Koulikoro : les immenses défis du tourisme

Dans l’idée de varier les destinations et permettre au tourisme malien d’être à nouveau sur les rails, les acteurs de ce secteur ont choisi Koulikoro comme destination pour célébrer la journée mondiale du tourisme 2019.

L’idée de décentraliser la journée mondiale du tourisme, chaque année, est salutaire. Car cela permet de faire découvrir le reste du pays et promouvoir le tourisme local. Après Woroni, Djenné et Médine, cette année, le département de l’Artisanat et du Tourisme a choisi  Koulikoro pour la célébration. Ce choix n’est pas fortuit. Cette ville, située à une soixantaine de kilomètres de Bamako, abrite un riche patrimoine culturel.

Durant trois jours, les délégations venues de divers horizons se sont abreuvées des valeurs culturelles et artistiques de la région.

L’initiative de Mali Tourisme est pertinente. Pertinente car la crise de 2012 a fait que notre pays, depuis quelques années, est à court de touristes : « Nous avons décidé de délocaliser pour faire connaitre davantage les potentialités de chacune de nos régions. Aussi, d’éveiller par ailleurs la conscience sur l’importance du tourisme, tant du point de vue économique, socio-culturel que politique », déclare Nina Wallet Intalou, ministre de l’Artisanat et du Tourisme.

Promouvoir le tourisme intérieur

Le Mali dispose de tout ce qu’il faut pour attirer du monde. Mais tout d’abord, il faudra prendre conscience de cela et s’en servir. Nous devons être en première ligne et faire la promotion de nos richesses en allant à la découverte du pays. Cela va aussi permettre de créer des emplois  dans les localités concernées.

Ce pays est désigné comme une zone interdite par beaucoup de pays occidentaux. Comment donc les faire changer d’avis ? « Chacun de nous doit être un ambassadeur pour la bonne cause et nous contribuerons à changer la couleur de notre zone », soutient la première dame, Keïta Aminata Maiga. Elle a aussi invité les Maliens à s’investir pour rendre le pays plus attractif.

Défis

Si beaucoup de Maliens aiment découvrir les sites touristiques du pays, les moyens financiers constituent souvent un obstacle à leur désir. Le coût de l’hébergement, de la restauration, du transport dépasse largement le salaire moyen. « On a vraiment envie de passer nos week-ends à visiter des endroits touristiques, mais cela nous coûte les yeux de la tête et ça décourage », se plaint Oumar Sow, professeur d’histoire et de géographie.

« Ce n’est pas de notre faute. Les taxes et impôts sont aussi chers ainsi que l’entretien des lieux. Le gouvernement doit revoir ce côté. En plus, je trouve que nos auberges coûtent moins chers par rapport aux hôtels de Bamako », réplique Issouf, gérant d’un campement à Siby.

Aussi, dans certaines localités, les prix des produits artisanaux prennent l’ascenseur quand les visiteurs arrivent.

La difficulté pour rallier les différents sites est également un facteur qui dissuade les potentiels touristes locaux. En période hivernale, l’accès à certains sites est quasi-impossible : « Les cascades de Siby constituent un lieu merveilleux, mais c’est difficile d’y aller car la route est impraticable », témoigne Aly. G. Selon lui, le gouvernement doit aménager des pistes conduisant à ces endroits.

Promouvoir le tourisme est bien possible, pourvu que l’Etat et les autres acteurs du secteur accordent leur violon.

Source: benbere
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