Journée Internationale des Droits de l’Enfant L’UNICEF et les enfants du Mali soufflent la 30ème bougie de la CDE

Journée Internationale des Droits de l’Enfant L’UNICEF et les enfants du Mali soufflent la 30ème bougie de la CDE

20 novembre 1989- 20 novembre 2019,cela fait 30 ans que la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) a été adoptée par l’Organisation des Nations Unies. Un traité qui garantit la protection et l’épanouissement des enfants du monde entier dans un cadre propice. Pour la commémoration de cette journée au Mali, l’Unicef a organisé une cérémonie de vernissage, d’exposition d’arts et de multimédias au complexe culturel Blonba. C’était en présence du Dr Diakité Aïssata Kassa Traoré, Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, la représentante de l’Unicef au Mali, le représentant de l’organisation Internationale Save The Children et d’autres personnalités.

C’est au cours d’une cérémonie riche en couleur que les enfants ont lancé, à travers le chant, le slam, des projections et une table ronde, un cri de cœur pour le respect de leurs droits universels au  Mali.

Des prestations qui ont touché la sensibilité de l’assistance. La ministre  Diakité Aïssata  Kassa Traoré a donné le ton à travers une visite guidée au cours de laquelle, elle a admiré les œuvres d’art produites  par les enfants. Visiblement enchantée, elle n’a pas tari d’encouragement à l’égard de cesderniers à travers des mots et des gestes d’affection.

L’Unicef estime qu’au Mali, plus de deux millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans sont en dehors du système scolaire pour des raisons liées à l’insécurité, à la pauvreté des ménages, au travail des enfants, au mariage précoce  et au manque d’école de qualité à proximité des foyers. Un enfant sur deux reçoit tous les vaccins de base. Une fille sur deux est mariée  alors qu’elle est encore enfant. Ainsi, elles sont exposées à des  risques  d’abandon scolaire, à la violence et aux décès en raison des difficultés  liées à l’accouchement.

Cependant, depuis la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant, le Mali a fait des progrès notoires pour garantir les droits de l’enfant. « En 2019, les enfants de moins de cinq ans sont deux fois moins susceptibles de mourir qu’il y a 30 ans. Ils sont de plus en plus nombreux à fréquenter l’école et à l’achever. Des progrès ont été faitségalement au niveau législatif  comme la création du parlement des enfants et la récente réforme de la santé qui donnera des soins gratuits au moins de 5 ans« , a souligné Eliane Luthi, la chef de la communication pour Unicef-Mali.

L’impact de la crise sécuritaire sur les  »touspetits »

Le dernier rapport de l’Unicef montre que le nombre de violations graves commises à l’encontre des enfants a augmenté de façon exponentielle en 2019. Notamment suite à la dégradation de la situation sécuritaire dans le centre et le nord du pays. « Des attaques ont causé la mort de centaines d’enfants. Plus de 800 écoles sont fermées, touchant près de 250 000 enfants. On note également une augmentation du nombre d’enfants enrôlés dans les groupes armés », a indiqué Eliane Luthi.

Face à ces problèmes, l’Unicef, en partenariat, avec le gouvernement malien a initié des solutions immédiates et résilientes qui serviront de tremplin pour le respect des droits de l’enfant. Sur cette base, un espace d’apprentissage temporel a été mis en place pour permettre aux enfants dont les écoles sont fermées de continuer leur apprentissage dans une structure avec des encadreurs volontaires. Des mécanismes innovants tels que les enregistrements audio et la formation des enseignants par tablette ont été élaborés pour assurer la formation à distance. « Aussi, travaillons-nous avec le gouvernement pour faire un plaidoyer en faveur de l’adoption de certaines lois clés comme le Code de protection de l’enfant révisé qui prend en compte les besoins de tous les enfants vulnérables et que l’âge de mariage soit rehaussé de 16 à 18« , a déclaré Eliane Luthi.

Pour le représentant de l’Organisation Internationale Save The Children, la célébration de cette journée doit être une occasion pour tous les acteurs de faire le point par rapport aux progrès réalisés depuis l’adoption de la Convention relative aux droits de  l’enfant et voir le chemin à parcourir. « Donc tous les acteurs sont interpelés pour redoubler d’efforts pour que tous les enfants puissent jouir des droits inscrits dans la CDE », a-t-il lancé.

Au cours d’une interview, le Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diakité Aïssata Traoré a souhaité une bonne fête à tous les enfants du monde particulièrement ceux du Mali avant de s’adresser aux enfants en ces termes : « je demande à nos enfants de porter le regard aussi sur leurs devoirs, car devoirs et droits vont de pair « .

Moussa Bilaly SIDIBE, stagiaire

Source: l’Indépendant

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