Le ministre de la Culture, N’Diaye Ramatoulaye Diallo : Deux bonnes raisons pour se rendre dans la Cité des Askia

Lancement du projet de réhabilitation du tombeau des Askia. Don d’instruments de musique à l’orchestre régional.

 

Le ministre de la Culture, N’Diaye Ramatoulaye Diallo, a fait d’une pierre deux coups le lundi 10 mars dans la région de Gao. En effet, après avoir procédé au lancement du Projet de réhabilitation du tombeau des Askia, elle a remis des instruments de musique à l’orchestre régional de Gao en vue de renforcer les capacités des acteurs de la biennale artistique et culturelle.

Ainsi, dans la dynamique de mobiliser la communauté internationale afin d’aider notre pays dans ses efforts de protection des sites et monuments, le ministère de la Culture a sollicité l’appui de l’Alliance Internationale pour la Protection du Patrimoine dans les Zones en Conflit (ALIPH). Seul pays sélectionné sur le continent par le Conseil de la Fondation ALIPH, le Mali, à travers la Direction nationale du patrimoine culturel, a bénéficié d’un financement de 500.000 dollars. Ce montant est destiné à la réhabilitation du tombeau des Askia pour en assurer davantage la conservation et sa promotion par la valorisation de l’architecture traditionnelle.

Le lancement de cet important projet a fait l’objet d’une cérémonie dans les locaux du Gouvernorat de la région de Gao en présence de l’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, du Directeur Exécutif d’ALIPH, Valéry Freland, des membres du cabinet, des directeurs des services centraux et régionaux du département, des autorités coutumières de Gao, des artistes et experts des questions de patrimoine.

N’Diaye Ramatoulaye Diallo a remercié l’UNESCO et tous les partenaires techniques et financiers pour le dynamisme qu’ils ont insufflé aux activités de conservation et de promotion du patrimoine culturel dans le contexte de la crise, pour leur soutien technique et financier et leurs efforts visant à protéger en général le patrimoine culturel du Mali.

Construit en 1495 par Askia Mohamed à son retour du pèlerinage à la Mecque, a rappelé Mme N’Diaye, le tombeau est un témoin historique doublement unique, un exemple d’architecture soudano-sahélienne ancienne, mais aussi une marque identitaire de la Cité des Askia « Compte tenu de son importance à la fois historique, socioculturelle et architecturale, le tombeau des Askia a été inscrit à l’inventaire par Arrêté n°4179 du 16 décembre 1954 prononçant inscription des monuments naturels et des sites relevant du Ministère de la France d’Outre-mer, classé dans le patrimoine culturel national par Décret n°03-440/P-RM du 14 octobre 2003, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet 2004 ».

Selon N’Diaye Ramatoulaye Diallo, l’inscription du tombeau des Askia sur la liste du patrimoine mondial en péril, lors de la 36ème session du Comité du patrimoine mondial, tenue à Saint-Pétersbourg (Fédération de Russie) du 24 juin au 6 juillet 2012, suite aux atteintes graves portées à sa valeur universelle exceptionnelle, vise à mobiliser la communauté internationale afin d’aider le Mali dans ses efforts de protection des sites et monuments «Ainsi, le tombeau des Askia a été inscrit sur la liste des biens culturels bénéficiant de la protection renforcée le 8 décembre 2016 par la Décision n°11.COM 5.2. A cet effet, le gouvernement du Mali a obtenu de l’UNESCO une assistance internationale au titre du Fonds pour la Protection des biens culturels en cas de conflit armé. Je voudrais saluer ici, l’ensemble des efforts consentis par l’UNESCO et d’autres partenaires pour la mise en œuvre du Programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali ».

Pour le chef du département, ce projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique culturelle nationale, dont un des axes stratégiques est la protection et la promotion du patrimoine culturel. Laquelle est la traduction de la vision du Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, désigné par ses pairs de l’Union Africaine comme Coordinateur des Arts, de la Culture et du Patrimoine et le couronnement des efforts des hautes autorités du Mali en faveur de la protection et de la promotion du patrimoine culturel.

Revitaliser l’orchestre régional

S’agissant de la remise des instruments de musique à la région de Gao, la visiteuse de marque a soutenu qu’elle vise à revitaliser l’orchestre régional en vue de contribuer à la promotion de la diversité des expressions culturelles, à la création d’emplois et à la génération de revenus pour les artistes. «Ces instruments de musique contribueront sans nul doute à renforcer vos capacités et s’inscrivent dans une entreprise nationale de résistance culturelle au nihilisme et à l’obscurantisme » s’est-elle réjouie.

La visite du tombeau des Askia et des autorités administratives, politiques et coutumières de la ville a mis fin à la visite.

Bintou Diarra

 

Protection des sites et monuments : ‘’ALIPH’’ offre un nouveau visage au tombeau des Askia !

Initié par le ministère de la Culture, en partenariat avec la Fondation APIPH, le Projet de réhabilitation du tombeau des Askia à Gao a pour objet de consolider les piliers, d’alléger le poids du banco sur le toit, de renouveler toutes les charpentes et de renforcer l’ensemble des structures du bâtiment. Après son lancement le lundi 9 mars 2020 à Gao par N’Diaye Ramatoulaye Diallo, il a été présenté à la presse le jeudi 12 mars dans la salle de conférence du ministère de la Culture.

La rencontre avec les hommes de medias a eu lieu en présence du Secrétaire général du département, Yamoussa Fané, du Directeur général de l’Alliance Internationale pour la Protection du Patrimoine dans les Zones en Conflit -ALIPH- Valéry Freland, du Directeur national du patrimoine culturel, Falaye Coulibaly.

Le Directeur national du patrimoine culturel, à l’aide d’une projection vidéo, a édifié l’assistance sur les différentes menaces qui affectent le tombeau des Askia : les pluies diluviennes, l’érosion et l’occupation de la ville de Gao de mars 2012 à janvier 2013 par les groupes armés. Lesquels ont interdit tout entretien du monument qui a subi de nombreuses dégradations, notamment des fissures et des trous.  «A cela, s’ajoutent la vétusté des piliers et des bois de la toiture affaiblis par le poids des ans et l’alourdissement des bâtiments par couche de banco avec les crépissages annuels. Ces menaces réelles ont conduit le gouvernement du Mali à demander à l’UNESCO l’inscription du tombeau des Askia sur la liste du Patrimoine Mondial en Péril de la 36ème Session du Comité du Patrimoine Mondial, tenue en Russie en 2012». En vue de circonscrire les menaces et d’assurer la conservation durable, la gestion efficace et la promotion du tombeau des Askia, le ministère de la Culture, en partenariat avec la Fondation APIPH a initié le Projet de réhabilitation du tombeau des Askia à Gao. Il a pour objet de consolider les piliers, d’alléger le poids du banco sur le toit, de renouveler toutes les charpentes et de renforcer l’ensemble des structures du monument.

Côté impact, le Directeur national du patrimoine culturel a souligné que le projet va permettre une relance du tourisme culturel, une réelle dynamisation du site au bénéfice des populations et des visiteurs extérieurs, l’approfondissement de la connaissance de l’histoire et des valeurs du tombeau des Askia, etc.

Le Directeur d’ALPHI, Valéry Freland, s’est appesanti sur l’importance de ce projet. L’orateur a souhaité se mobiliser en Afrique car, le tombeau des Askia est un symbole culturel et religieux exceptionnel, non seulement pour le Mali, mais aussi pour le monde. «En effet, il est tout à la fois un symbole de l’islam érudit, de la résistance à l’extrémisme, de la transmission du savoir entre générations et du vivre-ensemble entre communautés ».

L’Alliance Internationale pour la Protection du Patrimoine dans les Zones en Conflit (ALIPH) a été fondée en mars 2017 à l’initiative de la France et des Emirats Arabes Unis, en réponse à la destruction massive des patrimoines culturels, en particulier ceux du Moyen-Orient et du Sahel. Depuis sa création, elle a engagé plus de 17 millions de dollars en faveur de 47 projets dans 14 pays.

B. Diarra

Le Challenger

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