Journée de prières pour le Mali : Entre bénédictions et interpellations

Face à la dégradation de la situation sécuritaire du pays, le Haut Conseil Islamique s’est réuni en meeting hier, dimanche, au Stade du 26 Mars. C’est devant des milliers de fidèles que l’Imam Dicko a formulé des prières et a interpellé les autorités et les populations sur leurs responsabilités.

Les 60.000 places du Stade du 26 Mars étaient toutes occupées. La pelouse était noire de monde. À l’appel du Haut Conseil Islamique du Mali, les fidèles musulmans, de Bamako et environnants, ont afflué. Ils étaient là pour «prier pour le retour de la paix au Mali ». « Je suis arrivé ici, hier un peu avant la tombée de la nuit. J’ai passé la nuit sur place de peur de ne pas perdre de place. Je ne me suis pas trompé ; car, déjà, à 7 heures du matin, le Stade était plein », dit très ému, Moussa Koné. Ce qu’il dit était facilement vérifiable sur place. Dans les alentours du Stade et dans la cour, ils étaient plusieurs centaines, à se contenter de leurs transistors pour écouter ce qui se disait à quelques mètres d’eux. «Je suis arrivé aux environs de 9 heures, malheureusement le Stade était plein. Je suis, donc, obligé de rester au-dehors pour écouter ce qui se dit sur ma radio. Mais je ne me plains nullement pas; car, je suis satisfait que ce soit une réussite».

Ce sentiment de fierté suite à la forte mobilisation de la communauté musulmane est aussi partagé par le Président du Haut Conseil Islamique, Mahmoud Dicko. Il a, dans son discours, salué la forte mobilisation des musulmans pour la « cause du Mali ».  Il a appelé les uns et les autres à formuler des prières et des bénédictions, à réconcilier les cœurs et les esprits afin de regarder dans la même direction. «La situation sécuritaire de notre pays mérite qu’on se concerte, que  nous regardions tous dans la même direction pour que nous puissions aller ensemble vers la paix. Seule une union sacrée peut nous permettre de sortir de cette situation», a-t-il dit.  Il n’a pas manqué d’interpeller les autorités et les populations à faire face à leurs responsabilités.

À l’endroit des autorités, il se fera moins tendre; car, si celles-ci ne prennent pas les décisions qui s’imposent pour changer la donne, d’autres le feront.

Le Haut Conseil Islamique dit constater avec amertume la dégradation de la coexistence pacifique qui avait toujours prévalu entre les différentes communautés sur le même espace et la multiplication des foyers de conflits intercommunautaires avec son lot quotidien de pertes en vies humaines. Il interpelle le Gouvernement en lui demandant de jouer «pleinement» son rôle régalien de protection des personnes et de leurs biens.

Le Haut Conseil s’étonne que le Régime, malgré le soutien de la communauté internationale, n’arrive pas à endiguer la crise sécuritaire.

Aux populations, le Haut Conseil demande en plus des prières  puis exhorte toutes les communautés en conflit à privilégier les mécanismes de résolutions traditionnels et  religieux des conflits en lieu et place des armes.

C’est sur une lecture de « Fatiha » collective que les fidèles musulmans se sont quittés tout en espérant que leurs prières seront exaucées.

Mohamed Sangoulé DAGNOKO

LE COMBAT

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