Crise sécuritaire: dénoncez la France, mais n’oubliez pas ses idiots utiles

Ayant condamné les précédentes tueries (Koulougon, Ogossagou), il va de soi, qu’exprimée ou non, ma condamnation de l’horrible barbarie de Sodame Da est claire et sans équivoque. Mais, faire des communiqués et déclarations pour condamner les massacres, et s’en tenir à cette formalité protocolaire, comme c’est le cas de nos personnalités et formations politiques, à l’instar des gouvernants, avec des visites sur site et aux blessés, des dons et bonnes paroles, et c’est tout, vaudra à tous de devoir répondre un jour devant l’histoire. Qu’avez-vous concrètement fait ?

 

J’ai entendu dire à la bouche d’un jeune activiste sur les réseaux que les massacres perpétrés par des groupes armés au centre du Mali n’étaient pas le fait de Maliens ; qu’aucun Malien n’était capable de pareilles atrocités sur d’autres Maliens, en particulier l’acharnement sur des femmes enceintes et leurs fœtus. C’est en partie vrai, car j’ai soutenu avec d’autres, également, des arguments similaires, pour corroborer l’intrusion d’éléments étrangers, de vils mercenaires à la solde, pour commettre ces crimes odieux, inconnus de notre peuple. Pourquoi dire donc que cette vérité l’est en partie ?

Protagonistes ?

C’est très simple, je voudrais mieux vous faire comprendre dans ce propos le rôle nuisible des «idiots utiles» de la France chez nous, aux allures innocentes, mais combien dévastateur. Explications.

Il ne suffit plus d’affirmer aux yeux du monde notre «innocence», il faut aussi la prouver pour que les pseudo-intellectuels sournois, qui nous pompent l’air d’arguties sur « nos propres responsabilités » la ferment définitivement.

Les Dogons sont reconnus dans leur histoire comme un peuple pacifique ; et, cela est indéniable, car ils ont façonné leur univers savant, de sagesse et de spiritualité, de symbolisme et d’humanité, dans un refuge géostratégique : les falaises, imprenables, pour y vivre une vie tranquille, loin de toute civilisation de violence et de terreur. Repli d’ascète.

Le Peul, nomade transhumant avec ses troupeaux, va aux autres, donc éminemment sur ses gardes, potentiellement belliqueux, surtout lorsque sa richesse et sa « raison de vivre », la vache, est en cause. Pétri dans la fougue, intrépide, il n’a pas peur d’affronter le danger, quel qu’il soit. Toute l’histoire et la chronique peules sont basées sur des figures de courage, de bravoure, de vaillance, où chaque jeune cherche sa place dans l’épopée du défi relevé. Ce Peul ne peut pas tomber dans la veulerie.

Aller s’attaquer à des innocents désarmés, des vieux, des femmes, des enfants et même des nourrissons, n’est autre que de la pure lâcheté ; une honte, insupportable pour le vrai sang peul. Les Peuls maliens n’en sont pas capables, pour avoir ensemble avec eux forgé le Mandingue, qui a pacifié toute l’Afrique de l’Ouest jusqu’à la route de la Mecque, du côté de Missira (l’Égypte).

Le peul n’est pas provocateur

Chose remarquable, si les nomades peuvent avoir une culture de conquérants pour des autochtones, les Peuls chez nous n’ont jamais été des pratiques de la razzia, vue chez d’autres. Au contraire, c’est l’État peul du Macina qui s’est fait un point d’honneur à étouffer radicalement toutes velléités de brigandage cyclique dans notre septentrion, jusqu’à l’apaisement.

Notre frère Peul, qui ne renonce jamais, je l’ai dit et écrit, qui paye la dette, ne s’attaque pas au premier innocent rencontré. Nous savons tous que si tu lui donnes un coup, il n’y a rien à faire… il va te rembourser. Il te cherchera, partout où tu iras, pour te le faire payer. Donc, dans cette logique implacable, c’est les véritables auteurs qui ont commis les tueries à Koulougon et Ogossagou qui seront la cible des « vengeurs » peuls et non de paisibles villageois, qui n’y sont pour rien, laissant vaquer les criminels.

Décision gouvernementale mal inspirée

Le Gouvernement répondra de sa responsabilité, par son décret sans objet d’abrogation (contestable et contesté) de récépissé de l’Association Dana Ambassagou de chasseurs dogons, tendant, sans enquête préalable (je souligne), à accréditer la thèse fortiche de culpabilité de cette dernière, avancée par les médias français, « la voix de son maître » ; lorsqu’il est clair que la France, on le sait, ne veut pas de la vigilance des donzos dans la région (taxés sournoisement de milice armée), présence et regard importuns pour qui veut valser en rond dans cette réserve convoitée.

La procédure gouvernementale laisse d’autant plus perplexe, par le caractère inique de l’acte, juridiquement nul et de nul effet, que dans la loi des associations, la dissolution qui en éteint l’existence légale est soit statutaire (lorsqu’une Assemblée Générale Extraordinaire est convoquée spécialement pour cet ordre du jour), ou judiciaire (lorsque le juge en décide sur des bases légales, fondées). Mais, réunir un Conseil de ministres pour statuer sur le retrait d’un simple acte de déclaration est un aveu d’impéritie. L’État a-t-il vraiment des conseils ? Nous y reviendrons.

L’association « Dana Ambassagou » l’a fait savoir, elle est dans la logique de s’auto défendre, de sécuriser les populations, en l’absence de forces régulières pour les protéger. Voilà trois à quatre hivernages qu’ils n’arrivent pas à cultiver, que le bétail est volé. Comment se nourrir ? Qui ne ferait pas pareil pour ne pas pâtir ? La sécurité avant tout. Moi, je suis d’accord, mais je pense aussi qu’il pourrait y avoir un tort. Pourquoi ?

Raisons d’une zizanie

Les donzos, société initiatique, ne sont pas constitués, jusqu’à preuve de contraire, sur une base ethnique, mais bien communautaire. Donc, la confrérie de chasse intègre des membres de tous les groupes en communauté de vie, au même lieu. Il est difficile dans cet espace de séparer Dogons et Peuls, tant ils sont intimement liés, dans des hameaux voisins, jalonnés sur de petites distances, ou cohabitant parfois dans le même patelin. Si le réflexe d’autodéfense avait été un mouvement collectif, mêlé, croisé, intégré, un étranger aurait difficilement pu s’infiltrer et semer la zizanie, le doute, la discorde, puis la haine. Cela note a priori une faiblesse dans la démarche de l’association incriminée. Mais,… (parce qu’il y a un mais).

Nous avons tous vu que le spectre du terrorisme «djihadiste» est venu dans cette région avec un visage peul, pour ainsi dire… peul étranger nous a-t-on dit, quand bien même le nom du prédicateur Amadou Kouffa était dans toutes les contrées. Puisqu’au début, ces intrus n’étaient pas du tout violents, les Dogons (comme les Bamabaras), n’avaient aucune raison particulière de s’en méfier ; cela est notre trait à nous sédentaires, dans un pays d’accueil. Bien au contraire, l’islamisation avait, ces derniers temps, gagné une grande force sur le plateau dogon, amenant de nombreux jeunes de la communauté à abandonner les pratiques ancestrales, jugées païennes.

Les Peuls autochtones, invariablement prudents, voire sceptiques, bien que non « Salafistes », car nourris pour la plupart de l’islam traditionnel soudanais, dont le Macina de Sékou Amadou fut le vivier, ont certainement dû se méfier, mais sont restés, selon toute vraisemblance, observateurs. On peut supposer que s’ils avaient approché leurs parents et voisins dogons pour exprimer leurs craintes devant cette évolution, ils allaient ensemble aviser, gérer, et tout aurait pu se passer autrement.

Antécédents d’une cohabitation

Mais, le problème, c’est que les nouveaux convertis dogons, moins liés à Sékou Salah, se font généralement adeptes du sunnisme wahhabite qui est prêché par ces étrangers-là. Une raison pour les Peuls de la plaine de rester méfiants et de voir en attendant. Mais, quand le djihadisme commence à sortir ses griffes, en ayant revêtu auparavant la silhouette du Peul, le Dogon est dans un dilemme compréhensible. Peut-il vraiment faire confiance au frère peul, le voisin de toujours, et même l’allié parfois (mariage), mais qui reste incurablement cachotier… amateur d’intrigues, prêt à se payer votre tête de sa blague, et même parfois… méchamment. Car ce qui n’est pas dit, c’est que la cohabitation Dogon- Peul n’a pas toujours été une lune de miel. Il y a eu des rapports inégaux mal vécus, et beaucoup de mépris du Peul pour ces hommes pacifiques, évitant toute belligérance, et acceptant pour cela le compromis.

Bien qu’il s’agisse d’un passé révolu, avec les nouvelles générations, des amis d’enfance continuent, dans un esprit de SINANKOUYA (railleries mutuelles autorisées) à se chahuter, là-dessus, et nos parents de Mopti nous ont habitués à ces scènes de joutes plaisantes. Malgré l’air de plaisanterie, parfois de mauvais goût, certes, quelques frustrations demeurent chez certains ressortissants du pays dogon, qui en ressentent une amertume, ce qui expliquerait certains complexes et préjugés tenaces entre des membres de ces communautés. Celui qui nous a tous colonisés, lui, le sait.

Le réveil des démons

Depuis les indépendances, la république a formé nombre d’enfants du pays pour en faire un personnel de l’État, des fonctionnaires. Le pays dogon compte de nombreux cadres dans tous les secteurs d’activités : administration, enseignement, médecine, justice, ingénierie, culture, sport, commerce, transport, industrie, artisanat… mais aussi dans l’armée. Et, quand les affrontements ont commencé dans la zone par des exactions contre les Peuls, assimilés aux djihadistes, il pesait le soupçon et se disait que les officiers de la communauté avaient armé des milices pour sévir. Cette même accusation fut portée en son temps contre le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga, qui, a-t-on entendu, en avait contre les Peuls. Pourquoi ?? Les populations de la zone, peule et dogon, voyant certaines attitudes des autorités et de nos troupes, ont fini par soupçonner l’Etat lui-même d’être dans l’orchestration des attaques. Comment se fait-il que ?

La France sait ce qui peut faire mal entre nous, là où le bât blesse. Elle a la cartographie des contentieux qui nous ont divisés par le passé et dont le réveil peut se faire douloureux. Alors, ayant ses visées sur les immenses richesses du pays (ce n’est pas que le nord ou le centre, c’est tout le Mali entier qui est à califourchon sur un matelas de ressources inouïes, dont une montagne d’or, un océan de pétrole et une mer d’eau douce souterraine), elle prépare son coup qui ne peut pas rater, y mettant tout son génie martial : pénétration, provocations, exacerbation de conflits internes, intox et désinformation, mercenaires, alliances temporaires à trahir, serviteurs loyaux à sacrifier, rescousse de la cohorte occidentale complice et africaine vassale, médias de service, diplomatie de serre-vis, miroitement continu de gain pour appâter les idiots, un peu d’humanitaire par ci, action psychologique par-là, de la ratatouille pour andouilles sans-couilles.

Et, c’est là qu’interviennent les idiots utiles. Dans les faits, très peu d’engagement militaire effectif français, à l’exception de la tentative de l’Armée malienne de reprendre Kidal (21 mai 2014), dont les 33 militaires français tués sont curieusement embarqués sur le vol AH 5017 d’Air Algérie qui crashe au Mali (24 juillet 2014). Des mensonges, montages et maquillages, comme tant d’autres tours de passe-passe, qui finiront bien par être dévoilés.

Le scénario

En attendant, les forces françaises jouent au gendarme régulateur, pour s’assurer que le plan fonctionne normalement : isoler parfaitement les Kidalois, à parquer en réserve ; chasser les Peuls et les Dogons du centre ; remplir Ségou et Bamako de réfugiés ; resurgir Ebola, choléra, ou amener une nouvelle épidémie ; mettre des religieux au pouvoir à Bamako pour disloquer le reste, amenant toutes les régions à se détacher, comme en Somalie. Ce n’est qu’un scénario, il y en a d’autres.

Si les populations de Gao s’étaient attaquées aux Touareg et Arabes, en janvier 2013, nous aurions depuis longtemps eu une ligne «imagino» (pour maginot) de séparation des « Noirs » et des « Blancs ». C’est pourquoi, avec la survenance du GATIA, qui mettait de la bouse à la théorie de « Noirs contre Blancs », l’ambassadeur américain à Bamako se chargea, après la sortie hasardeuse d’un colonel français, de dénoncer «ce chameau sans maître» qui les échappe et les empêche de mentir… en rond : « c’est une milice terroriste contre la paix », affirma-t-il. À la suite, ils ont feint de s’attaquer à la CMA, d’en arrêter quelques membres et sont, aussitôt, passé à l’offensive pour massacrer les éléments du GATIA, qui était, un mois plus tôt, en passe d’entrer à Kidal, devenue leur «cité interdite».

Ils éliminent systématiquement les braves Arabes et Touareg dans les rangs de l’armée régulière, quitte à les amener dans un traquenard, comme ce fut le cas à Ménaka. Où est l’enquête ? Le reste du travail, ce sont quelques groupes de mercenaires qui le font, comme les massacres en série de populations civiles, les carnages dans les camps et postes militaires, les assassinats ciblés ; et leur évacuation rapide pour ne pas être interceptés, passer entre les mailles des filets de nos forces régulières, demeurer invisibles. Nos forces ont constaté qu’une puissance offrait un soutien en hélicoptère aux assaillants. C’est dire qu’ils sont exfiltrés.

Le vrai monstre des bois

Quand ton instructeur informe et guide tes ennemis sur le terrain, que peux-tu faire contre ? Comment peux-tu leur échapper ? Ils savent où tu es, en quel nombre, avec quels armements, combien de munitions, quel commandement, quels moyens de déplacement, quelles instructions et consignes, quelles sorties et patrouilles, quels itinéraires… Ceux qui viennent te tomber dessus sont aussi renseignés sur tes habitudes, ils connaissent tes informateurs ; que Dieu protège mille fois les FAMAs.

Pour distraire le reste du monde, la mise en scène globale se fait à l’ONU, où le gouvernement malien se fait tancer, à chaque fois, pour incapacité, mais continue néanmoins, d’un ministre des Affaires étrangères à l’autre, à toujours demander un renforcement du dispositif de la MINUSMA, qui, dit-on, n’est pourtant pas une force d’interposition, n’est pas là pour combattre les agresseurs, les djihadistes, les ennemis du Mali, mais qui est là pour la pornographie de la jouissance avec tous les moyens, toutes les conditions pour semer le bordel, sans être inquiétés par les «fous de Dieu» présumés, qui les ignorent et ne tuent que de pauvres paisibles musulmans, ou chrétiens pour brouiller les pistes. On se fout de qui ?

Les populations maliennes qui vivent et souffrent ces atrocités ont fini par comprendre que le « sauveur d’hier », la France, était le vrai monstre des bois qui fait régner la terreur dans le pays, mangeant de nos enfants pour souper. Que les appendices- et la MINUSMA et le G5 Sahel, sont des épouvantails de la présence française durable, qui servent à la combine pour perpétuer le mal dans toutes ses dimensions.

Le cheval de Troie de la France

Ils avaient fait de Kidal une ville rayonnante, croustillante, où tu te croirais au paradis, avec toutes sortes de provisions et de promesses. Je crois que nos parents là-bas ont à présent compris le jeu. Notre famille touarègue, fidèle à elle-même, a fini par s’impatienter, nos braves sœurs en premier. Elles ont commencé avec les gosses à caillasser leurs convois pour exprimer leur ras-le-bol et leur demander de partir. Curieusement, après, s’organise la semaine dernière le renvoi médiatisé de jeunes Noirs de la ville ; par qui ? Ils disent le MNLA, autrement dit le cheval de Troie de la France.

Quand j’apprends, juste après, que nos troupes font mouvement vers Kidal, appuyées par les forces françaises (hic !), je me pose des questions sur cette soudaine volte-face de Renard : quel est ce nouveau coup qu’il nous prépare ? C’est la France qui, en lieu et place, a enrôlé les forces tchadiennes afin d’empêcher l’Armée nationale de reprendre ses quartiers à Kidal.

Lorsqu’après la visite du Premier ministre Mara, nos autorités ont voulu y voir clair, en reprenant le contrôle de la ville sans coup férir, un avion spécial a débarqué des troupes à Ouagadougou qui sont venues avec des moyens sophistiqués rendre infructueuse cette initiative de nos militaires. Comment va (compte)-t-elle continuer à nous mettre dos à dos avec nos frères et sœurs de l’Adrar, en nous trompant à nouveau ? Qui est-ce qu’elle prépare pour la CPI, en vue de s’exempter ? C’est quoi les nouveaux éléments de langage ? etc.

Les idiots utiles

Revenons aux moutons de panurge : les idiots utiles. En général, ce sont des gens utilisés à leur insu, par duperie ou manipulation, en leur faisant dire, soutenir, défendre ou combattre, rejeter une cause, n’y comprenant pas grand-chose, ignorant les dessous. Les idiots utiles dont il est question chez nous ne sont pas du tout bêtes. Ils sont là- dans les journaux, dans les débats, dans les discussions sur les réseaux, à vouloir disculper la France des accusations portées contre elle. En quoi faisant ? Ils ne vous contredisent pas, et sont loin de prétendre vous démentir. Ils se livrent à un travail de sape… de conscience.

Leur astuce, c’est de casser l’argumentaire de la charge, en répliquant, à chaque fois, qu’au lieu de chercher ailleurs, nous ferions mieux de voir nos propres responsabilités dans nos malheurs ; que nous parlons d’étrangers, tandis que ce sont bien des Maliens ici qui s’entretuent ; qu’il n’y a aucun mercenaire, puisque nos abrutis de la religion suffisent au djihad des pantalons courts ; que nous avons toujours rejeté la faute sur les autres, prétextant l’esclavage, la colonisation, le dictat impérialiste, manquant pendant 60 ans de nous battre dignement comme l’ont fait d’autres, colonisés comme nous, pour nous en sortir. Voilà, tout est dit, ou presque.

Je disais, à l’entame de mon propos, que l’accusation, avec un doigt pointé vers l’ennemi extérieur, pour expliquer les massacres, était en partie vraie. Pourquoi cette édulcoration ?

Instrumentalisation de Maliens

On peut aisément supposer que les terroristes indexés soient aidés et accompagnés, probablement, par des gens de la communauté, des Maliens. Dans un pays où le misérabilisme atteint les sommets de l’État, et où la précarité est devenue la norme des populations, tout le monde (ou presque) cherchant à accaparer, traire et soustraire le bien public, se servir sur le dos des autres, de la collectivité, peut-on s’étonner de voir s’enrôler quelques individus louches pour de l’argent- jeunes délinquants, aventuriers galérant, cocos naïfs, stupides, malpropres, cupides, gueux, bandits de grands chemins, criminels en cols blancs, et autres mafieux que nous comptons parmi nous, comme toutes les sociétés du monde ?

Nous ne pouvons gratuitement exclure l’éventualité d’une participation malienne, quelle qu’elle soit, à ces opérations macabres. Nous qui nous disputons là-dessus ne disposons nullement de résultats d’enquête pour contredire, ou conclure. Par contre, nous avons reçu des témoignages de victimes auxquelles on pourrait faire foi, confirmant la participation, à des épisodes, de personnes parlant des langues étrangères, et le cas de voisins reconnus et identifiés parmi les agresseurs. Ce qui, en définitive, corrobore la thèse de la présence étrangère d’un côté, et de l’instrumentalisation de quelques Maliens égarés servant d’indices.

La confusion

Bien évidemment, nos sceptiques trouveront la preuve insuffisante. Peut-on nous expliquer pourquoi l’ébullition soudaine au centre semble avoir pris le relais de la bouillotte au nord ? Que dire du fait qu’à chaque échéance de renouvellement du mandat de la MINUSMA, le Mali revient à la Une avec des atrocités commises, des difficultés de l’Armée malienne, des menaces qui planent, le fait du hasard ? Si c’est le fait de djihadistes, quel est le crime reproché aux victimes ?

Quel rapport y a-t-il entre leurs revendications et le meurtre de communautés de croyants qui, de surcroît, sont musulmanes ? Avez-vous jamais entendu une revendication de l’acte exposant leurs motifs ? Une lutte pour «la prédication et le salat», n’est-ce pas pour répandre un dogme, une vision du monde, convertir des fidèles ? Ou, c’est pour prêcher pour des morts au cimetière ? Si vous tuez et faites fuir les humains, qui reste pour prier ? Les arbres, les oiseaux ou les djinns ? Et, comment la religion pourra se propager sans prosélytes ? Soyons sérieux.

Si, au lieu de djihadistes, il s’agissait plutôt de règlements de comptes intercommunautaires (2è hypothèse), il serait bien de comprendre ce qui a mis le feu aux poudres, comment cela est arrivé. Qui a fait quoi ? Et aussi, qui n’a pas fait quoi ? Certaines sources parlent de chrétiens à Sobame Da. Alors, si c’était des Peuls qui voulaient faire des représailles aveugles sur des Dogons, ont-ils besoin de préférence religieuse de leurs victimes ? Des sornettes.

Nul n’ignore que les conflits communautaires ont de tout temps existé partout au Mali, essentiellement autour des ressources vitales (terre, eau, cultures, bétails…) et aussi des femmes (chez les Malinkés-Bambaras), avec parfois mort d’hommes, sans jamais atteindre de pareilles proportions. Il est trop facile de prendre prétexte de la circulation plus dense des armes, fait réel, comme facteur explicatif de cette subite pulsion haineuse, de part et d’autre. La thèse de conflits intercommunautaires est réfutée à tous les niveaux. Une bonne majorité de Maliens, et même de membres des communautés concernées, clament qu’il n’y a pas de problème entre elles. Nos objecteurs, idiots utiles à la France, sont les seuls à y mettre un doute, malgré tout ce qui vient d’être dit.

La logique du jeu de puissance ?

Ce qui ne semble pas compris de ces beaux messieurs, polémistes pour rien, c’est que l’identité de qui tue importe pour la sécurité d’ensemble, certes, mais très peu en vérité dans ce débat accusateur. Maliens ou étrangers, ce que l’on retient, c’est que de tels massacres, qui ne nous sont pas connus, suivent une logique qui les lie au jeu de puissance de la France dans ses anciennes colonies, où elle continue de contrôler les pouvoirs, créer et exploiter des conflits. C’est bien par elle que tout cela est arrivé.

La mal gouvernance des cancres et régimes successifs de prédation, la gangrène de la corruption et de la délinquance, la mise en mal de notre outil de défense et la déficience du système de sécurité, l’impéritie des gouvernants et l’inanité des politiques, le creux prononcé du ventre et de l’esprit de la société civile, le «Polpotisme» religieux et le délire confessionnel broutant sont, il est vrai, de nos tares, dont on n’accusera personne. Il forme indéniablement le terreau du mal, versant dans le crime qui nous arrive, mais n’en sont que des facteurs aggravants et non la raison, elle… occulte, inaccessible aux esprits carrés. Je me permets de reprendre dans ces lignes une réaction que j’ai eue avec des jeunes sur les réseaux sociaux, qui me paraît édifiante, ici.

« Lorsque Georges Walker Bush a inventé son terrorisme pour justifier sa politique criminelle hégémoniste, il s’est trouvé des caisses de résonance pour voir des terroristes autres que les mercenaires engagés par eux, à la solde de cette politique, qui sont allés bomber le représentant spécial de l’ONU à Bagdad, le Brésilien Sergio Vieira de Mello, pressenti sinon promis Secrétaire Général de l’ONU après Koffi Anan, qui disait ne pas voir l’opportunité d’une intervention américaine en Irak. Tandis que la CIA reconnaissait qu’il n’y avait pas de terroriste en Irak, en ce moment. Après la chute de Bagdad, « où est passé le stock d’explosifs manquant de l’Irak, sous contrôle de l’armée américaine ? » La question, posée à G. W. Bush, par le candidat démocrate John Kerry, lors de leur débat aux présidentielles américaines, n’aura pas de réponse, jusqu’à ce jour. Un courageux journaliste balança sa chaussure à la figure du diable rouge. Le mensonge sur les armes de destruction massive assumé par le Secrétaire d’État Collin Powel, des publications comme «La guerre des Bushs», «La guerre du pétrole» sont des sujets largement documentés, pour qui sait ou veut lire simplement et comprendre ce que nous vivons. Pourquoi l’Afghanistan, le Pakistan, l’Irak, la Syrie, ou encore l’Iran ?

L’imposture française

On pourra épiloguer sur la responsabilité de leurs peuples et de leurs dirigeants, oui ; il n’empêche que la manipulation autour du terrorisme et les différents montages servent toujours à maquiller les dessous véritables de la guerre de rapine impérialiste. Cela est constant.

C’est dans la même veine qu’on trouve chez nous des professeurs aujourd’hui à disserter et faire de grandes extrapolations sur le soi-disant « djihadisme », que les mêmes puissances ont utilisé pour déstabiliser la Libye et ses voisins, et assassiner Kadhafi. Nous avons d’ailleurs eu de nombreux écrits sur les velléités d’invasion du Mali, à partir de 2006. Si tout le monde devait savoir facilement comment les services secrets font leurs coups, mériteraient-ils l’attribut «secret» ? Fièw.

La presse occidentale, française elle-même, a révélé des tuyaux sur la « guerre de la France au Mali », « …au Sahel ». Mais les Nègres attendent que tout le dossier se verse d’abord dans le domaine public pour commencer à y comprendre quelque chose. Ce qui font de brillantes spéculations sur le «djihadisme» chez nous sont en vérité des propagandistes à la solde de l’ennemi, qui a toutes les raisons de faire croire à son opinion qu’il ne fait rien de mal ici, et n’est pour rien dans nos désordres, que nous sommes nous-mêmes le problème, et que l’intervention se fait juste pour nous délivrer de nos barbaries de sauvages.

Pourtant, le monde entier sait à présent que l’alliance occidentale généreuse convoite nos richesses, dont tout le monde parle désormais, sans convaincre encore nos hiboux qui restent sceptiques sur ce mobile, puisque François Hollande leur a dit que la France n’avait aucun intérêt au Mali. Pourtant, des députés, chez eux, ont témoigné devant Parlement de cette imposture française. L’uranium de Faléa, le pétrole de Taoudéni et de Nara, l’or et le diamant de Kidal, etc.

Un coup contre le Mali

Quand on voit qu’ils sont en Centrafrique pour semer la même zizanie, au Nigeria (après la guerre du Biafra), au Cameroun (procurant soutien à Boko Haram), et ce qui a été fait par eux au Tchad (15 ans de guerre pour le pétrole), en Côte d’Ivoire, avec Gbagbo récemment, et qu’en bon Nègre, on a le culot de dédouaner ce militarisme financier, qui ne se cache plus, il y a de la malhonnêteté quelque part.

C’est un jeu d’enfants pour une puissance que de trouver des hommes de main locaux pour endosser la charge de la mission subversive, dans un pays d’ignorants, un pays qu’elle connaît mieux que son élite intellectuelle… bavarde pour rien. Alors, on manipule les esprits fragiles dans leur candeur, qui, incapables de lire la situation (malgré les évidences), deviennent des pions à donner du contenu à l’imagination, en utilisant pour cela des faits palpables, bien réels. Les massacrés au centre du Mali sont réels ; les parties impliquées, Dogons et Peuls, bientôt Bambaras et qui d’autres, sont bien en place. Mais, demandez-vous un peu comment tout cela est advenu ? En cherchant, on tirera moins de conclusions hâtives de naïveté, de clou.

Ceux qui nous agressent maintenant ont préparé leur coup depuis des dizaines d’années. L’Opération Serval a été programmée depuis 2008, et le dispositif mis en place au Burkina Faso, prêt, depuis 2009. Comme nous autres bornés avons la réflexion courte, il nous est difficile de comprendre l’imbroglio créé à dessein. Nos experts du doute cartésien poussent leur frilosité jusqu’à éviter de se poser les bonnes questions. Les braves Nègres !

La mauvaise gouvernance en renfort !

Bien évidemment, nous avons, certes, nos propres responsabilités dans ce qui nous arrive, notamment la mauvaise gouvernance du pays dans la durée, bien notée, la corruption désormais généralisée, pointée, mais plus encore l’ignorance partagée, sous silence. Nous nous retrouvons avec l’impéritie dans un État vacant. Des gouvernants dans la parodie, qui ignorent c’est quoi gouverner, ne sachant ouvrer, façonner, bâtir. Des pseudo-intellectuels à débiter des récitations avalées, qui ne savent pas réfléchir ni faire la part des choses apprises, brillants perroquets. Il faut savoir digérer tout ce qu’on ingurgite ». N’est-ce pas ? Ici se termine l’insertion retouchée quelque peu. Continuons donc.

Des députés maliens ont ouvert le bal… « non masqué », demandant au gouvernement de dénoncer les tribulations françaises, en prenant l’exemple d’un ministre au Burkina, ou d’officiels au Niger. Ils en savent quelque chose. La France n’en est pas à un coup près. On a vu, depuis son bellicisme dénoncé en Libye, comment elle et ses alliés ont écarté l’obstacle Kadhafi afin de piller le pays, pour ses richesses, continuant à manipuler les acteurs locaux pour ses contrats de corsaire. C’est la même politique déployée en Côte d’Ivoire, où les langues se délient, et la vérité étouffée tout ce temps par des affidés et d’autres idiots utiles apparaît de plus en plus au grand jour.

C’est aussi le cas en Centrafrique, avec une fausse guerre de religion fomentée, pour continuer à asservir et se servir. Vous l’ignorez vraiment ? Elle instrumentalise le pouvoir mauritanien aujourd’hui pour sa politique au Mali. Ça aussi vous l’ignorez ? Comment elle a utilisé son proconsul au Burkina contre notre pays en soutenant la rébellion, avant que ce dernier ne se fasse virer par son peuple ? Vous n’en savez rien ? Ses promesses au MNLA, révélées, de lui octroyer territoire et indépendance ? Vous n’en avez jamais entendu parler non plus ? Ceux qui ne savent rien de tout cela, discutent et objectent néanmoins, sont des kangourous avec qui l’on perd son temps.

Qui ne sait que l’État français soutient, bec et ongle, qu’il faut que le Mali soit divisé (rapport de parlementaires commis) ? Donc qu’il n’est pas un simple spectateur, puisqu’il y travaille, depuis. Certains attendent sans doute que le gouvernement français les saisisse, ou leur communique les documents de preuve pour reconnaître la main en dessous. Ils peuvent toujours attendre. La France ayant mieux à faire, des généraux et autres faux spécialistes sont invités dans ses médias à faire des déclarations negrophobes, parlant de «maîtres Blancs (s’agissant des Touareg) qui n’accepteront jamais d’être dominés par leurs anciens esclaves Noirs».

Et, ce n’est pas la première fois. Nous n’en mépriserons pas nos frères, car c’est ce complexe qu’ils recherchent. Nous n’en avons pas. La preuve… Celui qui reconnaît un esclave à lui, n’a qu’à venir le chercher. Des simplets pensent que c’est par méconnaissance de notre histoire qu’on a fait dire de telles bourdes à des ânes, tandis qu’il s’agit d’une provocation à dessein et non d’un dérapage.

La Congolisation du dossier malien

Je ne m’étendrais pas indéfiniment sur ce chapitre de la sédition française qui peut être illustrée à foison, beaucoup de mes écrits antérieurs décryptent comment elle, la France, a concocté son plan de retour au Mali et entend bien y rester, pour «congoliser» notre dossier à l’ONU, sa couverture.

Accablés sous le poids de la charge, nos analystes honteux vous diront qu’ils n’ont jamais nié de possibles, probables ou même probants forfaits français et occidentaux dans la crise malienne, et n’y ont pas fait du tout allusion, mais, ont simplement demandé que nous ne passions pas sous silence, omettions ou sous-évaluions nos parts de responsabilités à assumer. Si leur questionnement s’arrêtait là, je n’aurai pas écrit autant, car ce qui nous est imputable et nous incombe a été dit, bien reconnu.

Par contre, quand on nie le fait de l’agression extérieure, qu’on ramène le problème à Amadou Kouffa et ses sbires, ou à la bêtise de nos communautés piquées par un accès de folie criminelle, c’est une façon de dire aussi que la France n’y est pour rien. Et, ça, c’est une forfaiture d’apatride. Comment comparer la charge de l’agression d’une nation, violentée, martyrisée, traumatisée par toutes sortes de techniques de guerre d’anéantissement, sans pitié, et les comportements irresponsables, crapules et inconséquents de certains individus, comme en trouve dans tous les pays du monde ? Leur culpabilité réelle serait-elle un péché collectif des Maliens à châtier devant l’éternel ?

On en aurait ri, si nous n’étions en plein dans le drame, lorsque ces malvoyants… volontaires de l’auto flagellation pensent trouver dans des déclarations obligées de membres du gouvernement une parade à leur myopie, simulée ou pas, attestée dans les faits. Vous voyez sérieusement le gouvernement malien dire autre chose que la communauté internationale (c’est-à-dire France et tutti quanti) voudrait entendre ? Un peu de maturité.

Les « djihadistes »- c’est la thèse de qui ? Les conflits intercommunautaires- à qui est ce discours ? C’est eux qui inventent leurs salades et se font prendre la main dans le sac, comme avec « AQMI », dit pour le «Maghreb islamique», mais qui n’a fait ses grosses emmerdes qu’au sud du Sahara, loin du Maghreb. Et, quand il leur a été fait l’observation pertinente sur le nom du MUJAO, créé en réplique à cette contradiction relevée (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest), bien curieuse francophilie pour des gens qui combattent l’Occident et disent qu’il incarne Chéitane (Satan), mais choisissent de laisser leur langue pour s’exprimer et se baptiser dans la langue du diable, une cloche répond sur une radio locale, mais ils en tiennent compte désormais dans leurs montages futurs.

Le comble !

Sachez qu’on peut lui en vouloir, mais difficilement blâmer le gouvernement d’être dans l’impossibilité éditoriale de dénoncer la France ou la MINUSMA, dans les conditions actuelles, n’ayant aucun autre soutien qui lui permettrait de tenir, si jamais ces bons-amis et faux-amis décidaient de l’abandonner ou de le punir. Le langage obligé n’est nullement diplomatique, il est le plus souvent «barbiturique», à la fois pour les loups vautrés dans la bergerie, qui écoutent et veillent au grain, et pour le mouton gras en concours d’éloquence, prenant sa dose de mensonge à soi, jurant sa fidélité aux carnassiers en appétit, prêts à le sacrifier de tendresse, s’il refusait d’obtempérer.

Écoutez et décodez ces messages que vous ont délivrés les présidents Condé, Deby, Macki, Akufo-Addo, Alpha, Diouf… Sikey ! L’âge est l’ennemi de l’homme, car le président IBK, aussi, a donné du répondant, en recadrant magistralement dans un discours improvisé, le Français Hervé Ladsous, lors de la cérémonie de l’Accord pour la paix, à Bamako, le 15 mai 2015. Il a pris également son « courage » à Sikasso (il en faut), pour dire aux Maliens qu’on nous empêchait de nous armer. Qui ? Comprenez qu’il y a des choses que nos Chefs d’État ne sauraient avouer explicitement. C’est ça aussi qu’il faut assimiler. On ne joue pas avec le diable ; on ne se joue pas de Satan. C’est un grand maître du jeu. Ceux qui osent, savent ce qui les attend. S’ils ne savent pas, ils l’apprendront à leurs dépens.

C’est très facile de juger l’autre, quand on n’a aucune charge sur le dos. Vous et moi, si nous acceptions un quelconque poste de responsabilité officiel, nous tiendrons « raisonnablement » le même langage édulcorant, pathétique pour l’observateur, sauf à se démettre ; c’est un choix. Si vous êtes si téméraire, au lieu de crier, rien ne vous empêche de le prouver. Donc, vaut mieux ne pas prendre la veste, sinon vous changerez la vôtre, forcément.

Qui ne sait pas que les Occidentaux (France en tête) ont mis un veto, pour dire aux responsables maliens de l’époque (la junte de Kati) que si le Mali n’acceptait pas la venue de leurs troupes, nous n’aurons pas de soutien ni d’armes ? Ils ont fait bloquer les armes du Mali aux ports de Conakry et d’Abidjan, à la satisfaction d’apatrides honteux ; empêcher des bateaux de commande d’armuriers de livrer et, semble-t-il, couler une cargaison d’armements. Dites-moi, quelqu’un qui vous veut du bien, vous privera-t-il de moyens et de l’occasion de vous défendre, vous-même, là où ils ont surarmé leurs mercenaires chargés de vous tomber dessus ? Combien de fois l’achat d’appareils pour la maîtrise des airs fut annoncé, et jusqu’ici qu’est-ce qui se passe ? Le ministre des Affaires étrangères d’alors, Abdoulaye Diop, est allé en Russie, et devant le monde entier Serguei Lavrov, son homologue russe, a déclaré sur les antennes que son pays s’engageait à aider le Mali et lui fournir l’armement qu’il faut, pour gagner son intégrité et sa souveraineté. Quel Malien refuserait cette offre ? Qu’en a-t-il été au finish ? Vous le savez ? Vous savez ce qu’il y a dans les accords de défense, ou de coopération militaire, signés avec la France (même l’intitulé nous est caché, parce que ça cloche). Vous allez dire que c’est normal, puisque la France cherche son intérêt, et que c’était au gouvernement malien de s’y opposer (en défendant ceux du Mali) ? Oui, facile à dire « pour le veau qui ne connaît pas le lion, comme la vache mère, qui sait ». Mais ne perdons pas le fil du débat, car je suis loin de plaider pour nos gouvernants, indéfendables sur beaucoup d’autres plans où ils sont en faute.

Les raisons d’une cible !

Un pays qui vous désarme littéralement, face à des groupes qui envahissent votre territoire, n’est-il pour rien dans ce qui vous arrive ? Il n’est pas votre ennemi, et n’est pas de mèche avec vos assaillants, qui ont pourtant accès à ses armes sophistiquées ? L’armée étant absente, ne pouvant être omniprésente, les chasseurs du village sont les seuls capables de défendre la communauté tant soit peu. Créer des groupes lourdement équipés (milices de mercenaires), qui s’habillent comme les donzos pour commettre des atrocités ; revenir ensuite accuser sur sa radio les donzos des forfaits des premiers, les taxant de milices donzos, pour demander après à désarmer les chasseurs, qui n’ont que leurs fusils de toujours, c’est quoi sinon une ruse diabolique à emballer des nigauds, près à avaler toutes les couleuvres sans se poser de question ? Depuis le festival des chasseurs, sous Alpha, les Français ont exprimé leurs inquiétudes sur les intentions et visées de nos autorités. Il y a de quoi. Pour marauder dans le centre, sans se faire repérer, il faut simplement renvoyer loin les chasseurs et les bergers. Pour y arriver sans peine, il suffit d’allumer le feu entre eux afin qu’ils se battent et se déciment, et les amener à fuir la région ou mourir ; et le tour est joué. Un peu d’esprit critique mon vieux.

Comment comprendre que vous débarquez chez nous, soi-disant pour venir nous aider à combattre le terrorisme, mais vous faites quartier à part, au lieu de vous joindre à nous dans un commandement unifié, avec des moyens mutualisés et une stratégie convenue, qui ne fait pas de nous une 5e roue ? Pour contrer cette logique, a été mis en place un G5 Sahel, bonhomme de neige fondant au soleil, sans consistance. On annonce de gros chiffres de budget à donner le tournis aux mange-mils, et on se désole après de réussir à mobiliser moins de 20% de la promesse, soit moins que les charges d’administration et d’entretien de personnel, a fortiori d’engagement opérationnel. Qui est l’idiot dans cette affaire ?

Le combat patriotique qui vaille

Que nos dirigeants soient les premiers responsables à répondre des travers de ce jeu du chat et de la souris, personne n’en disconvient ; encore que les idiots utiles de la fable voient plutôt les turpitudes de la pauvre souris, à la portée de leurs sarcasmes, mais s’abstiennent absolument de nommer le chat-tigre, qui reste irréprochable à leurs yeux… bandés, et parce que c’est dans sa nature de croquer de tendres souris : normal, c’est son droit naturel.

Qui a dit que la France n’a pas le droit de poursuivre ses intérêts ? Nous ne pouvons l’en empêcher, même si on le voulait. Qu’elle le fasse donc ; on s’en fout éperdument. Ce qui nous importe, nous, patriotes maliens, c’est de ne pas mourir idiots, en faisant comprendre aux plus jeunes abusés, désinformés, mystifiés, son jeu traître-obscur pour arriver à ses fins.

Et, puisque ce jeu se fait en violant nos droits élémentaires de peuple libre et souverain (!?), et en se couvrant de la participation de certains des malfrats de notre famille et du sauf-conduit de quelques nervis domestiques, nous sommes, nous aussi, en droit de dénoncer cette forfaiture devant l’opinion internationale, pour que ça cesse et que ne restent pas impunis les cas de crimes contre l’humanité, et tous les crimes commis dans ce jeu de puissance en vue de nous déposséder de nos biens, de nos ressources, de notre sol. Pour autant, ne sera ni ignorer ni évacuer ce sur quoi chacun de nous sera interpellé un jour, tôt ou tard. Nous aurons tous à répondre de nos actes, de ce que nous avons pu faire (l’actif) et de ce que nous n’avons pas su faire (le passif), de nos devoirs, compétences et responsabilités, qui ne sauraient en aucun cas être une excuse ou motif d’absolution pour la France… satanique.

Je dis, pour cette raison, que c’est bien de dénoncer cette France manœuvrière, source indiscutable de notre mal, qui n’a cure de nos lamentations, mais n’oubliez surtout pas ses mules qui perturbent et déstabilisent, en idiots utiles de sa campagne de recolonisation du Mali, car ils sont de loin plus nocifs dans leurs œuvres parallèles de démotivation et de retournement des bonnes âmes pour les détourner de l’engagement pour la bonne cause patriotique.

Masakuru

16 juin 2019

NB : les titres et sous-titres sont de la rédaction

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