La COMADDH réunit des experts autour de la question de l’esclavage au Mali

Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, la Coalition Malienne des Défenseurs des Droits Humains (COMADDH) a organisé le 02 Décembre 2019, une conférence débat sur le thème: Le Mali et l’esclavage: Quelle perspective?

La conférence qui s’est tenue à la Maison de la presse était co-animée par Abdoulaye Macko, président de l’association TEMEDT (TEMEDT est une association qui lutte pour l’abolition de l’esclavage par ascendance au Mali) et le procureur Mamadou Kassogué.

Les victimes de l’esclavage sont massivement sorties pour échanger avec des experts de la question de l’esclavage au Mali. Au cours de la conférence, le président de TEMEDT, Abdoulaye MACKO, a dressé l’historique de la pratique de l’esclavage au Mali. il a cité quelques cas d’esclavage au Mali. Il a fini son allocation par dire que la pratique de l’esclavage constitue un frein pour le développement et ternit l’image de Mali. Abdloulaye Macko a également souligné que les objectifs de lutte de TEMEDT n’ont pas été atteints mais que TEMEDT a réussi à faire bouger les lignes car le sujet était tabou au Mali, mais on en parle maintenant et de façon publique.

Le thème portant sur le cadre juridique de l’esclavage a été développé par le procureur, Mamadou Kassogué qui a le premier juge qui a poursuivi l’auteur des faits de l’esclavage en exploitant certaines dispositions du code pénal malien. Selon M.kassogué, Il n’y a pas une loi spécifique au Mali pour punir les esclavagistes, mais souvent la justice trouve des astuces pour les punir en exploitant certaines dispositions législatives et règlementaires au Mali, telles que: les coups et blessures volontaires, le travail forcé, le mariage forcé etc…

La constitution du Mali de 1992 a également consacré la sacralité de la vie humaine. La loi sur la traite des personnes et les pratiques assimilées peut aussi être exploitée car elle prend en compte l’exploitation économique. Il faut lever le tabou sur l’existence de l’esclavage au Mali car, le phénomène est une réalité au Mali et fait beaucoup de victimes a affirmé M. Kassogué.

Le partenaire ABA ROLI qui accompagne les organisations de la société civile dans la lutte contre le phénomène a parlé des actions qu’il mène en faveur des organisations dans le cadre de la mise en œuvre des stratégies de lutte contre l’esclavage au Mali.

La journée Internationale pour l’abolition de l’esclavage commémore l’adoption par l’Assemblée Générale des Nations Unies de la convention pour la répression et l’abolition de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui du 02 Décembre 1949.

L’objectif de cette journée est d’éradiquer les formes contemporaines d’esclavages telles que la traite d’êtres humains, l’exploitation sexuelle, le travail des enfants, les mariages forcés et le recrutement forcé d’enfants dans les conflits armés.

Pour éradique ce phénomène fortement ancré dans les réalités maliennes, il importe de mettre en œuvre des actions robustes, y compris l’adoption d’une législation le réprimant. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’organisation de la cette conférence qui a pour objectif de créer les conditions favorables à l’adoption d’une législation réprimant l’esclavage et les pratiques assimilées au Mali.

La conférence visait de façon spécifique à cerner la journée internationale pour l’abolition de l’esclavage; comprendre l’esclavage et les manifestations de l’esclavage au Mali; s’approprier le cadre juridique national de lutte contre l’esclavage; connaitre les actions de lutte pour l’abolition de l’esclavage et identifier des éléments de propositions de lutte contre la pratique de l’esclavage.

Fsanogo

Source: Autre Presse
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