Fête du Ramadan : faux rendez-vous des tailleurs, retard des clients

La fête de l’Aïd el fitr se joue aussi dans les ateliers de couture où les relations entre tailleurs et clients sont tendues, très souvent, à cause des engagements non respectés. 

Mercredi 29 mai, à Senou, quartier périphérique de Bamako, il est 18h. Alors qu’on s’apprête à rompre d’un moment à l’autre le jeûne, Alou prépare les théières sous les ordres de son maître tailleur Dramane Sylla. Les théières sur les braises les accompagnent toute la nuit. Dans l’atelier de couture, des morceaux d’habits s’amoncellent sur le sol. « Le thé nous permet de tenir », lance Dramane, maître tailleur au grand marché de Senou.

Clientes trop exigeantes

Dramane Sylla et ses apprentis tailleurs travaillent presque 24h/24h en alternance, depuis déjà deux semaines. « On se donne toutes les chances pour satisfaire tout le monde, mais malgré cela certains de nos clients passeront la fête sans leurs habits. C’est aussi parfois leur faute, parce qu’ils déposent tardivement leurs habits », ajoute Dramane.

Dans son atelier, il me présente Aminata, une mère au foyer venue le supplier pour qu’il accepte ses habits, à seulement 5 jours de la fête. Cette dernière explique son retard par un manque de moyens pour acheter à temps les pagnes de ses enfants. Avant de venir ici, 3 ateliers de couture ont refusé de prendre ses habits.

Le bruit des machines à coudre s’entremêle  à la musique. C’est presque la même ambiance dans tous les ateliers de couture actuellement, même à Bamako. Ils travaillent nuit et jour pour satisfaire leur clientèle.

Clients de dernière minute

Pour Alassane Cissé, étudiant à la Faculté de droit privé, maître couturier également,  il est  difficile de respecter tous les rendez-vous, parce que jusqu’à la dernière minute les gens continuent de venir. Au moment de déposer les habits, certains vont aller jusqu’à dire : « Pas de souci si tu ne parviens pas à le faire d’ici la fête ». Pourtant, certains viennent en faire tout une histoire. Alassane est catégorique : « Pour ma part je refuse de prendre les habits dés le 20ème jour du mois de ramadan. »

Pour la plupart des clients, quel que soit le moment où vous apportez les habits, il faut rester sur ses gardes. « Malgré l’assurance de mon couturier que j’aurais mes habits avant le jour de la fête, le rendez-vous était fixé le jour même de la fête à 10h et, comme par magie, il a disparu dès l’aube. Toute la journée, il a éteint son téléphone, il n’est réapparu qu’au troisième jour », confie Maimouna Coulibaly, qui garde ce souvenir amer de la fête de l’année dernière.

C’est vrai que beaucoup de tailleurs ne respectent pas les rendez-vous. Cependant, il faut prendre l’habitude de venir tôt dans les ateliers pour ne pas se retrouver sans ses habits le jour de la fête. Autre alternative :  le prêt-à-porter.

Source: benbere

 

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