il y a des pays qui envoient des fonds pour les handicapés, mais ces fonds ne sont pas visibles. Je soutiens cette marche quelle que soit la durée. Nous demandons aux autorités de la transition d’avoir un œil sur les handicapés », a-t-il déclaré.

Sidiki Dembélé

Source: Le Républicain- Mali

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