Kati, Kolokani, Didiéni, Kayes et Diboli : -Les jeunes bloqueront toutes les voies durant la journée du vendredi -Ils dénoncent l’enfer routier

Les jeunes de Kayes regroupés au sein d’un collectif d’associations ont décidé de ne plus croiser les bras face au manque d’infrastructures dans leur région. Ils vont bloquer toutes les issues à la ville de Kayes durant toute la journée du vendredi 23 août 2019. Kati, Kolokani, Didiéni et Diboli sont concernées par cette mesure. La doléance de ces jeunes est simple : le désenclavement de la région de Kayes.

 

Elle est la première région administrative du Mali, mais est l’une des régions les plus enclavées de ce pays. La région de Kayes, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est en panne de routes praticables en plus de l’arrêt du train voyageur. Les autorités semblent être indifférentes aux cris de détresse des usagers de la voie Kati-Kayes, passant par Kolokani, Didiéni et Diéma. En voyant l’état de cette route, on se croirait au 18e siècle, tellement l’enclavement est très avancé. Durant tout le trajet Kati-Kayes, les usagers sont exposés aux dangers. Ce n’est pas tout, la lenteur du voyage est inexplicable. « Il faut près de deux heures pour une distance qu’on peut parcourir en 30 minutes », nous explique un habitant de Kayes.

C’est face à tous ces maux qu’un collectif de 18 associations de jeunes, dont le Front d’actions pour la région de Kayes, de Mamedy Dramé, a décidé de rompre le silence et d’entreprendre des actions de grande envergure, afin d’interpeller les autorités. Le premier grand acte que compte poser ce collectif dans ce cadre, c’est de bloquer toutes les voies de Kayes.  La même chose se fera à Kolokani, Kati, Didiéni et Diboli. Aucun véhicule n’entrera ni sortira de ces villes durant toute la journée du vendredi 23 août 2019. C’est en tout cas ce que nous a confié le président du Front d’actions pour la région de Kayes (FARK), Mamedy Dramé que nous avons rencontré à son bureau hier, lundi 19 août 2019. Selon ce dernier, l’état actuel de la route de Kayes ne leur permet pas de croiser les bras. « La région de Kayes est trop enclavée. La gravité de l’état de la route Kati-Kayes nous oblige à nous battre. On ne peut pas nous taire face à cette souffrance des populations », laisse-t-il entendre. Selon lui, toutes les 18 associations membres du collectif ont une seule doléance : le désenclavement de la région de Kayes. « Nous voulons la construction, dans un bref délai, de notre route. Ce n’est tout, nous voulons la reprise du train voyageur. Aussi, nous voulons que l’aéroport de Kayes réponde aux normes internationales », sollicite Mamedy Dramé.

Une autre mesure plus forte prévue dans les jours à venir

Cette première action du collectif dirigé par Mamedy Dramé : le blocage de toutes les voies de Kayes, Kolokani, Kati, Didiéni, et Diboli concerne seulement la journée de vendredi. « Pour une première fois, nous allons bloquer les voies seulement dans la journée de vendredi prochain », précise notre interlocuteur qui ajoute que d’autres actions de plus grande envergure poursuivront si leur doléance n’est pas acceptée par les autorités. « Si l’État ne nous écoute pas, nous allons, pour notre deuxième acte, bloquer les voies pendant trois et cela à Kayes, Kolokani, Kati, Didiéni et Diboli », menace Mamedy Dramé.

Ces jeunes se disent très engagés et rien ne les empêchera de battre le pavé de la mobilisation pour se faire entendre par un gouvernement qui préfère la propagande à la place de réalisations concrètes.

Boureima Guindo

Source : Le Pays

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