Sauvegarde, accessibilité et promotion des manuscrits anciens au sahel: Cas du Mali Une Consultation internationale prévue du 22 au 24 janvier à Bamako

Construisant sur les efforts entrepris et dans le souci de renforcer le cadre d’échange entre les acteurs impliqués afin d’aboutir à une plateforme pour une meilleure conservation et exploitation scientifique des manuscrits anciens du Mali, le Programme Mémoire du monde, en collaboration avec les bureaux de l’UNESCO à Bamako et à Dakar, organise une consultation internationale, du 22 au 24 janvier 2020, à Bamako. Cette consultation sera organisée conjointement avec les ministères de la Culture, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, l’Institut des Hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba et l’ONG Savama-DCI.

L’objectif de cette consultation est de contribuer au renforcement de la préservation, de l’accessibilité et de la valorisation des manuscrits anciens du Sahel, en général, et du Mali, en particulier, pour améliorer l’accès universel à la connaissance sur l’histoire écrite de l’Afrique.

Les manuscrits anciens du Sahel, en général, et du Mali, en particulier, constituent une source importante de savoirs et une documentation unique sur l’histoire de l’Afrique et du rôle prépondérant que cette région a joué dans le développement intellectuel, culturel et scientifique ainsi que dans la diffusion des savoirs. Ils rendent compte de l’évolution de la pensée, des découvertes et réalisations de la société humaine, et constituent le legs transmis par le passé à la communauté mondiale, présente et future.

Du Niger jusqu’en Mauritanie, en passant par le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal, pour ne citer que quelques uns, tous ces pays regorgent d’un gisement considérable de manuscrits anciens, trésors mémoriels dont l’identification, la préservation et la valorisation n’ont, jusqu’à présent, qu’été effleurées.

En 2012, l’occupation des régions du nord du Mali par des groupes armés s’est traduite par d’importants dégâts causés au patrimoine culturel du pays ainsi que sur les manuscrits anciens. Plusieurs milliers (4203) de manuscrits précieux ont été brûlés ou volés au sein de l’Institut des Hautes Études et de Recherches Islamiques Ahmed Baba (IHERI-AB).

Les communautés locales, organisées autour de l’ONG SAVAMA-DCI (sauvegarde et valorisation des manuscrits pour la défense de la culture islamique), qui constitue un réseau des propriétaires de bibliothèques privées, ont pu exfiltrer de Tombouctou, dans des conditions précaires, près de 95% des manuscrits de la région, dont 22.450 de l’IHERI-AB, grâce à l’appui technique et financier de nombreux partenaires.

De ces manuscrits exfiltrés, environ 377. 000, appartenant à plusieurs familles de Tombouctou et sa région, sont conservés par la SAVAMA-DCI à Bamako. En ce qui concerne les activités de sauvegarde des manuscrits, l’UNESCO et le Gouvernement du Mali, en étroite collaboration avec les acteurs culturels locaux, ont travaillé sur la réhabilitation des bibliothèques privées, la conservation physique des manuscrits à travers le nettoyage et la confection des boites de conservation, la numérisation des manuscrits, le renforcement des capacités professionnelles et institutionnelles ainsi qu’un travail d’inventaire ayant permis l’élaboration d’un répertoire des manuscrits.

Des actions visant à promouvoir l’accès au contenu des manuscrits anciens, à travers les études thématiques, ont été conduites par l’UNESCO dans le cadre de la phase II du Programme de Réhabilitation.

En octobre 2018, le travail exceptionnel et les efforts consentis par l’ONG SAVAMA-DCI, en concertation avec la population locale, pour la préservation et la valorisation du patrimoine écrit du Mali, a permis de sauvegarder près de 95% des manuscrits anciens de Tombouctou. Ce travail a été reconnu et récompensé par le Prix UNESCO/ Jikji Mémoire du monde, une première pour tout le continent africain.

B DIABATE

Source : l’Indépendant

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