Le collectif des arts et de la culture du Mali à propos de l’incarcération de Sidiki Diabaté: » Nous laissons la justice faire son travail sans pression mais un Djeli n’a pas sa place derrière les barreaux »

Le collectif des arts et de la culture a procédé, samedi dernier, à une rencontre au palais de la Culture Amadou  Hampaté Ba autour du dossier  de l’artiste Sidiki Diabaté pendant devant la justice, le rôle des Djelis dans nos sociétés et les conséquences nuisibles des réseaux sociaux.

 

D’emblée le collectif  des arts et de la culture, composé de plusieurs associations culturelles a précisé que les excuses qui ont été faites sur les réseaux sociaux par les griots n’étaient pas pour intimider la justice mais juste pour respecter la tradition.

» Les tractations faites par les griots pour demander pardon à tous les  » horons  » (Nobles) n’a  aucun rapport avec le contenu du dossier. Ces excuses ont été présentées selon la tradition « Djeliya » car les djelis ont un rôle de stabilisateurs et non de destructeurs. Raison pour laquelle quelle que soit une situation, ils jouent à l’apaisement en demandant toujours pardon. Ce phénomène n’est pas nouveau, il est ancestral « .

En ce qui concerne l’état du dossier auprès de la justice les participants ont déclaré qu’il est au niveau du juge d’instruction.

Et qu’ils suivent la procédure avec le plus grand intérêt. Ils ont souhaité que cette affaire soit dépassionnée et qu’on laisse la justice faire son travail sereinement, c’est-à-dire sans aucune pression.  » Ce qui arrive à Sidiki peut arriver à n’importe qui, c’est une volonté divine. Il est victime de la propagation des rumeurs sur  les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux détruisent plus au Mali qu’ils ne construisent car c’est au Mali qu’on constate que les rumeurs ont le plus d’importance « . ont-ils déclaré

Pour terminer le collectif des arts et de la culture a lancé un vibrant appel à l’endroit des autorités :  » Nous, nous sommes des djelis et c’est la première fois que nous assistons à l’emprisonnement d’un djeli. Ce qui est contraire à nos mœurs et coutumes. Le djeli est le garant de notre société même s’il commet une faute il y a une manière de gérer la situation. Certes, il y a la justice et nous sommes dans un Etat de droit mais nous devons aussi préserver nos traditions et éviter que les  idéologies occidentales ne les détruisent. Nous avons nos réalités propres. Nous vous prions de libérer notre Sidiki, à défaut de lui accorder une liberté provisoire. Nous ne sommes ni magistrats ni avocats, Nous sommes des djelis et des artistes« .

A l’issue de cette rencontre le collectif a organisé un concert de soutien qui a réuni plusieurs artistes, le lundi dernier, à la place de l’indépendance, pour réitérer son soutien à Sidiki Diabaté.

A.K

Source: l’Indépendant

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