Détresse et désarroi des Maliens en Mauritanie, Libye et en Algérie : -Le CSDM dénonce la « chasse à l’homme » et interpelle l’État malien -Amadou Koita invité à annuler son séjour de 10 jours aux États-Unis pour résoudre la situation de ces citoyens

Les responsables du Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM) étaient  face à la presse, le dimanche 14 juillet, au siège de ladite organisation. Objectif : non seulement dénoncer la  détresse et le désarroi  des Maliens de l’extérieur, notamment ceux installés en Algérie, Mauritanie et en Libye, mais aussi interpeller le gouvernement malien sur la situation déplorable de nos compatriotes dans ces pays. C’était sous l’égide de Cherif Mohamed Haidara.

 

Partis à la recherche d’un lendemain meilleur, des Maliens traversent des moments très difficile en Algérie, en Libye et en Mauritanie. Ils sont dans une détresse totale et ont besoin de l’implication de l’État malien pour être sauvés. Face à cette situation, le Conseil supérieur de la diaspora malienne ne croise pas les bras. Il fustige ce que vivent ces Maliens dont il défend les causes nuit et jour, et invite le gouvernement  à  assumer sa responsabilité.

Dans son exposé, le CSDM se dit indigné face à la situation de « chasse d’homme » que vivent les Maliens de la  Mauritanie. Après avoir évoqué les efforts fournis par le CSDM au niveau local comme au niveau national, M. Cherif Mohamed Haidara déplore le silence des autorités maliennes face à cette situation. «Nous pensions que les autorités gouvernementales de notre pays entreprendraient des démarches appropriées vis-à-vis de ce pays frère, pour soulager le calvaire permanent de détentions journalières de nos compatriotes », a-t-il déclaré   avant de déplorer : «  Nous avons le regret de constater que rien a été fait et pire encore, la situation s’est généralisée avec des conditions de détentions de plus en plus dramatiques ».

Parlant de la Libye, le président du CSDM affirme que la situation est beaucoup plus préoccupante et même insoutenable. « Les populations noires d’Afrique dans leur globalité n’y ont aucun égard ; 120 d’entre elles ont été récemment arrêtées et égorgées comme des moutons sacrificiels, sans qu’intervienne aucune réaction publique à l’image de ce drame », déplore l’organisation qui défend les intérêts des Maliens de l’extérieur. À en croire M. Haidara, le président du CSDM de tripoli,  Aliou N’DAOU, a été assassiné. Pour le CSDM, le silence des autorités maliennes est inacceptable face à cette situation gravissime.  « Face à une telle situation gravissime, le silence assourdissant des autorités de la République devient incompréhensif », a laissé entendre le 1er responsable du CSDM face à la presse. Ce n’est pas tout, Cherif M. Haidara a dénoncé la « traite négrière » dans laquelle la vie d’un Malien « ne dépassait guère 200.000 de nos francs ».

La situation des Maliens s’est, selon le CSDM, aggravée les 13 et 14 juillet en Algérie. «Par ailleurs, depuis hier 13 juillet, jusqu’à ce jour 14 juillet, plus une minute ne passe, sans que nous ne soyons assaillis d’appels téléphoniques et de messages vocaux de nos compatriotes vivant en Algérie et gravement atteints dans leur être, par l’aggravation de leur situation sécuritaire », a précisé Cherif Mohamed Touré,  qui a laissé entendre que plus de 60 Maliens ont été arrêtés et  conduits dans un camp de gendarmerie d’Alger,  situé dans le quartier DEL IBRAHIM. « Ils ont tous été arrêtés à leur domicile et transportés manu militari vers ce camp, légèrement habillé et sans aucun effet personnel, ni même leurs ressources financières durement acquises restées à leur domicile », nous informe le président du Conseil supérieur de la diaspora malienne. Pis, le nombre d’arrestations pourrait, selon le CSDM,  évoluer à la hausse, en raison de l’arrivée de vagues successives dans le camp. Les premières personnes arrêtées ont été nourries par cette organisation malienne de défense des droits des Maliens de la diaspora. «Grâce à la magnanimité du CSDM, la première vague d’arrestations a pu trouver à se nourrir, depuis hier, jusqu’à aujourd’hui »,  a déclaré le président du CSDM.

En dehors de ces trois pays, les Maliens de la diaspora souffrent aussi en France, selon le CSDM. « À ces situations dramatiques et inquiétantes, s’ajoute celle de France, qui vient, elle aussi, de renvoyer de son territoire, une vingtaine de nos compatriotes », déplore le conférencier très furieux.

Le CSDM interpelle le gouvernement malien

Cherif Mohamed Haidara et ses camarades ne se sont pas limités aux dénonciations des souffrances de leurs compatriotes. Ils ont fortement interpellé le gouvernement malien. «Notre seul objectif était de faire en sorte que les plus hautes autorités de notre pays puissent entendre  l’appel de détresse à elles envoyée par nos vaillants soldats économiques atteints dans leur dignité », a précisé le président de l’organisation. Ce qui a causé la frustration  du CSDM, c’est la décision du ministre de la tutelle, Amadou Koita,  d’effectuer un séjour de 10 jours aux États-Unis, du 18 au 28 du mois en cours, aux frais du contribuable malien. « Si ce voyage se maintient, nous sommes fondés à poser la question de l’utilité du département ministériel chargé des Maliens établis à l’extérieur dont la vocation première et apparente est leur protection avec leurs biens », a martelé le premier responsable du CSDM. Il exige donc, du  ministre Amadou Koita et des autorités au sommet de l’Etat, de gérer le dossier avec  diligence. Le ministre Amadou Koita devrait suivre  l’exemple de son collègue Ibrahim Abdoul Ly, ministre en charge des Transports et de la Mobilité urbaine, qui s’est personnellement impliqué en effectuant une visite officiel au Sénégal pour décanter  un fâcheux incident suite au dérapage d’un camion malien. Koita doit s’impliquer d’avantage pour résoudre les problèmes des Maliens vivant à l’extérieur plutôt que de passer un séjour luxueux au compte du contribuable aux Etats-Unis.

Avant de terminer, le CSDM promet de « servir, sans se servir et défendre nos compatriotes où qu’ils soient, quoi qu’il lui en coute ».

Boureima Guindo

Le Pays

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