Supplément culture: INA Star À L’ÉCOLE DE LA MUSIQUE D’ORCHESTRE

Dans le but de lier les cours théoriques à la pratique, l’Institut national des arts de Bamako (INA) dispose de nombreux ateliers dont celui de la musique d’orchestre. Ce dernier semble le plus connu hors les murs de l’établissement. Dénommé INA Star, l’orchestre a profité de l’exposition médiatique depuis de nombreuses années avec des célébrités comme Habib Koïté, Cheick Tidiane Seck, Oumar Koïta. Cet orchestre s’est illustré ces dernières années lors des éditions 2008 à Kayes, 2010 à Sikasso de la Biennale artistique et culturelle.


Sous l’égide de l’actuel directeur artistique, Abdramane Keïta, professeur de musique, l’orchestre de l’INA a fait sa mue afin d’être plus présent sur la scène artistique nationale à travers des représentations dans des événements comme le Festival Jazy Koumben, Spot on Mali. Aussi, il se produit souvent à l’Institut français du Mali.
« Nous tentons d’entretenir la flamme de la musique d’orchestre allumée par nos professeurs à nous que sont : Ibrahima Diombana dit Barbus, Massamou Wélé Diallo, Fernand Coulibaly, Modibo Traoré dit Franky », indique Abdramane Kéïta. Cette formation est un instrument pédagogique à la fois pour les professeurs que pour les élèves.
Sur le plan historique, il faut indiquer qu’il a d’abord été considéré comme un orchestre d’expérimentation. Les élèves de la section musique s’amusaient dans les années 1976 et 1977 avec un vieux piano de marque Pleyel déposé dans la salle d’intonation, explique Fernand Coulibaly, professeur de musique.
La salle était dirigée par le professeur de chant, un expatrié français du nom de Jean Revez. Cette salle a commencé à avoir du succès car à chaque recréation élèves et maîtres s’y retrouvaient pour écouter la musique. En effet, Fernand Coulibaly jouait très bien des morceaux du Super Biton national de Ségou et d’autres morceaux bien connus.
L’idée de la création d’un orchestre a commencé à germer. Mais avec quels moyens ? Les élèves qui étaient très intéressés apportèrent quelques instruments de musique. Il a donc fallu l’appui de l’ONG canadienne qui appuyait les écoles en difficulté à travers le professeur de guitare Kalilou Traoré, également un ancien du célèbre orchestre Las Maravillas. Cette ONG acheta alors des instruments de musique flambant neuf.
Modibo Traoré dit Franky à la batterie, Fernand Coulibaly au piano, le chef d’orchestre était Massamou Wélé Diallo, un instituteur qui avait déjà de l’expérience dans ce domaine. Makan était à la guitare bass, Baco et Picasso, tous de la section art plastique étaient à la voix. L’orchestre s’est ensuite spécialisé dans l’animation de ce qu’on appelait à l’époque les ouvertures de foyer des établissements scolaires. « Nous étions très sollicités, car chaque samedi soir nous jouions » dans une école. L’orchestre a joué dans toutes les régions, exceptées Gao et Tombouctou.
Ainsi, en 1982, l’INA Star a été sollicité pour inaugurer la scène du Palais de la culture qui venait d’ouvrir. Malheureusement, cette scène n’était pas sonorisée et la prestation tourna court à cause des mauvaises conditions.
C’est après cela que Habib Koïté est arrivé. Il a été intégré comme soliste car il avait la main comme on le dit dans le jargon. Avec lui, l’orchestre commence les interprétations des musiques étrangères comme les morceaux de Bob Marley ou encore de Wilson Pikett. Ces musiques faisaient danser les jeunes à l’époque.
Vers les années 1986, les instruments de musique ont commencé à se détériorer. Et l’orchestre sombra dans l’anonymat. C’est en 1991 que le président de la Transition Amadou Toumani Touré décida d’offrir des instruments de musique à l’INA Star.
En 2010, ATT a encore remis des instruments à l’orchestre. Ces appuis ont permis de revigorer l’orchestre et d’offrir aux professeurs et aux élèves des outils d’apprentissage pour le bonheur de la création musicale dans notre pays.

Source: Essor

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