Grande manifestation contre IBK : au moins 1 mort et 20 blessés dont certains dans un état grave

Des milliers de personnes ont à nouveau manifesté vendredi à Bamako contre le régime du président Ibrahima Boubacar Keita, à l’appel d’une coalition d’opposants, ont constaté des journalistes de l’AFP. C’est la troisième grande manifestation organisée en deux mois par la coalition du Mouvement du 5 juin, formée de chefs religieux, d’hommes politiques et de la société civile.

Les milliers de manifestants se sont retrouvés sur la Place de l’Indépendance, dans le centre de Bamako.“Le président de la République a déçu dans son dernier discours”, a déclaré à l’AFP Nouhoun Sarr, un responsable du mouvement de contestation. “Nous ne voulons plus de ce régime”, a de son côté affirmé une manifestante, Sy Kadiatou Sow.

Le président Keïta a vainement tenté mercredi soir un nouveau geste d’apaisement, ouvrant la voie à un réexamen d’une décision rendue par la Cour constitutionnelle sur les résultats des législatives de mars-avril, considérée comme déclencheur de l’actuelle crise politique. Ibrahim Boubacar Keïta a laissé entendre qu’une Cour nouvellement formée pourrait réexaminer cette décision invalidant une trentaine de résultats initialement proclamés.Une dizaine de ces résultats avaient été invalidés au profit de membres de la majorité présidentielle, à commencer par celui qui allait ensuite être élu à la présidence du parlement, Moussa Timbiné.

Le Mouvement du 5 juin réclame la dissolution du parlement, la formation d’un gouvernement de transition dont le mouvement désignerait le Premier ministre, ainsi que le remplacement des neuf membres de la Cour constitutionnelle, accusée de collusion avec le pouvoir.

La coalition, dont la principale figure est l’imam Mahmoud Dicko, réputé très influent, mène cette fronde contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, soutenu par la communauté internationale dans sa lutte anti-jihadiste depuis sa première élection en 2013. Cette contestation fait craindre aux partenaires du Mali un renforcement de la déstabilisation d’un pays déjà confronté depuis 2012 à des attaques jihadistes auxquelles se sont mêlés des violences communautaires. Les actions jihadistes se sont propagées au Niger et au Burkina Faso voisins.

La manifestation de ce 10 juillet 2020 a dégénéré quand les manifestants ont décidé d’assiéger des symboles de l’Etat comme l’ORTM, l’Assemblée nationale etc. La permanence du député fils du président, Karim Keita, en Commune II a été saccagée. L’Assemblée nationale a été aussi saccagé avec des documents emportés. C’est là-bas que les affrontements ont eu lieu avec les forces de l’ordre. Il y a eu des tirs à balles réelles qui ont fait des blessés dont certains sont graves. L’un d’entre eux a succombé à ses blessures à l’hôpital Gabriel Touré. Du côté de l’ORTM, les assaillants sont arrivés vers 16 heures. Ils ont envahi les locaux obligeant même la chaîne à interrompre ses programmes. C’est après que les forces de l’ordre sont venues les déloger. Au niveau de la tour d’Afrique, des détonations se faisaient entendre tard dans la nuit parce que les manifestants y avait allumé le feu. On constatait partout des barricades à travers la ville notamment sur le pont Fahd.

Au total, on dénombre 1 mort et 20 blessés dont certains dans un état critique. C’est un calme précaire qui règne à Bamako.

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