Les organisateurs de la marche silencieuse, samedi dernier, en l’occurrence, le parti SADI, ont bien voulu répondre à nos questions.

Le parti SADI a été tout le temps clair. Nous sommes un parti militant qui va à la conquête du pouvoir pour que les causes contre lesquelles nous nous battons, que nous en faisons notre leçon de tous les jours et à la conquête du pouvoir, rétablir la justice sur ces bases et éviter ces supplices pour le peuple malien.

Donc, le parti SADI est toujours présent dans toutes les luttes d’émancipation  du peuple malien pour les libertés fondamentales, les libertés démocratiques, la cohésion sociale et    aujourd’hui, c’est la cohésion sociale de notre pays qui est entamée, c’est donc pour cela, que le parti SADI se trouve dans son élément. Être à côté de ceux qui sont les victimes, comprendre leurs messages et aussi, puisque, nous nous inscrivons dans le cadre d’un pays cohérent, de nationalités diverses, nous nous inscrivons dans ça, pour en faire notre politique, aider justement la compréhension de cette situation et trouver les médicaments idoines.  Donc, le parti SADI est un parti présent au sein du peuple, partout où le peuple est en souffrance, le parti SADI se lève.    L’histoire aussi entraine le parti à donner une conscience politique à nos concitoyens pour qu’ensemble nous puissions changer le système qui nous gangrène depuis 1992,  parce qu’il s’agit pour nous, parti SADI, d’un changement systémique et non d’une alternance. Nous n’avons rien à faire avec une alternance. Nous nous battons pour un changement systémique – de système-   qui a été imposé depuis 1992, dont les acteurs sont là et sont connus. Certains sont au pouvoir, d’autres sont dans l’opposition. Mais ce n’est pas le fait d’être au pouvoir qui va nous tromper et  le fait aussi, d’être à l’opposition  qui nous trompera, nous autres, donc   la question posée, c’est la question de la mise en cause du système actuel qui nous gouverne, qui fait des génocides.

Ibrahim Nienta, membre de la Commission d’Organisation de la marche

Aujourd’hui, il y a des conflits intercommunautaires dans la région de Mopti. On sent qu’il y a de la stigmatisation que nous dénonçons. C’est pourquoi, nous avons décidé d’organiser cette marche pour montrer à l’opinion publique nationale  et internationale, ce qui est en train d’être fait aujourd’hui dans la région de Mopti, on est en train d’instrumentaliser des gens. Nous, nous connaissons la région. C’est vrai qu’il y avait des conflits intracommunautaires, dans la région de Mopti. Mais des conflits jusqu’à ce niveau, on ne l’a jamais connus. Donc, on a organisé cette marche pour attirer l’attention de la communauté nationale et internationale, pour que la paix puisse revenir dans la région de Mopti. C’est une marche silencieuse, une marche de deuil pour montrer que nous sommes contre l’exécution, que ce soit des Peuls, des Bozos, des Dogons ou de n’importe quel groupe. Les communautés ont toujours vécu en symbiose et nous voulons que cette cohésion d’antan revienne.

Yahya Ag Mohamed Ali, Secrétaire aux relations extérieures du Bureau Politique de SADI

Cette marche est importante, car elle doit mobiliser le peuple malien pour dire non à ce qui est en train de se passer dans notre pays. Je n’aime pas beaucoup l’appellation Centre du Mali. Parce que ce qui se passe actuellement, se passe non seulement dans la région de Ségou, la  région de Mopti et aussi à Ménaka. Il y a une très  forte stigmatisation de nos compatriotes qui ont été assimilés aux mouvements terroristes et djihadistes, que Notre Etat a longtemps tolérée, c’est inadmissible. L’Etat a une obligation de protection de tous les citoyens, sans exclusive aucune, mais aujourd’hui, on a l’impression que la composante peule de notre   peuple est exclue de cette protection. C’est contre cela que nous marchons. Nous marchons aussi pour dire aux terroristes qu’ils ne réussiront pas à nous diviser. Ce qu’on est en train d’appeler le conflit Dogon-Peul n’est qu’une instrumentalisation des politiques, pour nous divertir. Ils l’ont toujours fait pour essayer de se maintenir au pouvoir, ou pour essayer d’acquérir le pouvoir. Cela a toujours été le cas, depuis que ces gens sont arrivés aux affaires, de 1992 à  aujourd’hui. Je crois que cette marche, c’est pour que notre peuple dise : ça suffit, nous avons compris, laissez-nous  vivre en paix, vous avez su détruire notre nation, maintenant, nous nous levons pour vous dire, arrêtez !

Mme Dicko Fatoumata Dicko, 2ème vice-présidente de Tabital Poulakou Mali

Cette marche est très importante pour mieux centrer les choses. Nous savons tous, ce qui se passe actuellement dans ce pays. Le Nord brûle et le Centre brûle. Si le Nord brûle et que le Centre brûle, c’est tout le Mali qui brûle. Nous nous sommes rencontrés ici, ce n’est pas seulement les Peuls, ce sont toutes les ethnies du pays, c’est la population malienne, pour parler de la sécurité, pour dire non à l’amalgame, non au génocide, pour dire halte à tout ce qui se passe actuellement sur le territoire malien. Donc, il faut que tous les Maliens se mobilisent. Qu’on se tienne la main, pour honorer les Maliens et éviter que le sang coule dans ce pays. On n’a pas besoin de ça actuellement. Nous sommes un pays en voie de développement. Donc, s’il n’y a pas de sécurité, il n’y aura jamais de développement.

Chiaka Coulibaly, Leader du Mouvement des Personnes Handicapées

Nous, les personnes handicapées, nous avons tenu à accompagner cette marche, parce que nous sommes concernés, comme tous les Maliens, des enjeux du pays. On a vu qu’au Centre du pays, aujourd’hui, on tend vers un conflit intercommunautaire qui peut engendrer beaucoup de dégâts, donc, nous avons pensé qu’il est de notre devoir, en tant que citoyen, d’alerter l’opinion nationale et internationale sur ce qui se passe là-bas.  D’où cette marche aujourd’hui, pour faire comprendre ces enjeux.

 

B.D 

Source: Canard Déchainé

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