Le saviez-vous ? LE PONT DES MARTYRS FUT CONSTRUIT LORS DE LA PÉRIODE COLONIALE

Bamako est située sur le fleuve Niger, communément appelé Djoliba (le fleuve du sang). Pour aller d’une rive du fleuve à l’autre, il fallait prendre la pirogue. Ce n’est qu’en 1947 que débuta la construction du premier pont par le colon français pour permettre de relier les deux rives et faciliter la mobilité dans la ville des «Trois caïmans» qui comptait à l’époque environ 100.000 habitants. Après dix années de travaux, le pont d’une longueur de 860 mètres linéaires fut inauguré en 1957 sous le nom de «Pont de Badalabougou».


Techniquement, l’ouvrage est soutenu par 30 travées indépendantes de 28,5 mètres de portée chacune. Sa plateforme est de 11 mètres de largeur dont un trottoir à deux caniveaux sous dallettes en béton armé de 1,60 mètre de largeur, une piste cyclable côté amont de 1,70 mètre, une chaussée de 6 mètres à deux voies de circulation, et enfin une piste cyclable côté aval de 1,70 mètre. Le tirant d’air sous l’ouvrage est de 6,5 à 8,5 mètres à l’étiage. Le tirant d’eau, en période de hautes eaux, varie de 1,5 à 2,5 mètres. Le tablier du pont est de la catégorie dénommée VIPP (viaducs à travées indépendantes à poutres préfabriquées). Il est composé de quatre poutres sous chaussée préfabriquées en béton précontraint d’une hauteur de 11,67 mètres. Ces poutres sont posées sur des appareils d’appui élastomère fretté.
Après les évènements de mars 1991, l’ouvrage fut rebaptisé «Pont des martyrs» en mémoire des manifestants ayant perdu la vie au cours des journées noires.
Lors de la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays en septembre 2010, L’Essor a consacré un article sur ce pont historique, avec ce titre : «Pont des martyrs : un quinquagénaire solide sur ses jambes».
En effet, depuis sa construction, l’ouvrage fait l’objet d’un entretien régulier. De gros travaux y ont été effectués ces dernières années. Ce lifting, réalisé à plusieurs centaines de millions de Fcfa, a permis au Pont des martyrs de continuer à faciliter la traversée du fleuve pour les milliers d’usagers qui l’empruntent chaque jour.

Madiba KEITA

Source: L’Essor

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