La Nuit du Taman : Le concert de lancement du festival ce vendredi

Le tam tam est l’un des moyens traditionnels de communication qui résiste encore au temps. En Afrique, au Mali en particulier, il a longtemps servi d’instrument d’information dans les villages. Chaque percussion et chaque modèle avait une signification particulière et annonçait un événement heureux, malheureux ou un moment particulier de la vie sociale. À l’ère du village planétaire, cet instrument, qui se décline sous plusieurs formes selon l’appartenance culturelle et régionale des populations, a réussi à s’intégrer dans le monde de la musique venue d’ailleurs.

 

Au Mali, la tradition du griot et du n’taman, encore ancrée dans la société, se perpétue. C’est une réalité palpable pendant les cérémonies qui rythment la vie quotidienne. Dans le souci de faire valoir cette culture, un homme, Cheicknè Sissoko dit 5 Tamans, a créé le festival « La Nuit du Taman ».  Aujourd’hui à sa cinquième édition, cette fête culturelle se tiendra les 22 et 23 novembre 2019 à Bamako, au stade Mamadou Konaté de N’Tomikorobougou.

Organisée par l’Association Groupe Somanè de tamani tradition du Mali (AGSTTM), cette manifestation culturelle s’inscrit désormais au rang des événements culturels à ne pas manquer. Déclinée sous le thème « Rassemblement et Cohésion », cette édition prônera l’amour et le vivre ensemble.

L’une des principales innovations s’articule autour de la formation sur la manipulation du n’taman. Cette année, un atelier de cinq jours a été organisé pour une trentaine de participants. L’objectif de cet exercice est de transmettre un savoir-faire ancestral aux plus jeunes, afin d’assurer la relève, indique le coordonnateur du festival Levis Togo. Au sortir de cet atelier, un grand concert de lancement du festival va se tenir le 8 novembre à l’Institut Français du Mali : un moment de partage, de découverte, d’apprentissage, mais aussi et surtout de reconstruction culturelle autour de cet instrument, le n’tama, qui fait toujours partie de nos habitudes sociales.

Il s’agit donc à travers ce festival de repenser à la sauvegarde de ce patrimoine culturel particulièrement riche et varié. Héritier d’une famille de griots, c’est avec beaucoup d’émotion que Cheicknè Sissoko instaure, comme habitude, cette piqûre épidermique pour faire contempler et vivre les percussions de son instrument, logé dans la famille membranophone d’Afrique de l’ouest. Le tamani, n’tama, également appelé tama ou talking drum ailleurs, et tambour d’aisselle en Afrique de l’ouest, est un instrument d’origine mandingue dont seul le griot maîtrise la profondeur du rythme qu’il transmet. Sont attendus lors de cette édition Rokia Traoré, Babani Koné, Bassekou Kouyaté et pleins d’autres artistes du Mali et de la sous-région.

Idelette Bissuu

Journal du mali

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