#GrossesseReussie : sages-femmes, des pratiques inavouables dénoncées à Kayes

Certaines femmes enceintes dénoncent les conditions d’accueil et le traitement que leur réservent  des sages-femmes. Une sensibilisation et des mesures pour sanctionner s’imposent pour changer cette donne.

Dans la ville de Kayes, des structures sanitaires sont décriées à cause de l’attitude inhospitalière de certaines sages-femmes. Les femmes enceintes ont souvent peur de s’y rendre. C’est le cas de N. D., mère de 23 ans, ayant subi les pires affres de l’accouchement en 2018. Ce jour-là, elle était tombée sur des sages-femmes « négligentes », selon elle, de garde dans cette structure sanitaire publique. « Lorsque je suis arrivée, elles m’ont demandé de me coucher à même le sol. Nous étions une dizaine de femmes prêtes pour le travail. Dans la salle, nous étions seules plus tard, sans sages-femmes. Nos accompagnatrices ont été sommées de rester dehors », se souvient la jeune dame, qui vivait sa première expérience de maternité.

Diara, elle, a eu la malchance de tomber sur une sage-femme qui lui faisait croire qu’il fallait taper son ventre pour faciliter l’accouchement : « Elle a brutalement déchiré mon organe génital. Elle criait sur moi en me disant que lorsque je couchais avec mon mari, je ne criais pas », raconte-t-elle. « La respiration de mon bébé n’avait pas été bien contrôlée. Les coups que j’ai subis  de la part de la sage-femme ont fait que mon enfant est né sans vie. J’étais traumatisée ».

Des séquelles 

Pour sa deuxième grossesse, qui s’est bien passée cette année, elle est allée dans une clinique privée. Comme elle, de nombreuses femmes enceintes subissent ces pratiques de la part de certaines professionnelles de santé.  Mme Coulibaly habite le quartier Bencounda dans la « Cité des rails ».

Après une grossesse normale, elle s’était présentée dans une structure sanitaire pour son accouchement, en novembre 2019. Mais, le mauvais traitement des sages-femmes a failli coûter la vie à son nouveau-né. «Elles ont grièvement blessé le bras du bébé avec un outil lors de l’accouchement. Il nous a fallu plus de 2 semaines à la pédiatrie. Mon mari s’est endetté pour payer tous les frais. Jusque-là, mon bébé souffre des séquelles », confie-t-elle.

Sensibilisation et sanction

De même que les écoles de santé privées poussent comme des champignons, les stagiaires abondent dans les structures sanitaires, sans la moindre connaissance des règles d’éthique et de déontologie. En plus du manque de compétences, certaines n’ont pas de respect envers les patientes. Madame Traoré, vivant au quartier Plateau de Kayes, raconte son expérience. En juin 2020, la sage-femme qui devait s’occuper d’elle avait les yeux rivés sur son téléphone, « occupée à chercher les dernières nouvelles sur les réseaux sociaux ». « La sage-femme a laissé une stagiaire à mes côtés. Cette dernière, ayant constaté que je tardais à accoucher, est sortie pour aller jouer avec son téléphone. Seule dans la salle, j’ai commencé l’accouchement. Lorsqu’elle revenait, mon enfant était presque sorti », témoigne cette mère.

Pour mettre fin à ces pratiques, il est nécessaire de procéder à une sensibilisation accrue. Des mesures pour sanctionner doivent être prises à l’encontre du personnel soignant qui se rendrait coupable de telles fautes. Il faut également rehausser le niveau du plateau technique de nos structures sanitaires. Il est inadmissible que de simples lits d’accouchement manquent encore dans nos hôpitaux.

 

Source: benbere

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