Contre la félonie, le carriérisme et la prévarication: les juges décident d’aller au front

Les deux syndicats de la magistrature juges déclarent la guerre à la félonie, au carriérisme et à la prévarication

Après plus de 100 jours de grève illimitée, entamée le 25 juillet 2018, les deux syndicats de la magistrature (le Syndicat autonome de la magistrature (SAM) et le Syndicat libre de la magistrature (SYLIMA)) avaient tenu ce jeudi 1er novembre 2018 à la Cour d’Appel de Bamako, une Assemblée générale extraordinaire souveraine. Entre autres décisions, les juges avaient accepté « la main tendue du président de la République tant qu’à sa promesse de mettre les magistrats dans les meilleures conditions de vie et de travail en tenant compte de la sécurité des tribunaux et lui renouvelle par la même occasion notre confiance ». Et le porte-parole des deux syndicats, Mamadou Kassogué, d’annoncer la suspension du mot d’ordre de grève et invité les magistrats à reprendre le travail dès le lundi 5 novembre 2018 à partir de 7h30 minutes. Toutefois, les magistrats ont décidé de boycotter l’audience solennelle de la rentrée des Cours et Tribunaux prévue le 22 novembre 2018, tant que Nouhoum Tapily demeurera président de la Cour Suprême. Estimant cette revendication toujours non satisfaite, les deux syndicats déterrent la hache de guerre à l’annonce de la tenue de la rentrée judiciaire prévue le lundi prochain 18 novembre 2019. Dans un communiqué rendu public, ce 10 novembre 2019, le SAM et le SYLMA « invitent les Magistrats ainsi que leurs amis à boycotter la Rentrée Judiciaire du 18 novembre 2019 ». Voici le communiqué in extenso :

COMMUNIQUE CONJOINT SAM-SYLIMA N° 08
Le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) ont appris que la Rentrée Judiciaire 2019-2020, événement annuel majeur dans la vie des gens de robe, est prévue pour le 18 du mois courant au siège de la Cour Suprême du Mali sise à Banankabougou, zone Bollé.
Le SAM et le SYLIMA, respectueux de la volonté de leur base commune, informent les Magistrats du Mali de ce qu’ils ont refusé de participer aux travaux de la commission d’organisation de cette cérémonie organisée par la Cour Suprême, ils rappellent à leurs preux militants que, pour mémoire, l’Assemblée Générale Extraordinaire souveraine en date du 1er novembre 2018 a engagé les Magistrats à boycotter toutes activités de la Cour Suprême de notre pays tant qu’elle continuera à être présidée par Monsieur Nouhoum TAPILY.
La Magistrature malienne continue à ruminer le traitement, peu amène, qui lui a été réservé par certains de ses interlocuteurs lors du mouvement de grève passé et cela avec, curieusement, la complicité active de certains de ses propres fils avec à leur tête l’actuel plus haut magistrat professionnel du Mali. Aussi, se souvient-elle du déni de justice dont elle est l’objet par le blocage systématique des procédures qu’elle initie à la plus haute juridiction. La constance dans l’action oblige au souvenir, dans ces conditions, pour que plus jamais la corporation ne serve de tremplin pour les félons portés par, exclusivement, le carriérisme et la prévarication.
Le SAM et le SYLIMA, tout en se félicitant de la réconciliation progressive du Peuple avec sa Justice, invitent les Magistrats ainsi que leurs amis à boycotter la Rentrée Judiciaire du 18 novembre 2019. Ils les engagent, enfin, à plus de vigilance et de professionnalisme.

Bamako, le 10 novembre 2019.
Pour le Comité Directeur du SAM
Le Vice-président
Bourama Kariba KONATE
Pour le Bureau Exécutif du SYLIMA
LePrésident
Hady Macky Sall

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