INtox et désintox: Djebo, une équanimité turpide

Après avoir subi de plein fouet la défiance de l’opinion nationale, du Nord au Sud, alors que tout est loin de rentrer dans l’ordre, Djebo fait un loupé tintamarresque. Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DESINTOX de construction massive.

Lisez les croustillantes PEPITES de la semaine.

Un loupé tintamarresque
INTOX
Rarement à son avantage, totalement désarçonnée en pleine rébellion des populations en raison d’une impéritie avérée, d’un flagrant délit de mensonge, Djebo bénéficie d’un armistice non d’une amnistie. Appuyant à fond sur cette grâce inespérée, gambergeuse professionnelle, elle cède à une orgie verbale dans les colones de notre confrère ‘’L’Essor’’. ‘’À ses dires, dès que ces agitations ont pris chemin, son département et le gouvernement n’ont ménagé aucun effort pour chercher à satisfaire les cahiers de doléances des manifestants’’.

DESINTOX
Pourtant le tableau est toujours très loin d’être glamour. Les routes sont toujours aussi cauchemardesques, y compris dans la capitale où le gravier a remplacé le bitume avec son corollaire de nuages de poussière provoquée, incitant à croire que les efforts pour satisfaire les cahiers de doléances des manifestants n’étaient que du faux-semblant. Ce, face à un niveau de mécontentement qui a pulvérisé tous les records en matière de demande d’infrastructures routières. Sacré Seynabou qu’il faut aiguillonner pour la sortir du confort de l’inéficcité dans laquelle elle s’est vautrée. Ainsi, sans les manifestants, elle se la coulerait douce profitant des robustes suspensions de ses puissants 4X4 pouvant défier toutes les routes, avec une équanimité à faire pâlir les plus altruistes. Avez Djèbo, ‘’demandez et et vous recevrez’’ n’est que vain espoir. Au moins, elle aura eu le mérite d’avoir bien assimilé cette citation de Henry QUEUILLE : ‘’il n’est aucun problème politique qui ne puisse se résoudre par l’inaction’’.

La magicienne illusionniste
INTOX
‘’Pour les chantiers en pleins travaux, Seynabou Diop rassure que le taux de réussite se pointe à hauteur des souhaits’’.

DESINTOX
Du n’importe quoi ! Le délai d’exécution, on connaît ; le délai consommé, on connaît ; le taux de réalisation des travaux, on connaît. Mais le taux de réussite sort directement de l’imagination débordante d’un ministre en échec sur toutes les routes.
À hauteur de souhait, voilà encore une de ces inepties serinées à l’emporte-pièce. À hauteur de souhait de qui ? Des bénéficiaires des ouvrages ou des tripatouilleurs qui font tout et rien en même temps ? Les inspirations et le talent de prestidigitateur de Djebo doivent lui valoir une place au panthéon des magiciens légendaires tels Harry Houdini, Val Valentino, le magicien masqué. Devenue ministre, sans aucun backbrouund politique connu et reconnu, elle est d’une faculté d’adaptation époustouflante qui donne raison à Grézel Christian qui dit : ‘’l’homme politique est devenu si habile manipulateur qu’il se rapproche de l’illusionniste’’. Sournoisement, la championne olympique carrosse les routes sans GPS ; destination inconnue. Dans le flou artistique, il est difficile d’appliquer une grille de lecture aux actions pouvant être mises à son compteur personnel. Belle astuce que de faire le choix du cliché pour les chantiers non cités et les taux de réussite non quantifiables.

La boulimie
INTOX
‘’Pour elle, les 7% du budget alloué à son département ne sont pas peu, mais nécessitent toujours une majoration pour répondre aux attentes désirées auprès des populations bénéficiaires des prestations’.

DESINTOX
L’appétit venant en mangeant, on devient de plus en plus boulimique, on veut des sous, encore et encore. On en vient à se perdre dans les détails. 7% du budget, ce n’est pas suffisant. C’est trop facile de noyer son incompétence dans un alibi aussi galvaudé qu’est le manque de moyens financiers. C’est de l’eau sur des plumes de canard pour les Maliens. Cette mayonnaise ne prend plus. Djebo devrait plutôt avoir à l’esprit que pour accéder au pouvoir, c’est ‘’un Mali émergent’’ que son employeur a promis aux Maliens. Alors, débrouillez-vous pour le réaliser, mais tout sauf tympaniser les Maliens avec des plaintes et des complaintes viles. De bonnes routes participent de l’avènement de ce ‘’Mali koura’’, ce nouveau Mali. Djebo doit convaincre sur l’utilisation judicieuse des 7% mis à sa disposition, avant de prétendre à quoi que ce soit d’autre. Parce que l’indigence de sa performance avec 7% du budget pose des problèmes de probité morale. Jamais dans l’histoire du Mali, l’on a connu des manifestations d’une telle ampleur pour exiger de bonnes routes. En l’espace de deux ans, les investissements colossaux consentis pour densifier le maillage du territoire se sont dérobés sous nos pieds et le ciel s’est écroulé sur nos têtes. La faute à un entretien routier par a coup et à de nouvelles réalisations plutôt parcimonieuses. Un conseil gratuit : Djébo pourrait exiger une opération redevabilité à ceux qui manipulent les sous récoltés aux postes de péages. Cela pourrait résoudre une grande partie de son problème de blé. Mais cela nécessiterait une bonne dose de courage, lorsqu’on sait que les loups ne se mangent pas entre eux. Mauvaise foi rime à part, il faut faire grâce aux Maliens de revendications aussi impertinentes tendant plutôt à calmer les crampes d’estomac.

La supercherie
INTOX
‘’Elle a, tout de même, précisé aussi que l’arrêt des travaux de la route de Tombouctou est survenu suite aux attaques terroristes en 2017 ayant occasionné d’énormes pertes chez l’entreprise’’.

DESINTOX
Il n’y a que les oies sauvages pour gober de telles sérénades. Attaques terroristes. Excellent alibi pour les cornichons, oui. L’insécurité n’a empêché personne d’aller battre campagne à Tombouctou au moment de la course effrénée au pouvoir.
Par ailleurs, la Force française Barkhane aménage et s’installe partout en République du Mali, sans en être incommodé. Depuis janvier 2019, l’armée française installe une nouvelle base à Gossi, dans la région du Gourma où pourtant les jihadistes règnent en maîtres absolus.
Mais, les travaux de construction de la route de Tombouctou sont arrêtés pour raison d’insécurité et il faut attendre deux ans pour réaliser que nous disposons de Forces armées et de sécurité à même de sécuriser la construction de ce tronçon. Non, l’alibi est si bancal qu’il devient accusateur. La preuve est là, à Bamako. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres du jeudi 12 avril 2018 a adopté : un projet de décret portant approbation du marché relatif aux travaux d’aménagement en 2X2 voies de la voie reliant le 3e pont de Bamako à la RN6, y compris la construction d’un échangeur au croisement de la RN6 et la réhabilitation de la section Tour-d’Afrique-Yirimadio de la RN6 ; un projet de décret portant approbation du marché relatif au contrôle et à la surveillance des travaux d’aménagement en 2X2 voies de la voie reliant le 3e pont de Bamako à la RN6, y compris la construction d’un échangeur au croisement de la RN6 et la réhabilitation de la section Tour d’Afrique-Yirimadio de la RN6.
Près de 2 ans après, on est à la phase de terrassement de ce chantier. Cela encore, parce qu’il y a eu des agitations des populations du Nord au Sud du pays. Encore qu’on n‘est pas certain que ledit chantier quittera de sitôt la phase de terrassement, parce qu’une première diversion avait eu lieu quand on a précipitamment déversé une couche de bitume non encore mise aux normes requises pour ce faire. À Missabougou, il n’ya pas de bandits armés qui enlèvent les engins des entreprises, il n’y a pas de jihadistes qui canardent les gens… On revient alors à ce qu’exigeait le Chef de file de l’Opposition : les autorités doivent dire la vérité au peuple. On a trop souffert des mensonges et des faux-fuyants.

Les jérémiades
INTOX
‘’ Selon elle, les difficultés pour réaliser les œuvres d’infrastructures routières proviennent de l’insuffisance des ressources. Pour mailler le pays de routes, nous avons besoin de 8000 km de routes dont la construction doit coûter au moins 6000 milliards de nos francs’’.

DESINTOX
Les ministres, ça sert à chercher le pognon pour réaliser le projet de société du Grand boss. Les ministres, ça n’est pas fait pour pleurnicher, se lamenter sur son sort. Rendus à ce stade, il ne leur reste plus qu’à dégager le plancher. Parce qu’un État failli ne peut absoudre les défaillances individuelles de ses ministres. Parce que les jérémiades et autres trémolos, les Maliens n’en ont que dalle. Parce que gérer un portefeuille ministériel ce n’est pas aller à Guindaille ; gérer et portefeuille ministériel, c’est trouver des réponses et non poser des problèmes. Parce que ce sont surtout de promesses dont il est question, à moins qu’il ne s’agisse de baradins monstrueux qui ont eu raison de la confiance aveugle d’une population pauvre hère déglinguée qui a voté massivement pour son bonheur et son honneur.

Une faiblesse atterrante
INTOX
‘’S’agissant de lutter contre la dégradation des réseaux routiers, Seynabou Diop préconise des mesures contre les surcharges sur nos axes avec l’application stricte et conjointe du règlement 14 de l’UEMOA (…)’’.

DESINTOX
Il ne restait plus que ça. L’autorité préconise. Mais à qui ? C’est l’étalge scandaleux d’une faiblesse consternante. Vous dites bien nos axes ? Donc, ils sont à nous et nous y appliquons les règles que nous jugeons nécessaires pour leur préservation. Vous dites bien règlement 14 de l’UEMOA ? Donc, les ressortissants de l’UEMOA qui sont nos principaux visiteurs sont concernés et y sont astreints. Le problème ? C’est l’autorité qui est faible, qui valse entre compromis et compromission avec les chargeurs dont les camions représentent un véritable fléau pour nos routes. Quand l’autorité est incapable de faire régner l’ordre et la discipline, vers qui va-t-on se tourner. Du commérage dans les colonnes d’un journal est loin d’être la panacée. Ce degré d’indulgence, préoccupant, tranche pourtant avec la réprobation massive de l’opinion. Le silence et l’indifférence valent presque complicité avec les fossoyeurs de nos axes routiers. Il y a un laxisme si effarant que l’on s’interroge si l’autorité n’est pas face à un choix cornélien : la mission d’intérêt général et le fauteuil de confort personnel. Bien sûr que c’est un faux dilemme, parce que comme disait Raymond Aron, Historien, Journaliste, Philosophe : ‘’le choix en politique n’est pas entre le bien et le mal, mais entre le préférable et le détestable’’.

Source : Info-Matin

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